Les retraites complémentaires vers un système à la suédoise ?

Les retraites complémentaires vers un système à la suédoise ?



Une réforme des retraites qui pourrait inspirer l'expérience suédoise.

Par Eric Verhaeghe .

AGIRC-ARRCO. Les partenaires sociaux ont tenu leur première séance de négociation officielle sur les retraites complémentaires. Si le climat est majoritairement apaisé dans la salle de négociation, la mise en place d'un pilotage à la suédoise suscite des polémiques publiques.

Emmanuel Macron durant une campagne électorale, qui doit intervenir dans la négociation interprofessionnelle sur les retraites qui a débuté au MEDEF pour comprendre le contenu probable de la réforme Président, après que Jean-Paul Delevoye, chargé de cette mission par le ministre, a installé le thème dans l'esprit des partenaires sociaux. Ce qui sera signé d'ici à la fin de l'année avec l'efficacité du régime par les points voulus par le Président de la République.

Une simplification salutaire des retraites complémentaires

Sur le fond, le thème général de la négociation est la fusion de l'AGIRC et de l'ARRCO les caisses de retraite complémentaire, financièrement exsangues dont la rebute tous les salariés. Globalement, personne ne se plait dans cette mesure de simplification qui permet de regrouper tous les salariés, cadres comme non-cadres, dans un système unique.

Sur rappellera simplement deux petites astuces qui expliquent que cette complexité ait duré si longtemps.

Première astuce: on ne comprend rien à la retraite supérieure française si l'on oublie qu'elle est le produit historique de la résistance à l'universalité de la sécurité sociale. C'est en effet en 1947 que les cadres décident de préserver une liberté par rapport à la Sécurité sociale et à la CNAV création par Vichy en 1941 et gaiement reprise par les gaullistes et les communistes en 1945. Ils se dotent donc d'un régime de retraite par points, flanqué en son temps d'une multitude de régimes par capitalisation – ceux-là que Vichy avait nationalisés en 1941 pour créer la retraite par répartition. Les non-cadres ne rejindront ce système que dans les années 60.

Deuxième partie: la pérennité de l'AGIRC depuis 1947 s'explique aussi par le besoin de maintenir une structure ad hoc pour chouchouter la CGC. Mais cela-ci, surtout depuis qu'elle a été placée dans un fauteuil (e) s particulièrement maladroits with the power, voit son espace institutionnel rétrécir comme peau de chagrin. À quand la disparition complète?

Une réforme des retraites complémentaires qui serait plus ambitieuse

Sur le fond de leur négociation, les partenaires sociaux n'ont pas fait le choix de l'originalité. Ils ont pu poursuivre une analyse plus ambitieuse en examinant les taux de remplacement réels du dernier salaire par les retraites. Alors que, pour les bas salaires, ce taux est supérieur à 90%, il est inférieur à 50% pour les cadres

Une réforme du régime de retraite par capitalisation pour les cadres, les cotisations obligatoires et les défiscalisées, négociées par accord d'entreprise. This ambition to create a safety ret salariale of enterprise for the cadres, between the model German, a permis d'améliorer le taux de remplacement des classes moyennes.

Il est vrai qu'en Allemagne ce choix s'est opéré dans les années 2000 une supposition une refiscalisation de l'assurance-vie. Voilà une guerre difficile pour le MEDEF dont le chef de file patronal de la négociation, Claude Tendil, est un ancien assureur.

La mise en place d'un pilotage à la suédoise

Faute de grives … On se contentera de cette réforme très classique, mais de bon sens, qui a tout d'une préfiguration. Les partenaires sociaux ont un effet sur les bases de ces régimes par points pour mettre en conformité avec le futur système notionnel voulu par Emmanuel Macron.

Pour y parvenir, l'expérience suédoise est une bonne source d'inspiration. Échaudés par la paupérisation du régime et de la même difficulté financière, les partenaires sociaux devraient se mettre d'accord sur la mise en place, comme en Suède, d'un pilotage automatique. Il faut donc convenir de mieux voir les quatre ans pour resserrer les boulons du régime ou faire évoluer les paramètres du système. Entretemps, tout dérapage financier donnerait lieu à des ajustements automatiques. Le fait que la valeur du service des points, c'est-à-dire le montant des retraites, soit intégré à ces éléments de pilotage à l'étranger fait la CGT.

Le modèle suédois montre que, même lorsqu'une baisse de pension est dans le pilotage automatique, il est très difficile de mettre en œuvre. Marisol Touraine en reportant l'indexation des pensions liquidées par le régime général

Vers une fusion avec le régime général?

Là où les partenaires sociaux s'inquiètent plutôt, c'est évidemment pour la phase suivante des opérations. Les régimes complémentaires fusionnés se prêtent à la vengeance. Si Emmanuel Macron a réussi à transformer le régime général en système par points, plus rien ne s'oppose à la fusion des caisses complémentaires et du régime général. Et, avec un certain brio, il a tant tué le paritarisme de gestion, grâce à la complicité des partenaires sociaux. Chapeau!

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