Paternalisme de l’État : Macron n’a rien changé

Paternalisme de l’État : Macron n’a rien changé



Comme pour ses prédécesseurs, Emmanuel Macron n'envoie pas la place de la société civile qui est subordonnée à l'État tour à tour dirigiste, stratège ou encore organisateur de la vie quotidienne.

Par Erwan Le Noan
Un article de Trop Libre

Dans un excellent papier publié dans L'Opinion le 26 décembre Jean-Marc Daniel dressait un intérêt parallèle entre la politique de Kennedy et celle d'Emmanuel Macron traité les proximités entre le discours du président français et la doctrine des démocrates américains

Dans son analyse, l'économiste reprend la célèbre citation du seul président catholique des États-Unis:

Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays.

que le Président d'ailleurs reprise à sa manière dans ses vœux . C'est pareil même phrase que Milton Friedman ouvre son livre majeur Capitalisme et liberté : dans un passage acéré, le Prix Nobel d'économie en critique vertement la philosophie «paternaliste» et holistique («19459017) organismic ») qui implique que «le gouvernement est le patron, le citoyen son sujet» «une vision en contradiction avec la foi que l'homme libre en sa propre responsabilité pour forger son propre destin ».

Friedman contre la pensée dominante

Le texte de Friedman est catégorique: il opommode probablement imparfaitement avec le nécessaire pragmatisme du quotidien; le mérite de proposer une référence à l'aune de laquelle évaluer les politiques et les débats publics; une référence totalement absente du paysage français.

Sur l'ensemble de l'échiquier politique national, la même vision prévaut: l'État domine la société et l'économie, il régule de façon efficace et pertinente. Plus encore, il a contribué à l'amélioration de la situation: le rôle du politique est de changer le monde, non par l'adhésion libre des individus, mais grâce à et par l'État.

Les majorités successives divergentes, non sur le modèle de la société mais sur le degré de coercition, jugent acceptable et la coloration politique: «à des militants interventionnistes réussis des interventionnistes plus discrets; à des étatsistes conservateurs succèdent des étatistes progressistes. Quelles que soient les ambitions, la société reste subordonnée aux objectifs que l'État lui assigne. Despotisme éclairé ou rétrograde, mais despotisme quand même.

L'omnipotence de l'État

Hégémonie technocratique. Cette omnipotence marque dans la vie quotidienne et dans le fonctionnement des institutions. Elle se matérialise par deux statistiques: la dépense publique, qui a atteint 57% du PIB, et les prélèvements obligatoires, à 47,6% du PIB . On ne martèle pas assez de chiffres, inquiétants pour notre économie mais surtout effrayants pour notre liberté.

L'élection d'Emmanuel Macron et de la majorité En marche n'a pas changé structurellement ce logiciel. Leur action est plus nuancée, leur objectif plus réformiste, leur ambition plus progressive.

Leurs opposants défendent des projets dramatiquement plus intrusifs, répressifs, parfois xénophobes et souvent asphyxiants. Mais les instruments restent les mêmes et la hiérarchie entre l'État et la société ne change pas: l'État commande, la société exécute.

Baisser la dépense publique

La France à une histoire centralisatrice . Elle a aussi une conception du pouvoir étatique hégémonique plus récente, conforme depuis le milieu du XXe siècle par le triomphe de la technocratie. Elle ne deviendra jamais une société avec un État minime (pas plus que les États-Unis d'ailleurs).

Pour autant, elle a des marges de manœuvre immenses pour progresser sur la voie d'une société plus libre, notamment en baissant la dépense publique. C'est une piste à explorer en 2018 pour le gouvernement, qui n'a encore rien fait dans la matière.

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