Alexia Daval : Ce n’est pas un “meurtre de joggeuse” mais un féminicide

Alexia Daval : Ce n’est pas un “meurtre de joggeuse” mais un féminicide


Alexia Daval, la «joggeuse» retrouvée morte en octobre dans les bois de Haute- Saône, n'était, en fin de compte, peut-être pas en train de faire son jogging après a été tuée. Son mari Jonathann Daval a avoué ce mardi par la voix de son avocat, il avait été "par accident" .

Au cours d'une conférence de presse lunaire, Me Randall Schwerdorffer a expliqué que l'informaticien de 34 ans était "à bout" après "une crise de trop", que "ce n'est pas un mauvais homme". Qu'Alexia Daval, elle, avait "une personnalité écrasante". Que Jonathann se sentait "rabaissé, écrasé". " Il est jugé pour 3-4 secondes de sa vie ", a regretté l'avocat, qui considère même l'homme comme une "seconde victime".

Meurtre d'Alexia Daval: le mari a avoué avoir tué son épouse "par accident" Passons sur cette défense qui fait de l'homicide d'une femme l'affaire de "3-4 secondes de la vie d'un homme ", un accident regrettable, et sur les éditorialistes en plateau qui glosent sur l'état de Jonathann Daval," homme dévasté. "

Pour certains médias, Alexia Daval est toujours "la joggeuse disparue", "la joggeuse tuée". L'utilisation de cette expression pose problème car c'est une reprise sans questionnement de la version des faits défendue par Jonathann Duval lors de sa garde à vue: sa femme est partie courir, expliquait-il, et n'est jamais rentrée. Cela nous montre une fois de plus combien il est facile pour les médias dans le scénario lisible, linéaire de la "joggeuse tuée". "Encore un meurtre de joggeuse. Il est dangereux d'aller courir quand une femme est", dira-t-on, dépolitisant et incriminé à une question de sécurité individuelle contre les femmes.

Il n'y a pas de "meurtre de joggeuse". Il y a des femmes tuées par des hommes.

140 femmes sont tuées chaque année, en moyenne, par leur conjoint en France. C'est presque une tous les deux jours. Prétendons maintenant that we need the request to we need as a course to the footer: selon cet article du "Télégramme" consacré aux affaires de "meurtres de joggeuses" ", 7 femmes ont été tuées aux pieds en dix ans. Sur les deux millions de femmes qui déclarent pratiquer ce sport.

Toujours en novembre, "Paris Match", mettait en relation deux récents "meurtres de joggeuses". Deux "joggeuses" ont été tuées en un mois. L'une dans le Nord, l'autre en Haute-Saône (c'était Alexia Daval). "Troublante coïncidence", pointait "Paris Match", fin limier, pour qui la mort de deux femmes en jogging dans l'espace d'un mois est plus troublante que la mort d'une femme tous les deux jours pendentif un an , deux ans, trois ans.

Il ne s'agit pas de nier le fait qu'une femme peut être agressée dans la rue ou dans les bois où elle court. Qu'elle ait peur dans l'espace public encore trop masculin . Cette peur existe. Mais il s'agit de réaliser "meurtre de joggeuse" ou "meurtre de femme vêtement d'un tee-shirt en été". C'est donner de l'importance à un détail – son activité sportive – qui n'en a aucune.

Ils font leur agresseur . Pour 31% d'entre elles, il s'agit de leur conjoint ou de leur ex-conjoint.

C'est faire croire que le jogging est une activité dangereuse pour les femmes. Qu'elles doivent s'armer pour le pratiquer. Un prof de "self défense" conseillait par exemple sur Franceinfo de sortir avec un sifflet et une bombe lacrymogène à votre ceinture, de rester vigilant, de ne pas passer près des voitures, etc. , par là même, que si les femmes ne s'arment pas lorsqu'elles sortent courir, elles se présentent en danger. Toutes seules. Que leur leur arrive quelque chose, bon, ce sera un peu de leur faute, où était sonfflet, à cette joggeuse tuée?

Pourtant ce qui est dangereux, ce n'est pas faire du sport ou de marcher dans la rue. C'est de répéter, encore et encore, aux femmes, que leur place n'est pas à la tombée de la nuit, que leur lieu n'est pas seul, que leur lieu n'est pas sans bombe lacrymogène. Le danger est de ne pas voir la violence masculine. Voir les passages féminins de la mise en danger.

Ce qui est dangereux, c'est de préférer demander à une femme de ne pas sortir de chez elle plutôt qu'à un homme de ne pas agresser ou tuer une femme. Les conseils pour les femmes qui s'obstinent à contempler leurs pensées et leurs culpabilisants, par facilité, sans prendre une minute pour réfléchir à l'impact ou aux fondements de ces si elles insistent ". Donc non, il n'y a pas de "joggeuse tuée", il y a une féminicide.

"Elle la quitte, il la tue", scénario typique de la féminicide A.R.

 Agathe Ranc "class =" img-profil "/> </figure>
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