Procès de Jawad Bendaoud : “Ils oublient que des familles sont K.O. depuis le 13-Novembre”

Procès de Jawad Bendaoud : “Ils oublient que des familles sont K.O. depuis le 13-Novembre”


Ce sont des destins brisés qui défilent à la barre ce mardi. Ils ont perdu un fils, une fille, des soeurs, un cousin dans les attaques du 13-Novembre, sur les terrasses parisiennes, devant le stade de France ou au Bataclan. Un silence religieux entoure leurs mots dans la chambre du tribunal de Paris, après un début de procès marqué par les outrances des prévenus. Comme pour rappeler la réalité d'un dossier qui a eu beaucoup de succès, il a commencé six jours.

"Je ne suis pas au spectacle, je n'ai pas envie de rire"

La fille de Patrick est morte boulevard Voltaire. Nathalie "ne vivait pas pour la musique", elle s'occupait de la "lumière" de la salle de concert. Jawad Bendaoud se plaint d'être enfermé depuis 27 mois Mais moi c'est depuis le 13 novembre 2015 que je suis en prison, privé de ma fille . "

A la barre, Patrick a écrit quelques mots sur une feuille, il tient les mains tremblantes. Il en veut à Jawad Bendaoud, ce prévenu fantasque, qui confisque le procès avec ses gesticulations alors que les victimes "n'ont jamais eu la parole". Il en veut à "énergumènes sans foi, ni loi". Il ne croit pas une seconde aux excuses faites par Mohamed Soumah la semaine dernière. "Je ne suis pas au spectacle Je suis outré par les rires qu'ont suscités les réponses des accusés Moi, je n'ai pas envie de rire."

"Je n'ai pas de compassion pour eux, j'ai la haine […]. Mon sentiment le plus profond c'est que M. Jawad Je pense, et c'est mon intime conviction que M. Bendaoud savait […].

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"La vie, c'est dur"

Yolanda aussi raconte sa "souffrance". Commentaire de deux ans, "la vie, c'est dur": "Je vais essayer de parler calmement, j'ai des fois que je parle de lui, j'ai les larmes qui coulent". Fils fils de 37 ans ayant fait des études brillantes, droit à Assas, Sciences-Po. Ce soir-là, il se joint à des collègues pour boire un verre.

«Il m'a dit« maman je ne vais pas rentrer très tard. »Il n'est jamais revenu […] Le corps de mon fils a été troué de sept balles […]. Ce que j'attends de ce jugement, c'est que ces trois personnes soient jugées pour qu'ils comprennent le mal qu'ils m'ont fait. "

"Il y a un minimum de respect à avoir.", A poursuivi Abdallah, dont les deux soeurs ont été tuées par le commando des terrasses.

"Ce qui me frappe, c'est la légalité avec laquelle ce procès est pris par les prévenus […] Ce n'est pas un spectacle, un défilé de mode. une fois de compassion. Ils sont les familles qui sont KO depuis le 13-Novembre. "

Sophie, elle, a perdu son mari. Elle se rappelle de son "agonie", des douze personnes nécessaires pour le déplacement sur son brancard, lui et toutes les machines qui permettent de maintenir en vie. En arrivançant vers le box, elle est une jeté aux détenus un regard plein de défi. Elle s'adresse directement à Mohamed Soumah et Jawad Bendaoud:

"Sentez les familles déchiquetées, vous êtes invité à ressentir, l'agonie, les amputations et le sang répandu."

Derrière la vitre, les deux prévenus sont autant immobiles, les yeux baissés, comme mortifiés.

"Des gamins abandonnés"

Au tour de Bley Bilal Mokono de devancer vers la cour. C'est l'un des visages les plus connus des victimes du 13-Novembre. Ancien boxeur, garde du corps, – 1m95 pour 125 kilos – il est paraplégique et se déplace dans le fauteuil roulant depuis un des kamikazes a activé sa ceinture d'explosifs devant le Stade de France. Son cousin est mort sur les terrasses attaquées par les terroristes, il a été dit avoir perdu son fils dans l'explosion:

"J'avais repéré un individu suspect." Je me disais pas mon fils, pas mon fils! ""

Aujourd'hui, il est dit que sa vie est "indispensable". "Je veux qu'il me regarde dans les yeux, il suppose que ce n'est pas un terroriste mais un imbécile qui est hébergé", avait-il expliqué dans la presse au sujet de Jawad Bendaoud avant le début des débats. Et ce mardi, les deux hommes se sont parlés directement.

La ​​présidente autorise à se tourner vers les deux prévenus et ceux-là. Mohamed Soumah et Jawad Bendaoud jurent une nouvelle fois qu'ils ignoraient l'identité des hommes à loger avec Hasna Aït Boulahcen et remercient l'ancien boxeur pour ses mots de compassion. Les propos de Bley Bilal Mokono sont étouffés par des sanglots.

"Quand je vois Jawad, je me dis c'est un petit frère qui n'est pas sur un loupé l'éducation Ils sont livrés à eux-mêmes Ces enfants, ce sont aussi les nôtres. lui, il y a un million en France. "

Lucas Burel

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