Bac : la réforme qu’il nous faut

Bac : la réforme qu’il nous faut


Par Jean-Baptiste Boone.
Un article de l'Iref-Europe

Avec une bonne réforme, le bac pourrait devenir un examen indépendant du ministère et de l'État. À l'instar des concours d'anglais (TOEIC, TOEFL) bien connus des étudiants, ou de français (DELF) mieux connus des étrangers, il a validé des compétences dans une parfaite objectivité.

C'est malheureusement devenu un lieu commun: le baccalauréat ne vaut plus grand-choisi si l'on est sévère, il est bien moins sélectif qu'avant dans tous les cas. Le taux de réussite atteint 87,9% en 2017 quand la moyenne était de 64% entre 1960 et 1969 et de 75% entre 1990 et 1999.

Deux explications possibles pour ces augmentations: soit les Français font preuve d'une intelligence toujours plus grande, soit l'examen est de plus en plus facile.

Les classements internationaux plaçant les élèves à des niveaux toujours plus bas (selon le programme PISA, de la 11ème en 2003 à la 26ème place en 2015, en mathématiques), nous optons pour la seconde. C'est ainsi que 641 700 lycéens ont obtenu le diplôme en 2017. C'est 27% de plus qu'en 2000 et 982% de plus qu'en 1960.

Source: Traitement des données IREF -www.populationpyramid.net/fr/ et ministère de l'Education nationale

Les universités ne peuvent plus accueillir ces candidats trop nombreux pour la plupart échoueront en première année ( 58,4% ), et peut-être aussi en deuxième année. Heureusement, de nombreux établissements privés ont pris le relais et la bouche aux bacheliers d'autres possibilités.

Le ministère concerné comptait 2 551 100 inscriptions dans l'enseignement supérieur en 2015-16, témoignant de la valeur inexistante du bac sur le marché du travail. Fort de la gratuité apparente, l'université représente encore 62% des étudiants en 2015 contre 5% pour les écoles de commerce par exemple. 762% depuis 1985. Celles-ci ont augmenté de 753%. Il fallait donc réformer et cela passe par la remise d'un rapport.

Les propositions

Le rapport est écrit par Pierre Mathiot un universitaire, qui a notamment été directeur de l'Institut d'études politiques de Lille. Il renouvelle entièrement la formule du bac, et, en amont, l'organisation des programmes au lycée. Les grands traits ont été publiés dans le livre d'or de l'Université d'Ottawa.

Ces mesures visent à « simplifier son organisation, affirmer sa fonction d'accès à l'enseignement supérieur en lien avec la question essentielle de l'orientation et de restaurer sa crédibilité en faisant une étape déterminante de la réussite future de nos élèves ».

Ces objectifs seront-ils atteints? Il est trop tôt pour se prononcer … D'aucuns ont noté qu'effectivement, sur assistait à une simplification mais dont l'objet était surtout de faire des économies. En effet, les changements interviendront tant sur l'organisation des cours et le rôle des professeurs que sur l'organisation de l'épreuve. L'attention budgétaire est un pré-requis essentiel à toute réforme.

Toutefois, when the rapport indique « Il is involved nullement de mettre en place le taux de succès et l'objectif de 80% de réussite […] mais de poser l'exigence d'une correspondance entre les résultats obtenus et un niveau attesté de la connaissance », sur la reprise là une contradiction.

Si le niveau de réussite d'un examen est prédéterminé, il est évident que les notations sont adaptées non à la qualité du travail des candidats mais au taux de succès fixé. Un contre-sens qui doit disparaître pour « la justesse et la probité de l'évaluation que l'on doit à notre jeunesse », comme le dit justement le rapport.

Anne Coffinier, présidente de la Fondation pour l'école . Interrogée dans le Figarovox du 25 janvier, elle craint que la réforme n'améliore pas le niveau des élèves et même qu'elle le soit en ce qui concerne la maîtrise de l'écrit.

Quant au passage vers les études supérieures, elle pense que la nouvelle formule du bac va accentuer les écarts entre les lycées réputés et les autres. Le contrôle continu et les jurys composés en partie de personnes du lycée d'origine, en effet, réduisent l'indépendance, la crédibilité, des notations. Elle espère que, peut-être, la réforme «déghettoïsera» les matières professionnelles, mais reste très dubitative à cet égard.

Changeur d'apparence mais garder la structure

En immobilier, une restructuration consiste à mettre à un immeuble, ne garder que les structures dont tout est refait à neuf. C'est moins onéreux que de construire à partir de rien. Cette réforme ressemble à cela. Certes, elle propose beaucoup de nouveautés. Certes, certaines propositions sont originales. Mais sous la surface, qu'est-ce qui change?

De la suradministration du secteur, de l'indépendance des directeurs, des professeurs et des établissements de la carte scolaire, on ne dit rien. Du fonctionnariat, on ne parle pas.

Sur ne voit pas, non plus, de pistes vraiment neuves. Beaucoup pourtant ont été ouverts par d'autres pays et ne présentent pas de péril majeur. Le Royaume-Uni avec succès avec le développement des écoles libres sous diverses formes, dont les académies.

Les résultats sont bons 93% d'entre eux ont obtenu les meilleurs résultats possibles. Le développement des écoles libres chèque éducation dont l'IREF fait la promotion. Il a été introduit en Lituanie avec succès, en Louisiane également, et il existe dans de nombreux autres pays depuis longtemps.

Pourtant, l'école libre est de nouveau sous la menace d'une proposition de loi alourdissant les conditions administratives d'ouverture, sous le fameux prétexte de lutter contre l ' islamisme. Déjà le gouvernement précédent avait tenté la manœuvre .

Le baccalauréat, label indépendant de l'État

Dans ce cadre-là, le bac pourrait devenir un examen indépendant du ministère et de l'État. À l'instar des concours d'anglais (TOEIC, TOEFL) bien connu des étudiants, ou de français (DELF) mieux connus des étrangers, il a évalué des compétences dans une parfaite objectivité. Ainsi, l'enseignement dispensé au lycée, qu'il soit purement académique ou plus professionnel, serait libéré des contraintes pesant de l'examen final.

Les établissements indépendants. Charge à eux d'organiser les passages de l'examen quand bon leur apparaît, en fin d'année terminale, plus tôt dans l'année ou dans les classes précédentes. Les écoles de l'enseignement supérieur s'emparer de la question et le proposant des cursus intégrant le baccalauréat en cours de scolarité.

Cette énième réforme vise quelques éléments mais elle laisse voir les vrais problèmes de côté. Il y a un tout à parier que cette ultime réforme soit suivie par une autre non ultime ultime réforme.

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