Bras de fer sur la semaine de 28 heures en Allemagne : pourquoi la suite est prévisible

Bras de fer sur la semaine de 28 heures en Allemagne : pourquoi la suite est prévisible


"Les nerfs sont à vifs" … Les médias du monde entier relatent avec le bras de fer engagé en Allemagne entre IGMetall, le syndicat de la métallurgie et le plus grand syndicat d'Europe, et le Gesamtmetall, la fédération du secteur. Chaque campant sur ses positions, ne va-t-on pas vers une grève générale qui paralyserait alors le pays, ferait dérailler l'économie de la "locomotive européenne" pourtant lancée à plein régime, et avec elle les wagons qui suivent, dans l 'un desquels, pâle et inquiet, vous êtes justement assis actuellement? L'enjeu est grand: c'est la métallurgie qui donne le "la" des avancées sociales dans le pays.

Pas de panique. En réalité, il ne se passe plus rien de très grave sur le front social allemand. On assiste simplement à la dramaturgie classique de la négociation sociale à l'allemande. Ce rite qui permet aux «initiés» du système salarié d'obtenir de bonnes conditions de travail et de rémunération, et aux employeurs de préserver la paix sociale sur le long terme. C'est donc un moment qui devrait être plus festif qu'alarmant. Voici le jeu de ce jeu de l'inamovible, en dix cas. Nous sommes actuellement sur la case cinq.

1. IGMetall réclame une forte augmentation salariale (souvent 6%, comme c'est le cas cette année) et parfois un autre truc, la surprise du chef. En l'occurrence, le syndicat propose cette année que les travailleurs ayant des enfants ou des parents âgés ou malades, passent de 35 heures à 28 heures par semaine, avec garantie de pouvoir pour leur temps plein au bout de deux ans et une perte salariale limitée par une "prime" d'au moins 200 euros par mois.

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2. Le patronat se récrie: "Vous êtes pas sérieux". Il propose une augmentation très modérée. Cette année, il parle de 2%. Il est prêt à parler des aménagements du temps de travail, à condition qu'il puisse symétriquement l'augmentation temporaire.

3. Plusieurs tours de négociations ont lieu dans les landers (régions-Etats), mais le plomb est toujours tenu par le Bade-Wurtemberg. Les patrons invitent les syndicats à "penser aux chômeurs" avant de penser à leur pomme. Une forte augmentation de salaire, des avantages pour les salariés, nuiraient à la compétitivité à l'emploi, disent-ils. Mais cette année, l'argument tombe à l'eau: le chômage est en effet tombé à 5,6% et ce sont plutôt des pénuries d'employés qui se profilent dans la métallurgie. Pour contrer la proposition sur les 28 heures, le patronat a donc choisi un autre angle, bien plus faible: donner une prime à des salariés faisant 28 heures, ce n'est pas juste pour ceux qui sont à 35 heures, c'est une forme de discrimination.

4. Les pourparlers régionaux entre IGMetall et le patronat de la métallurgie bloquent . Les responsables d'IGMetall se fâchent tout rouge contre ces employeurs qui "manifestent aucune volonté d'atteindre un résultat acceptable". Le président du syndicat formule les premières menaces de grève: «Si les employeurs ne révisent pas leur position d'ici la fin janvier, alors nous considérons la possibilité de recourir à des débrayages sur 24 heures ou d'organiser un vote pour des Jörg Hofmann, président d'IGMetall, fin décembre.

5. Quelques centaines d'entreprises se sont mises en grève quelques heures. Des grèves "d'avertissement" sont organisées dans les usines Audi, Mercedes, BMW, chantiers navals.La presse commence à dire que "les nerfs sont à vif". Cette année, près d'un million de salariés ont cessé de travailler à un moment où un autre. IGMetall montre ses muscles: il détaille le contenu de son "trésor de guerre" (aujourd'hui: 461 millions d'euros) qui permet de "tenir" pendant une période de grève. IGMetall appel à de nouveaux débrayages d'une journée.

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<p> <strong> Nous sommes ici. La suite relève de la fiction sociale, sur la base des précédents (1995, 1999, 2002, 2007, 2010, 2015 …). </strong> </p>
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<p> <strong> 6. Les discussions reprennent mais n'avancent pas. </strong> "Des centaines de grèves d'avertissement ont montré que les travailleurs perdent patience", déclare IG Metall qui annonce qu'il va procéder à un vote en faveur d'une grève illimitée dans toute la métallurgie, déclare alors en substance le président d'IG Metall. Grand drame: les Allemands, avec le dialogue social musclé, mais détestent les grèves. </p>
<p> <strong> 7. Le dialogue reprend, échoue, reprend. </strong> </p>
<p> <strong> 8. Le gouvernement s'inquiète publiquement. </strong> Le SPD (sociaux-démocrates) de l'autre. Ou, le compromis de gouvernement sera soumis aux militants du SPD pour approbation, et une bonne partie de ceux-ci sont des syndicalistes. Bref, il vaudrait mieux déminer le terrain social antérieur. </p>
<p> <strong> 9. Les grèves d'avertissement sont soudain suspendues </strong>un compromis est annoncé dans le Bade-Wurtemberg, qui est rapidement étendu à la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et aux autres landers … En général sur la tombe à mi-chemin , poil poil, entre les exigences syndicales et les premières concessions patronales. Tout le monde fait la mienne d'avoir fait un effort pour ne pas bloquer l'économie, mais chacun est contenu. La presse salue un accord passé "in extremis", qui "n'allait pas de soi". </p>
<p> <strong> 10. </strong> Tous les autres fédérations syndicales s'alignent sur l'accord trouvé dans la métallurgie.</p>
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<p> This year, si ce scénario est organisé, ce sont les partenaires européens de l'Allemagne qui sera ravis. Une augmentation des salaires tirera le pouvoir d'achat, et donc les importations allemandes. Cela tire la croissance des partenaires du pays, et réduira son insupportable excédent commercial. </p>
<p> Bon, reste quand même une question: le scénario d'un jeu de l'oie qui dérape, avec une grève dans la métallurgie, est-il possible? Après tout, c'est arrivé en 2003, lors de la demande de paiement des salaires et des horaires des ouvriers de l'Allemagne orientale alignés sur ceux de leurs camarades de l'ouest. Le patronat avait alors tenu bon (voiture, disait-il, les ouvriers des usines de l'Est étaient encore bien moins productifs que ceux de l'Ouest); IG Metall avait provoqué une grève dans la partie orientale du pays, mais elle était apparue comme très impopulaire (y compris chez les métallos de l'ouest) et elle avait fait un flop. Résultat: une défaite en campagne, suivie d'une crise de gouvernance à la tête d'IGMetall. </p>
<p> Mais dans le cas des "28 heures", il ne s'agit pas d'une question de principe, à prendre ou à laisser. Il ne s'agit pas d'une «réduction du temps de travail», mais il est conçu pour certaines personnes (enfants de moins de 14 ans, parents vieillissants …), et limitée dans le temps. On peut enfin l'aménager, réduire la prime, permettre un peu de flexibilité en échange etc. Un compromis est possible. </p>
<p> Quant à l'augmentation des salaires, parions qu'elle tourne autour de 3,5%. </p>
<p> <strong> Pascal Riché </strong> </p>
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