Accord CDU-SPD en Allemagne : la rencontre du passé et du passif

Accord CDU-SPD en Allemagne : la rencontre du passé et du passif



Par Jonathan Frickert

Martin Schulz, président de la chancellerie Angela Merkel et le président de la CSU Horst Seehofer conférence de presse communique le projet d'accord de gouvernement dont les négociations ont abouti la veille, quatre mois après les élections législatives allemandes qui ont pourtant donné aux partis partisans leurs pires scores depuis 1945.

Pourtant, au lendemain de l'examen d'une coalition dite «à la Jamaïcaine» entre démocrates-chrétiens, écologistes et libéraux . Ces derniers, fort d'un tournant eurosceptique, ont retrouvé leur place au Bundestag après 4 années d'absence avec le consentement du gouvernement fédéral et le président français.

Après l'échec des négociations, un accord de gouvernement a été trouvé trouvé, bien loin des aspirations des libéraux.

Le culte de la stabilité

En effet, les élections de 2017 ont laissé le paysage politique dans une situation incertaine. Le système électoral allemand privilégie la représentation sur la stabilité, compensée par une culture politique empreinte de responsabilité héritée des déboires politiques du XXe siècle.

Cependant, les sociaux-démocrates allemands, lassés de voir leur participation à des gouvernements de grande coalition (abrégé Groko pour Gro ¨ Koalition ) ne porte pas ses fruits électoralement, décident de ne pas participer au prochain gouvernement. Une situation insolite qui permet de commencer les négociations entre la CDU / CSU sortante et deux petites forces politiques: les Verts et les libéraux de Christian Lindner

Seulement, au soir du 19 novembre, après des semaines de négociation, les libéraux claquent la porte, la formation impossible d'une coalition. Une décision d'autant plus étonnante dans un pays où les écarts de conduite ne paient pas politiquement .

Suite à cette décision et devant le risque de la crise politique, le SPD a décidé de fixer la date à Angela Merkel le 8 décembre, lançant les négociations un mois plus tard.

«Au moins, on a gardé la chancellerie! »

Si l'arrivée du SPD à la table des négociations peut être étonnante, il faut bien comprendre que les deux forces sociales-démocrates et démocrates-chrétiennes ont connu en 2017 un de leurs pires revers électoraux aboutissant à des tensions internes.

Malgré le fait que le SPD a donné un accord à un gouvernement très favorable à la gauche, il a ajouté qu'il était mineur dans le pays. ]

L'accord reste une grande place aux sociaux-démocrates. En plus des ministères du Travail, de la Famille et de l'Environnement, trois ministères régaliens sur quatre reviendraient aux sociaux-démocrates.

Si Martin Schulz communiquait avec le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Justice et le ministère de la Justice. Achevant la soumission de la chancelière, le ministère des Finances, l'occupant huit ans et le très orthodoxe Wolfgang Schäuble serait dévolu à Olaf Scholz, maire d'Hambourg.

Horst Seehofer, président de la CSU, à la tête d'un grand ministère de l'Intérieur et Heimat sorte de ministère de l'immigration et de l'identité nationale à l'allemande. « Au moins, sur un gardé la chancellerie! » ironisera un député CDU.

Le programme, comme le cabinet, est calibré pour le SPD. Angela Merkel a donc mis de l'eau dans un grand écart social-social: plus d'Europe sociale, moins d'immigration.

Le projet fait en alliant le regroupement familial et redistribution sur le plan intérieur et le sacrifice de l'équilibre budgétaire sur l'investissement des investissements publics sur le plan européen, semblant se rapprocher des vues françaises.

Un projet qui risque de se trouver face à un adversaire de taille avec la droite allemande à un moment a publié l'appel d'offres pour l'établissement des listes transnationales aux élections européennes . Cette nouvelle donne aussi bien que l'opposition des libéraux allemands.

Les libéraux en embuscade

Le jeune chef de file des libéraux, Christian Lindner, n'a pas tardé à réagir. Angela Merkel, représentant du monde d'avant, regrettant l'absence de nouvelles élections pour clarifier le paysage politique, a tenu ses propos le 24 septembre.

Il reproche à la nouvelle coalition future politique de retraites mettant en péril le budget fédéral comme l'épargne des contribuables, les entreprises comme les individus ne connaissant aucun relâchement fiscal, alors que toute la partie liée aux défis de la révolution Numérique est totalement laissé de côté. Les enjeux migratoires et éducatifs sont, eux, effleurés dans ce qui ressemble à un gigantesque statu quo des forces au pouvoir depuis 70 ans.

Résumant l'accord nouvellement signé, Christian Lindner estime que les cosignataires ont « succombé à la tentation de parler davantage de la manière de redistribuer l'argent plutôt que de la manière de le faire fructifier ».

Cependant, Lindner tempéré en estimant que l'influence des Grünen serait abouti à quelque chose de bien pire dans le cas où le FDP était resté dans les négociations, rejetant les deux options en bloc.

Pourtant, le président allemand a lui-même rappelé le parti de revenir à la table des négociations, idée formellement rejetée par Lindner lui-même. Les programmes étant les mêmes, il ne pourrait pas avoir d'autre issue. Cette réaction s'inscrit dans une vision à long terme du chef de file du FDP.

Ce dernier a claqué la porte des négociations après avoir vu que l'ADN des Grünen restait profondément ancré dans une gauche du passé, constructiviste et souhaitant « reconstruire la société, niveler les différences et éduquer les gens ».

Souhaitant prendre la tête de l'opposition étant la troisième force républicaine du pays, les libéraux de nouvelles élections avec pour objectif de siphonner l'électorat de l'AfD et de la droite classique par une stratégie de rupture, dont le premier acte sera le dépôt tout prochainement d'une une proposition de loi s'opposant à tout regroupement familial .

La liberté contre l'Ancien Monde

Angela Merkel garde la chancellerie en appliquant le programme du SPD. Les pratiques de l'Ancien Monde, où la stabilité est payée par le contribuable, et le visage s'est habillé contre l'opposition.



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