#MeToo, #BalanceTonPorc… Les hommes se cherchent encore

#MeToo, #BalanceTonPorc… Les hommes se cherchent encore


Les femmes font des milliers de fois à prendre la parole. Avec l'éclatement de L'Affaire Weinstein et la naissance de mouvements solidaires et féministes, comme #MeToo et sa English version #BalanceTonPorc elles ont dénoncé à coup de vivre la violence structurelle d'une société inégalitaire. Et les hommes dans tout ça?

A la radio, à la télévision, dans les tribunes, sur Twitter ou Facebook, mais aussi dans les quartiers entre amis, les hommes se sont exprimés. Au milieu des voix de femmes, certains commentaires, d'autres apportent leur soutien. Dernière publication remarquée, une tribune signée Raphaël Glucksmann, directeur de la rédaction du Nouveau magazine littéraire, et Michel Hazanavicius, réalisateur de "L'artiste" ( distribué aux États-Unis par Harvey Weinstein ). Dans leur texte texte, baptisé «Nous aussi, nous aussi», les deux hommes usent de toutes les précautions pour soutenir leurs femmes, se désolidarisant de la «tribune Deneuve» . Si l'intention est louable, le résultat ne rencontre pas le monde d'accord.

"Nous aussi"? Mais "nous aussi" quoi?

"La place des hommes dans les mouvements est hyper compliquée", admet Titiou Lecoq, auteure féministe ("Le combat féministe se sépare devant le panier de linge sale", aux éditions Fayard) qui reconnaît aux signataires de "We Too" l'intelligence d'avoir attendu pour s'exprimer. Laissant dans un premier temps toute la place aux femmes.

"Si leur tribune était tombée deux semaines après le #metoo, ça aurait été insupportable. 'liberté d'importuner' que ces femmes nous concèdent, nous n'en voulions même pas. "

Alban Jacquemart, sociologue à Dauphine et auteur de "Les hommes dans les mouvements féministes: Socio-histoire d'un engagement improbable", salue également l'intention des deux hommes, mais pointe une maladresse:

"En finissant la tribune par le slogan" WeToo "en référence à" MeToo ", les auteurs introduisent une symétrie qui n'existe pas." Nous aussi "? Mais 'Nous aussi quoi?'. 'Moi aussi' utilisé pour dire 'Moi aussi j'ai été victime'. Pas pour dire 'moi aussi, je suis solidaire'. "

#BalanceTonMecSuperCool

Nier le sens du mouvement, sa portée, son universalisme, c'est ce qui fait beaucoup d'hommes qui ont réagi à chaud. Utilisant le hashtag #NotAllMen au choix, des Weinstein, des «porcs» à balancer ou des violeurs et agresseurs dans les récits #MeToo.

Que des hommes condamnent ces comportements est une bonne choisie, explique Sylvie Chaperon, historienne du féminisme:

"S'il y a des agressées, c'est qu'il y a des agresseurs donc c'est bien que les hommes se désolidarisent d'eux."

Le problème, c'est quand la distance est trop grande. Comme lors de la rencontre du Parti socialiste, en plein mouvement #BalanceTonPorc la création d'un hashtag #BalanceTonMecSuperCool pour "mettre en valeur les hommes qui ne se conduisent pas comme des porcs?"

"Cette parole-là, sur ne veut pas l'entendre", tranche Titiou Lecoq. "Ces hommes se protègent avant d'être écoutés en cherchant à se blanchir." Elle poursuit:

"Bien sûr, tous les hommes ne sont pas des femmes ou des violeurs. comportement sexiste ou machiste. "

"Est-ce que j'ai été un porc"?

Le travail d'introspection qu'ont choisi de mener avec courage certains hommes est, lui, mieux reçu par les féministes. Il est beaucoup plus difficile. Pour reconnaître l'injustice, encore faut-il y avoir été confronté.

A l'image de "Jacques, artiste-peintre de 78 ans" interrogé par "Le Monde" et qui se demande:

"Est-ce que j'ai eu, moi, de tels comportements? Je ne pense pas car rien ne me vient à l'idée Mais c'est peut-être dû à mon âge …"

"Si la question c'est 'est-ce que moi aussi j'ai déjà eu un comportement sexiste?' La réponse est toujours 'oui', c'est simple", explique Titiou Lecoq. Affirmer l'inverse, c'est refuser la réalité, renchérit Alban Jaquemart:

"C'est l'état actuel des rapports de genre" qui génèrent et produisent cette violence, elle n'épargne aucun homme. "Pas même les mecs bien".

"Réalisateur qu'on est un privilégié"

Mais reconnaître que l'on fait partie du problème n'est pas simple. C'est ce qu'explique bien Julien, un Toulousain de 26 ans également interrogé dans le même article du "Monde":

"La plus grande difficulté, quand on est un homme, c'est de faire un privilège. 'Je me disais:' Moi je ne suis pas comme ça ', "Je ne suis pas comme ça."

C'est juste parce qu'il s'agit de reconnaître ses privilèges – les avantages qui ont contribué à tous les hommes par le simple fait de leur genre – et d'avoir pour objectif de s'en défaire, qu'il est moins évident pour les hommes d'être féministe.

Les femmes perdent leur temps libre ou en temps de travail. Les chances d'accès à des postes à responsabilités. Là où la femme gagne du terrain, l'homme en perd. C'est mathématique.

"Ils ont tout simplement plus à perdre, Seules les femmes ont tout à gagner des victoires du féminisme", observe également Sylvie Chaperon. Selon l'historienne, la condition pour que "les hommes soient précieux alliés" est qu'ils "prêts à penser contre la culture masculiniste". Et, pour ça, ils n'ont pas leur intérêt personnel à l'esprit, même si certains mouvements ont bien tenté de faire croire le contraire, comme les hommes heureux.

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"Tant mieux que les hommes s'épanouissent dans le féminisme, mais ce n'est pas la question. hommes ", tacle Alban Jaquemart.

Paroles et paroles

Pour ne pas se tirer une balle dans le pied, les hommes ont fait moins tendance à descendre dans la rue pour les droits des femmes à occuper les plateaux-télé. Sylvie Chaperon explique:

"Pour philosophe, parfois d'ailleurs de manière brillante, ils sont souvent très présents. manière très concrète, ils se font plus rares. "

L'historienne cite en exemple Condorcet, qui se prononce pour le vote des femmes dans un article du "Journal de la société de 1789" . Mais that, when it is a effective measure is also available in 1791, ne "fait rien pour les femmes". Les "Condorcet d'aujourd'hui" ne se remontent pas plus les manches.

"J'attends le jour où les hommes se battront pour déconstruire le modèle de la virilité de la même manière que les féministes se battent depuis toujours pour redéfinir celui de féminité. personne ne descend dans la rue ", défie à son tour Titiou Lecoq.

Les hommes parlent et écrivent, "mais ils ne vont jamais jusqu'à militer", rappelle "l'Obs" dans son enquête sur le sujet .

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Conseils pratiques

Autre écueil à éviter: la position de "donneur de leçons".

"Ils adoptent alors une posture paternaliste qui consiste à expliquer aux femmes comment ils doivent faire pour mieux entendre, mieux comprendre, mieux défendre", détaille Alban Jacquemart.

Une réaction assez classique, qui date des premiers mouvements féministes du XXe siècle … Et qui n'est jamais bien reçu. "Dénonce ton porc … à la justice", conseillait Raphaël Enthoven sur Europe 1 en référence au hashtag. Comme si c'était simple, comme si les victimes avaient pas pensé …

Alors, comment participer au mouvement sans reproduire la domination masculine ou sans redéfinir la cause telle qu'elle a été définie? La première choisie à faire selon Alban Jaquemart: "se taire et écouter".

Vous êtes un homme, vous êtes vous, vous avez écouté et vous avez envie d'aider mais craignez l'impair? Le plus simple reste "d'être attentif à la façon dont les femmes et les féministes ont leurs paroles de libération et de l'adaptateur en fonction", conseille Alban Jaquemart. Mais le mieux encore reste de passer à la pratique: dans la rue, devant le panier de linge vente, à la sortie des classes des enfants …

"Parmi tous ces beaux parleurs, qui reste une minorité, combien appliquent leur féminisme au quotidien? Combien de ceux qui ont donné des leçons de féminisme aux femmes s'empressent de quitter leur travail pour s'occuper des enfants et de favoriser », interroge l'historienne Sylvie Chaperon, avant de conclure:

"Plus il y a aura d'hommes dans la cause féministe, mieux ce sera".

Barbara Krief

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