Voisin ou espion ? Nextdoor, le site qui crée la polémique arrive en France

Voisin ou espion ? Nextdoor, le site qui crée la polémique arrive en France


Ce dimanche après-midi pluvieux, vous êtes lancé dans la grande opération bricolage que vous repoussiez depuis des mois. N'est-il pas possible de réparer enfin cette porte de placard qui se déboîte depuis des mois? Mais voilà, vous n'avez pas besoin de tous les instruments nécessaires dans la main et vous n'avez aucune envie d'acheter une perceuse et un rabot que vous utilisiserez plus jamais. L'idéal d'aller emprunter ce qui manque …

Vous avez entendu le mois dernier un "bzzz" caractéristique de l'autre côté du mur, dans l'immeuble voisin, et vous savez qu'un habitant a donc une perceuse. Mais vous êtes pas timide, vous n'oseriez pas aller frapper au hasard. Difficile, dans les grandes villes, pousser des portes ou demander des services aux inconnus. Impossible, même dans les petites villes, de connaître tout le monde autour de soi. Et c'est le même problème pour faire arroser ses plantes l'été, chercher un baby-sitter de confiance, voire pour se renseigner sur les bons restos du coin.

Ou demain, il y a peut-être une solution, importée clé en main depuis San Francisco. Un nouveau réseau social, baptisé Nextdoor, s'est mis en tête de devenir une espèce d'anti-Facebook. Plutôt que de nous connecter avec les gens du monde entier que nous ne connaissons pas, il veut nous rapprocher de ceux qui nous entourent. C'est le premier réseau mondial hyper local, et son succès aux États-Unis est déjà assez grand pour que ses fondateurs soient en train d'envahir l'Europe.

100% local

Nextdoor a été lancé en octobre 2011 par quatre entrepreneurs qui avaient déjà une grosse expérience dans le numérique. Pour faire fortune, Sarah Leary, Nirav Tolia, Prakash Janakiraman et David Wiesen ont fait l'expérience d'un réseau, limité à une zone précise: sur Nextdoor, vous trouverez une carte de votre quartier ou de votre ville est pas grande et vous ne voulez entrer en contact avec les habitants de cette plaque, ou de celle qui est juste adjacente. Jamais vous ne serez mis en lien avec un habitant trop lointain de chez vous. Vous n'êtes même pas là que ceux-ci existent ou sont connectés. C'est la promesse de Nextdoor: du local, seulement du local.

1.000 à 2.000 foyers dans les zones rurales et jusqu'à 7.000 foyers dans les grandes villes. Ces quartiers se sont créés automatiquement, au-dessus des inscriptions sur le site: si vous êtes le premier habitant de votre zone, vous êtes invités à pousser vos amis à vous rejoindre et à partir une dizaine de temps vivre.

"Il s'en crée une centaine de nouveaux chaque jour aux États-Unis, ils sont grandissent tout seul, par le bouche à oreille", assure Nirav Tolla, le président et cofondateur. Pour être sûr que votre adresse est réelle, ainsi que votre nom – impossible en théorie d'utiliser un pseudo sur Twitter ou Facebook -, le site vous envoie une carte postale; Elle contient un code secret, que vous devez utiliser pour valider votre inscription. Un défaut, vous devez donner votre numéro de téléphone. "Nous sommes bien certains que vous vivez bien là où vous l'indiquez", explique Nirav Tolla:

"Aux Etats Unis, nous sommes devenus un des plus gros clients de la poste!"

Gratuité des échanges

Mais alors que font aussi les Américains sur Nextdoor, et qui nous ferons en France, avec le site commencent aussi à ouvrir ses quartiers dans l'hexagone? "Nous sommes là pour dynamiser la vie de quartier et créer des rencontres vraies entre les gens: demander de l'aide s'il vous plaît quelque chose, par exemple. », a expliqué Karim Bassiri, le patron de la filiale française

24 heures, elle a reçu huit réponses.
"Mais on peut aussi lutter contre l'isolement social: vous pouvez faire appel à vos voisins parents si vous devez vous absenter, par exemple. rendre ce type de service, bénévolement. "

Il n'est pas impossible que ces nouvelles possibilités de succès commercial de sites français comme "Allovoisins" ou "Stootie", qui leur permet également aux relations de voisinage, mais dans le monnayant: elles ont offert de l ' aide et des petits services payants, entre proches. Nextdoor lui, lui, sur la gratuité des échanges et des relations.

Grand Frère

Aux Etats-Unis il a comblé un autre vide: celui de l'information municipale. Son succès est tel que les villes l'utilisent pour passer leurs messages et stimuler les initiatives locales. Mais son développement a aussi la source de très vives polémiques … L'une des raisons de son succès massif, c'est sa rubrique "sécurité". Les habitants d'un quartier s'empêchent de signaler sur le site toute présence d'un inconnu qui leur paraît suspect dans leur rue, conseillant aux voisins d'ouvrir l'œil sur ses activités.

Ces alertes ont très vite viré au racisme: dès qu'un noir a rencontré un pied dans un quartier à la majorité blanche, il s'est vu signalé par un paranoïaque et surveillé par tous les résidents! A Oakland, le scandale a pris de telles proportions que Nextdoor a changé son algorithme pour bloquer au maximum ces alertes racistes. Peine perdue. Les habitants ont simplement changé leur vocabulaire pour passer à travers les griffes du système. Plutôt que d'écrire "noir", il écrive "individu à dreadlocks" ou signalent un "posse" (bande).

Nextdoor n'arrive donc pas à échapper aux polémiques. Les relations entre voisins peuvent facilement devenir une variante inquiétante de Big Brother …

Pourtant, ces critiques n'ont pas freiné son ascension, et sans doute les ont-ils aidé à s'étendre un peu plus vite. Dans sa ville de naissance, San Francisco, la moitié des habitants s'est déjà inscrite au service, et la courbe suit la même ascension dans les autres villes américaines. Depuis deux ans, la conquête de l'Europe a commencé, à partir de la Grande-Bretagne, la Hollande et l'Allemagne, avant de descendre vers la Méditerranée, comme un rouleau compresseur qui étend petit à petit territoire.

Précieuses données

Le site refuse de communiquer le nombre global de ses adhérents, parce que cela ne signifie rien pour ses objectifs: l'important ce n'est pas être des milliards, comme sur Facebook, mais que dans votre quartier, il y a suffisamment de réponses pour répondre à vos demandes. Les millions de dollars de financements à cette entreprise, valorisés à plus d'un milliard de dollars, seuil d'entrée dans le club des licornes. "Nous avons déjà dépensé 100 millions de dollars pour arriver à notre niveau", dit Nirav Tolla, qui en garde encore dans ses coffres pour financer son expansion internationale.

Pourtant, pour le moment, le site ne rapporte toujours pas grand-chose. "Le modèle économique n'était pas la priorité", assure le PDG. Comme tous les sites américains qui ont la chance d'avoir de bons investisseurs, il veut d'abord s'étendre, le plus vite possible, avant d'en empocher les bénéfices. D'ailleurs, Nextdoor se lance en France sans aucune publicité. Et même aux États-Unis, elle reste encore très limitée. Karim Bassiri:

"Notons que la rentabilité, notre idée sera de faire de la publicité avec les commerçants de votre quartier, et avec eux."

Bien entendu, cela n'empêchera pas ce nouveau petit Grand frère d'accumulateur de données sur nous, ce que nous faisons, ce que nous aimons. Et quand nous serons assez nombreux sur ses pages, puis suffisamment "accro", le temps sera venu de trouver comment nous louer.

Claude Soula

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