« La Révolution française et la psychologie des révolutions » de Gustave Le Bon (1)

« La Révolution française et la psychologie des révolutions » de Gustave Le Bon (1)



Par Johan Rivalland.

Gustave Le Bon il y a environ 25 ans, avec la « Psychologie des foules » un livre majeur à mes yeux, pour lequel je regrette de n'avoir pris aucune note (je ne faisais le fais jamais à cette époque), sans quoi j'aurais écrit depuis longtemps à un article de présentation (mais je suis promis de le relire un jour et de vous en élaborer un).

"Les années de la vie politique" de Catherine Rouvier sur « Les idées politiques de Gustave Le Bon » . Mais j'étais déçu, en revanche, de ne pouvoir trouver trace, à l'époque, de nombreux essais sur l'exemple « Les lois psychologiques de l'évolution des peuples » , « Les opinions et les croyances » la « Psychologie du socialisme » la « Psychologie de l'éducation »etc.

Aujourd'hui, grâce à internet, mais aussi aux diffusions libres d'écrits tombés dans le domaine public comme ici, tout devient facile d'accès. Et c'est donc avec grand bonheur et simplicité que j'ai pu m'acheter le présent ouvrage.

Un essai hors des sentiers battus

Comme l'indique Gustave Le Bon dans sa préface de la réédition de 1913, son essai diversement reçu à l'époque, en particulier de la part des politiques imprégnés de toutes les imageries et stéréotypes attachés à la Révolution. Tel un Emile Ollivier refusant catégoriquement l'idée défendue par Gustave Le Bon que « le gain récolté au prix de tant de ruines obtenues plus tard sans effort par la simple marche de la civilisation ] ». Comme plusieurs peuples ont déjà obtenu l'époque révolutionnaire.

Car, ainsi que l'établissement, en cours que son analyse n'a pour objet ni de blâmer ni de louer la révolution, mais simplement de l'observateur à partir de ses méthodes psychologiques attachées à l'étude des opinions et croyances, trois types de conceptions se dégageaient à l'époque: celle qui veut que la Révolution française doit être acceptée ou refusée en bloc, celle qui voit un phénomène mystérieux reste inexplicable, et enfin celle qui voudrait qu'on ne peut juger la publication d'un nombre immense de pièces encore inédites.

La première fois qu'un événement a eu lieu avec les Français de la barbarie et les ayant libérés de l'oppression de la noblesse, et que la seconde a aussi son propre prestige et la troisième garde de toute interprétation 'en expliquer la nature.

Face à ce constat, Gustave Le Bon propose une analyse qui sort du champ des interprétations rationnelles, pour étudier les influences mystiques, affectives et collectives, à la raison. Entre autres exemples, il dit ceci:

Commenter, sans connaître les transformations de personnalités dans diverses situations, comprendre les bourgeois intelligents et pacifiques qui, dans certains comités, décider la création du système métrique et l'ouverture des grandes écoles, voté ailleurs des mesures barbares que la mort de Lavoisier, celle du poète Chénier ou encore la destruction des magnifiques tombeaux de Saint-Denis? Comment comprendre enfin la propagation des mouvements révolutionnaires en général sans la connaissance des lois réelles de la persuasion, si différentes de celles qu'enseignent les livres?

Les révolutions, un processus prêt

Gustave Le Bon s'intéresse aux différents types de révolutions. Qu'elles ont lieu dans le domaine scientifique, politique ou religieux, les transformations des croyances, les idées et les doctrines qui impliquent un même cheminement.

Elles débutent souvent sous l'action des mobiles avec des rationalités, comme la suppression d'abus criants ou d'un régime politique honnête, par exemple, dans le cas d'une révolution politique.

Mais la logique rationnelle, comme celle maniée par les philosophes pour la révolution française, ne débouche sur une révolution que si elle a provoqué une logique mystique (ici, la croyance dans les vertus d'une société créée de toutes pièces par certains principes), puis une logique affective, qui déchaîne les passions, et parfois conduit aux pires excès, par le jeu d'une logique collective qui pousse ses membres à agir de façon tout à fait différente de celle avec laquelle ils sont agi en ne suit que les trois autres formes de logique.

Par ailleurs, l'impulsion ne vient jamais de la foule, mais d'une tête qui conduit. « Elle se marie bien avec l'impulsion reçue, mais ne la crée jamais ». Cependant, précis-t-il:

Les brusques révolutions politiques, qui frappent le plus les historiens, sont parfois les moins importantes. Les grandes révolutions sont celles des mœurs et des pensées. Ce n'est pas en changeant le nom d'un gouvernement que de transformer la mentalité d'un peuple. Bouleverser les institutions d'une nation, n'est pas renouveler son âme.

Les véritables révolutions, celles qui transforment la destination des peuples, se réalisent le plus souvent d'une manière si lente que les historiens commencent à marquer les débuts. Le terme d'évolution leur est beaucoup mieux applicable que celui de révolution.

Gustave Le Bon place les révolutions scientifiques en tête des révolutions. Même s'il est utilisé dans le cadre de ce livre de révolutions politiques et note que la plupart du temps, en sciences, sur une affaire à des changements plutôt que des révolutions, qui ont lieu, elles, lors de ce que Thomas Kuhn appelera plus tard un changement de paradigme (les découvertes de Darwin, Pasteur, etc. correspondant à ces révolutions selon Le Bon).

Notons, au passage, que cette analyse va bien dans le sens de ce que Johan Norberg montre dans le chapitre sur les libertés dans son ouvrage « Non, ce n'était pas pas mieux avant », qui indique que les révolutions dans les pays arabes n'ont pas le même résultat que dans les autres révolutions, comme par exemple lors de la chute de l'URSS, ou dans certains pays asiatiques, d'Afrique et d'Amérique latine, entre autres, (en attendant, ayez-vous, une révolution en Corée du Nord?), c'est que les mentalités changements.

Toujours est-il que, si on en revoit aux révolutions politiques, elles sont rarement spontanées selon notre auteur et la raison ne prend aucune partie à leur élaboration. Ce sont plutôt les croyances qui entrent en jeu.

La croyance arrive à un degré d'intensité tel que rien ne peut être opposé. L'homme hypnotisé par sa foi devient alors apôtre, prêt à sacrifier ses intérêts, son bonheur, sa vie même, pour le triomphe de cette foi. Peu importe l'absurdité de sa croyance, elle est pour lui une vérité éclatante. Les certitudes d'origine mystique ce merveilleux pouvoir de dominer entièrement les pensées et de n'être influencé que par le temps.

Par le seul fait qu'elle est considérée comme la vérité absolue, la croyance devient indispensable intolérante. Ainsi s'expliquent les violences, les haines, les persécutions, cortège habituel des grandes révolutions politiques et religieuses, la Réforme et la Révolution française notamment

Gustave Le Bon sur différents exemples de révolutions pour analyser les éléments en jeu et les processus de contagion mentale qui débouchent sur eux, en fonction des situations.

Mais surtout, il y a une partie parallèle, une partie, les révolutions religieuses, il est décrit comme bien plus puissantes que celles de nature politique et, d'autre part, la Révolution française : l'intolérance de Calvin et de Robespierre méthodes de Montluc et de Carrier , les mentalités des jacobins de la Terreur et de Grégoire XIII férocité des guerres de religion et de la guerre de Vendée etc.

Le rôle des gouvernements et des peuples pendant les révolutions

Il existe un nombre impressionnant de paysans dans des gouvernements inversés, à un moment ou à un autre, par des révolutions. Le plus souvent par un mouvement spontané qui a été déjoué assez facilement. Là encore, notre auteur en donne plusieurs exemples, que je vous invite à découvrir en vous procurant le livre.

Les faits marquants du rôle des petites choses dans les grands événements et prouvent qu'il ne faut pas trop parler des lois générales de l'histoire. Sans l'émeute qui renversa Louis Philippe, nous ne devinons jamais eu ni la République de 1848, ni le deuxième empire, ni Sedan, ni l'invasion, ni la perte de l'Alsace.

Si l'effet de contagion mentale en jeu est souvent lié aux «19459010]», il est aussi dû, dans de nombreux cas, à un mauvais commandement des troupes qui crient, même face à quelques insurgés.

Il existe ainsi, de fait, une diversité réelle des révolutions, de leur nature, y compris le renversement du gouvernement par l'armée, de même que de révolutions faites par eux-mêmes. Gustave Le Bon pour encore plusieurs exemples, qui font aussi la richesse de l'ouvrage.

Il n'en reste pas moins que les hommes d'influence et les gouvernements ne font que passer. Et le caractère des peuples ne se forge durablement avec le temps. Voilà pourquoi il écrit (rappelons-le, il ya un peu plus un siècle maintenant):

Si l'on ne connaît pas la France que les bouleversements depuis plus d'un siècle, on pourrait supposer vivant dans une profonde anarchie. Ou, dans une vie économique, industrielle, politique même, se manifeste au contraire par continuité indépendante de tous les bouleversements et de tous les régimes (…) Plus sur l'histoire des révolutions, plus sur le constat que ces changent guère que des façades. Faire les révolutions est facile, modifier l'âme d'un peuple très difficile.

Le rôle du peuple selon Gustave Le Bon

C'est à cette âme des peuples que Gustave Le Bon s'intéresse, c'est une question d'un délicat dosage entre rigidité et malléabilité. Sans rigidité, l'âme ancestrale préparée aucune, et sans malléabilité, elle ne peut s'adapter aux changements civilisationnels. C'est pourquoi un excès de rigidité conduit à la décadence et à la disparition d'un peuple ou d'une civilisation un excès de malléabilité à des révolutions incessantes.

L'excès de rigidité peut aussi, et c'est notre sujet, aux révolutions les plus violentes, comme ce fut le cas de la Révolution française.

L'auteur nous livre ainsi une analyse passionnante des mécanismes de cette Révolution française, dont le but initial était de substituer au pouvoir de la noblesse celui de la bourgeoisie. Mais le peuple, qui a été choisi pour ses idées, se laisse compter dans son élan instinctif, avec des considérations rationnelles et se guider avec sa fougue violente et dévastatrice.

Jules Michelet Gustave Le Bon dit qu 'il est important que l'acteur principal de la Révolution ait été le peuple. Il n'en est que l'instrument. Loin de la constitution de cet ensemble merveilleux ensemble »qu'évoque entre autres MA Cochin, l'impulsion unique du grand club jacobin de Paris, a ajouté que les milieux de petits clubs un peu partout en France ne sont qu'obéir avec une docilité parfaite.

Une idée sans force et n'agissant qu'à la condition d'avoir un substrat affectif et mystique pour le soutien, les idées théoriques de la bourgeoisie, pour agir sur le peuple, se transformer en une foi nouvelle bien claire dérivant d'intérêts pratiques évidents. Cette transformation se fit rapidement quand le peuple entendit les hommes envisagés par lui comme le gouvernement, qu'il assurait qu'il était l'égal de ses anciens maîtres. Il se considère alors comme une victime et commente à piller, incendier, massacrer, s'imaginer exercer un droit.

(…) La foule, soulevée par les meneurs, agit surtout au moyen de sa masse. Son action est comparable à celle de l'obus perforant une cuirasse sous l'action d'une force qui n'a pas été créée. Rarement la foule comprend quelque chose aux révolutions accomplies avec son concours. Elle convient docilement les meneurs sans même chercher à deviner ce qu'ils souhaitent.

Divinisée par les Jacobins, y compris des époques suivantes, cette foule en réalité polyvalente est loin d'être aussi vertueuse que ce qu'ils imaginent. Gustave Le Bon distingue deux grandes catégories distinctes:

– la foule silencieuse composée de la grande majorité des gens vivant dans le labeur et le silence, qui a besoin d'ordre et de tranquillité pour exercer son métier. Elle est ignorée des historiens, voiture ne fit jamais les révolutions.

– celle plus subversive, composée « d'un résidu social subversif dominé par une mentalité criminelle ». C'est cette dernière qui constitue le ferment des révolutions, celle sur laquelle s'appuient les meneurs.

La crainte du châtiment se passe d'entre eux d'être criminels en temps ordinaire, mais ils peuvent le faire s'exercer sans danger leurs mauvais instincts. À cette tourbe sinistre sont dus aux massacres qui ensanglantèrent toutes les révolutions. (…) Ce peuple impulsif et féroce a toujours été dominé facilement d'ailleurs dès qu'un fort fort s'est dressé devant lui. Si la violence est sans limite, sa servilité est également. Tous les despotismes l'ont eu pour serviteur. Les Césars sont sûrs de se voir acclamés par lui, qu'ils s'appellent Caligula, Néron, Marat, Robespierre ou Boulanger.



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