Procès Cahuzac : après la thèse Rocard, des insinuations contre Hollande

Procès Cahuzac : après la thèse Rocard, des insinuations contre Hollande


Un trésor de guerre politique? La suite a été améliorée lors du premier procès de Jérôme Cahuzac. Son premier compte secret en Suisse a servi à la collecte des fonds au service de l'ambition présidentielle de Michel Rocard, le moins à croire les avocats de l'ancien ministre du budget. Une sentence qui a été condamnée en première instance à une lourde peine de trois ans de prison ferme pour fraude fiscale et blanchiment

Pour mon second procès, mon nouvel avocat Me Eric Dupond-Moretti va plus loin. Il dresse peu à peu le portrait d'un homme qui paye pour tous les autres, bouc émissaire d'un système politique qui, pourtant, «savait», de ses adversaires du Lot-et-Garonne jusqu'à François Hollande à l ' Elysée.

Des noms?

Une seule preuve de cette défense n'a été produite en ce mardi 13 février, deuxième jour du procès devant la Cour d'appel de Paris. Un témoignage, quelques sous-entendus … Mais Jérôme Cahuzac est resté une fois de plus muet quant à l'identité de ceux qui lui ont confié la mission de financer l'ancien Premier ministre socialiste. Pourquoi ce silence?
"Ce qui est leur liberté contre la mienne, et la valeur ne vaut rien", déclare-t-il à la barre.
"Et je ne veux pas leur noms … Je vais me faire engueuler par mes avocats."

En 1991, Jérôme Cahuzac a quitté le cabinet du ministre de la Santé, le rocardien Claude Evin, où il s'occupait de la politique du médicament. En attendant de développer sa clientèle de chirurgien spécialisé dans les implants capillaires, il exerce des activités très lucratives de consultant. "Je mets l'expertise technique que j'avais acquise pendentif trois ans au service des laboratoires pharmaceutiques", explique-t-il.

C'est l'année suivante qu'il ouvre un compte occulte en Suisse, à l'UBS. D'où vient l'argent, lui demande le président Dominique Pauthe?

"En novembre 1992, jusqu'en mai 1993, les fonds émanant de l'industrie pharmaceutique seront versés pour financer les activités politiques de Michel Rocard", déclare-t-il à la barre.

Au cours de l'instruction, il a pourtant dit que les fonds provenaient de ses propres revenus … Un changement de version que le président ne manque pas de redressement:

– "Vos déclarations ont évolué par la suite."
– "Il faut bien que je donne une explication", "je savais que si j'étais interrogé ça n'allait pas tenir", déclare-t-il.
– "Ça a tenu tout le temps de l'instruction", observe Dominique Pauthe.

"Une trace indélébile"

L'ancien ministre répond avec quelques hésitations, sans jamais la voix, il garde souvent la tête baissée – il reconnaît sa culpabilité et répète à plusieurs reprises. Dans son récit, il a éprouvé le besoin de crédibiliser la politique d'un financement politique. Philippe Péninque, peut-il au moins confirmer la raison d'être de ce premier compte? Non plus.

"J'ai essayé de lui dire le moins possible", répond Cahuzac.

"Je ne remettais pas ces fonds", précise-t-il. "J'indiquais aux entreprises qui ont décidé d'aider Michel Rocard un numéro de compte qui a été marqué par Philippe Péninque." Et tant pis si cet intermédiaire est connu pour l'engagement d'extrême droite pour sa proximité avec les socialistes.

L'argent est transféré sur un nouveau compte suisse. Le président souligne que cette fois, Cahuzac a donné procuration sur ce compte à son épouse.

– "Cet argent ne m'appartient pas et je me suis toujours interdit d'y toucher", tient à rappeler le prévenu.
– "Si sur votre logique, reprend le président, la perspective était de rendre cet argent: mais à qui? Quand? Pourquoi?"
– "On m'avait dit d'attendre, qu'on me dirait", répond Cahuzac.

Après l'échec de Rocard aux européennes de 1994, puis l'ascension de Jospin, il a été réalisé que "personne ne lui demande jamais" de rendre cet argent. "Je n'ai rien fait, j'ai eu tort, c'est une tache indélébile."

Surtout, la fraude se poursuivra à partir de 2000, en raison des difficultés familiales, des revenus qui fondent, des vacances aux Seychelles que Cahuzac veut offrir à sa famille pour se faire pardonner ses absences.

"La première année, c'est parce que c'est compliqué, on se dit qu'on arrête l'année suivante. catastrophe. "

Jérôme Cahuzac peut-il encore éviter la prison?

Mauroy, Hollande, Mignard et les "on-dit"

Jean-Luc Barré. Bien qu'adversaires politiques à Villeneuve-sur-Lot, les deux hommes sont devenus amis. Après 2013, Jean-Luc Barré a écrit un livre, "Dissimulations", dans lequel il agite lui aussi la thèse d'un financement politique

Michel Rocard et Jérôme Cahuzac qui auraient eu lieu à Castres "avec le magnat de l'industrie pharmaceutique Pierre Fabre". Fabre qui, croit-il savoir, financerait des partis politiques. D'ailleurs, Pierre Mauroy aurait piqué une colère en apprenant que Rocard avait déjeuné avec des personnalités trop sulfureuses, poursuivant-il. Mais Jean-Luc Barré reconnait qu'il a lui-même assisté à cette scène, qui lui a été reportée. Pierre Mauroy ne le démentira pas. Comme Rocard, il est décédé.

Selon Jean-Luc Barré, il est impossible que l'existence du compte de Jérôme Cahuzac soit restée cachée si longtemps.

"Dès 2001, tout un tas de personnes étaient au courant de l'existence de ce compte", avance-t-il. "Un début par Michel Gonelle, je ne veux pas l'adjoint."

Il rappelle que l'ancien maire de Villeneuve-sur-Lot a fait circuler cette année-là le fameux enregistrement enregistré bien plus tard par Mediapart en 2012, et dans lequel Cahuzac mentionne son compte. Un agent du fisc un fait des recherches et un signalement en 2008. Alors, Jean-Luc Barré ne veut pas croire que «des éléments qui circulent depuis 12 ans ne finissent pas connus de la classe politique», et ne s'explique pas qu'il ait été nommé ministre.

Me Dupond-Moretti se charge du témoin au bout du raisonnement: «Est-ce que le président de la République sait», demande-t-il? Jean-Luc Barré répond en rappelant que l'avocat de Mediapart, Jean-Pierre Mignard, est un ami intime de François Hollande, le parrain de ses enfants.

"Jean-Pierre Mignard a mis au courant François Hollande de ce qu'il s'est passé Edwy Plenel [le directeur de Mediapart] et François Hollande se parlait."

La journée s'achève ainsi par cette évocation des salons de l'Elysée, longe, si loin, des cabinets d'implants capillaires, de la banque genevoise Reyl ou de Julius Bär à Singapour.

Baptiste Legrand

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