Lettre aux parents sur Parcoursup : ne vous trompez pas de combat !

Lettre aux parents sur Parcoursup : ne vous trompez pas de combat !



Par Matthieu Grimpret.

Chers parents d'élèves de terminale,

Formule "famine" dans les mois qui suivent "Faites vos jeux! Rien ne va plus! »Après le 13 mars, en effet, vos enfants ne peuvent plus saisir leurs vœux sur la nouvelle plateforme d'accès aux études supérieures, Parcoursup.

Je comprends le stress que cette échéance peut engendrer. Il est double: administratif bien sûr, voiture même si Parcoursup est beaucoup plus simple qu'Admission Post Bac, fils devancier, il faut s'armer de courage, de patience et d attention pour maîtriser le fonctionnement; psychologique ensuite, voiture l'émission des vœux, pour être sereine, supposé avoir fait une réflexion en profondeur sur ce qu'on veut faire et devenir.

Mais je voudrais quand même vous dire ceci: ne vous trompez pas de combat. Si c'est à l'occasion du corps-à-corps avec Parcoursup que vous découvrez la problématique de l'orientation de votre enfant, il est déjà presque trop tard. Parcoursup est à l'image du bac est en quelque sorte l'annexe informatique: incontournable mais subsidiaire, indispensable mais contingent.

En réalité, l'habillage peut changer, souvent au rythme des ministres de l'Éducation nationale; de toute façon, l'enjeu décisif est ailleurs. J'allais dire: doublement ailleurs. Jean-Michel Blanquer a l'intention de faire – la manière dont elle forme et éduque ses enfants. Il se situe ensuite, et c'est notre propos, au niveau des personnes, au premier chef, les enfants et leurs parents.

Quel est-il, cet enjeu décisif? C'est un enjeu de fond. Osons le mot: un enjeu spirituel au sens où l'on distingue la lettre et l'esprit, la forme et la matière, la procédure et le contenu. Le véritable enjeu est la manière dont vous contribuez à façonner le rapport de votre enfant à sa propre scolarité, ses propres études.

Je fais souvent l'exercice suivant avec certains jeunes qui je ne sais pas, ou plus, la motivation de travailler à l'école, ou qui se sent «perdus» dans leur réflexion sur leur avenir: je prends une figurine (jouet en forme de personnage, poupée, mannequin …), leur propose d'imaginer qu'il s'agit de la personnification de leur scolarité ou de leurs études, et leur demande quel (s) sentiment (s) ou émotion (s) ils éprouvent, ou quelle (s) idée (s) leur vien (nen) t, face à cette Persona Studia : indifférence, colère, peur, déception, sympathie, etc.

Cet exercice est très utile pour comprendre comment l'étudiant se situe par rapport à ses études, et notamment s'il est l'est. Car quelle est la condition n ° 1 de la performance scolaire: l'appropriation. Qu'est-ce que cela signifie? L'élève doit (re) prendre le leadership sur sa scolarité.

Ainsi, cette dernière n'est plus un poids à porter, mais au contraire une responsabilité à assumer, qui lui donne la densité, le consolide et l'aide à se positionner par rapport au monde qui l'entoure, à ce qu'il est lui-même et à ce qu'il y ait envie de devenir.

Ce n'est qu'une fois l'appropriation réalisée – et cela prend du temps! – que l'élève peut entamer la deuxième étape: la direction. En effet, si l'école reste un élément étranger à son existence, à son environnement immédiat, il ne peut pas la diriger dans la double acception du terme: être responsable et lui donner une orientation (sur y vient!), tenir et le gouvernail, et le cap.

Pour diriger ses études, l'élève doit choisir et décider – pas tout seul, bien sûr, mais de la façon la plus prudente, la plus vertueuse: comme le prince en son conseil, qui s 'entoure, écoute, dialogue, reçoit les avis et les recommandations, mais supposons que ce qu'il commande in fine . Diriger ses études, c'est pour ainsi dire être le «prince» – un «prince» dont vous, les parents, les, les professeurs, les éducateurs, les professionnels de l'entreprise, le conseil.

Diriger ses études, nous venons de l'évoquer, c'est leur donner un cap, un objectif. Cela suppose que le navire soit en bon état, autrement dit que les moyens ont été identifiés, sélectionnés, acquis, qu'on se forme à leur utilisation et qu'on se soucie, le cas échéant, de les garder au sec, à être mobilisés. C'est un cas parce que l'élève se sera donné les moyens d'arriver à un bon port qu'il peut utiliser, au cours de sa navigation, avec sérénité, ajuster le cap si besoin est, en fonction des surprises que l ' l'existence de la réserve toujours.

Ces moyens, quels sont-ils? D'abord le matériau, c'est-à-dire le savoir, ce qu'on appelle dans l'Éducation nationale les connaissances et les compétences. Il en faut beaucoup, on se dise! Mais le matériau ne suffit pas; il faut l'employeur convenablement – blé mal engrangé pourrit sans être mangé! Ici intervient le deuxième moyen: la discipline. Discipline dans le travail personnel à faire pour apprendre et comprendre; discipline dans la restitution et l'utilisation des connaissances.

En somme, chers parents, Parcoursup, je ne répète pas, je répète, l'importance à court et moyen terme, n'est pas la partie émergée d'un iceberg dont il est crucial d'identifier les contours le plus tôt possible, avec les instruments plus possibles, sauf pour finir comme l'orchestre qui joue pendentif le naufrage …



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