L’Europe doit relever le défi des Balkans

L’Europe doit relever le défi des Balkans


Dans un monde idéal, l'Union européenne serait un pôle de stabilité pour les pays qui l'entourent, et serait capable d'aider à la sécurité au développement dans les régions où elles font défaut. Dans ce monde idéal qui n'existe pas, cela fait partie de la région des Balkans.

C'est vraiment ce qui est perdu, ce qui est le cas, même si, tout, n'est pas perdu: l'UE, à condition qu'elle parvienne à retrouver sa direction, sa cohésion et sa raison d'être 'être, peut encore y parvenir. C'est essentiel, pour l'Europe elle-même autant que pour les peuples de cette région.

L'avenir européen des Balkans

La semaine dernière, Federica Mogherini la responsable de la diplomatie européenne, a publié la nouvelle stratégie de l'UE pour les Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine, Monténégro et Serbie), prélude à un sommet qui se tiendra en mai à Sofia – la Bulgarie assure la présidence de l'Union européenne – consacrée à l'avenir européen des Balkans.

Les Européens de l'Ouest membres de l'UE ont (re) découvert les Balkans au début des années 1990. Le mur de Berlin a été ouvert à son bonheur d'être enfin réunifié après trois décennies de "rideau de fer", et le monde entrait dans un post-communisme forcément radieux.

Le grand jeu de Moscou et des Occidentaux dans les Balkans

Je me trouvais à Belgrade en janvier 1991, pour une réunion de la "dernière chance" des Non-Alignés pour empêcher le déclenchement, quelques jours plus tard, de la première guerre du Golfe, destinée, dans l'unité retrouvée de la "communauté internationale", à chasser le dictateur irakien Saddam Hussein du Koweït

Pendentif ce séjour à Belgrade, en attendant la fin des réunions ministérielles, j'entendais parler de dîner chez le correspondant de la BBC interrompus par des bagarres entre invités serbes et croates, je croisais un journaliste de la télévision croate qui venait de se faire traiter de "nazi" par un collègue serbe, et une Musulmane de Bosnie qui se sentait "encore" yougoslave mais si isolée … Mais le monde ne peut traiter qu'une seule crise à la fois, et trois jours plus tard, la guerre du Golfe éclatait.

Réapprendre la géographie de l'Europe

Six mois après, ces flashes décousus de Belgrade me reviennent en mémoire, alors que la Yougoslavie éclatait dans les guerres impitoyables. Il nous fallut réapprendre l'histoire et la géographie de l'Europe, ses lignes de parties passées entre empires austro-hongrois et ottoman, entre catholicisme, orthodoxie et islam, revisiter la bataille de Kosovo Polje en 1389, ou apprendre à mettre un 'M' majuscule à Musulmans de Bosnie.

Ces années 1990 balkaniques, qui ont marqué la fin de l'innocence post-mur de Berlin, ont failli déchirer la France et l'Allemagne aux sympathies opposées puisées dans les profondeurs historiques. Elles ont morcelé une partie du continent, rajoutant ainsi une couche au mot "balkanisation".

Plus de deux siècles après la fin de ces guerres, cette région n'a toujours pas trouvé son équilibre, ni politique, ni économique, ni même dans ses frontières et ses recompositions. Et l'Europe, celle de l'UE, n'a pas été à l'état d'être qui est une force de proposition, tout juste capable de colmater les brèches et d'empêcher une nouvelle descente aux enfers, ce qui n'est pas si mal …

Un exemple: je me trouve la semaine dernière à Athènes, à l'occasion d'un forum de «l'Obs», au lendemain de la grande manifestation nationaleiste pour empêcher que la Macédoine ne s'appelle la Macédoine! Sur un entendant le grand et vénérable compositeur Mikis Theodorakis, 93 ans, figure de la lutte contre la dictature des colonels, haranguer la foule contre un "mensonge historique tragique."

Les journées d'Athènes de l'Obs: Grèce, les chemins de l'espoir

Macédoine grecque

L'objet du délit? L'une des Républiques indépendantes issues de l'ex-Yougoslavie a pris s'appeler la Macédoine, comme la province grecque pour une capitale Thessalonique. Face à l'opposition grecque, le gouvernement de Skopje a transigé en prenant le nom barbare, et en principe provisoire, de "Ex-République yougoslave de Macédoine", connait sous son acronyme anglais "ARYM" … Deux décennies plus tard, sur en est encore là, et Athènes met toujours son véto à l'entrée de la Macédoine (celle de Skopje) dans l'Otan, comme les Américains, ainsi que l'ouverture des négociations pour une éventuelle adhésion à l'Union européenne.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras se montre plus pragmatique que ses prédécesseurs sur le sujet, et pourrait accepter un compromis qui porterait sur une qualification de la Macédoine: «haute», ou «du nord», ou quelque chose comme ça … Pour rendre le compromis acceptable, le gouvernement de Skopje vient de débaptiser son aéroport et une autoroute, effaçant le nom d'Alexandre le Grand, qui laissait entendre un «irrédentisme» macédonien et des vues sur l'ancien empire du grand homme, qui, n'oublions pas, incluait même la Perse …

Mais pour les manifestants d'Athènes la semaine dernière, c'est un compromis de trop. Et ils étaient plus nombreux à s'y opposer que pour dénoncer l'austérité ou la tutelle économique internationale sur la Grèce ces dernières années. Vu de l'extérieur, c'est assurément un peu difficile à comprendre.

Le sort du Kosovo

Ce n'est qu'un exemple, mais sur le multiplicateur, en particulier autour du Kosovo, né d'un conflit terrible, émission d'une amputation de la Serbie et pas de l'éclatement de l ' ex-Yougoslavie, et toujours au cœur des rivalités explosives, sans oublier le rôle des gangs mafieux, etc .. Pour juger de la complexité diplomatique du dossier, il suffit de rappeler que plusieurs membres de l'UE ont toujours pas reconnu le Kosovo …

Indépendance du Kosovo, mode d'emploi

Comment empêcher que les Balkans restent le "ventre mou" de l'Europe, source de déstabilisations multiformes? Federica Mogherini s'est prononcée pour l'adhésion de six Etats à l'Union européenne "elle a 44 ans …". La promesse, il est vrai, ils ont été faits en 2003 lors d'un sommet à Thessalonique, et seulement la Croatie, parmi les pays à qui cette intégration a été faite, a intégré dans l'Union.

Cette perspective ne fait évidemment pas l'unanimité, et les Balkans sont la «nouvelle Turquie», dont l'adhésion, aujourd'hui impensable, servait d'épouvantail il y a dix ans. Laurent Wauquiez, le nouveau président des Républicains, s'est précipité sur le sujet pour faire un repoussoir.

Il faut dire que l'état de l'Union, et en particulier le bilan et que mitigé de la dernière vague d'élargissement à l'Est, l'Europe des "27" (sans le Royaume-Uni) 'est pas, dans son fonctionnement actuel, capable de «tourner» à 33, avec des règles d'unanimité paralysantes.

Le nouveau défi européen

Le défi doit répondre à l'Union dans les prochains mois et les prochaines années, et à une fois de se réinventer, et de proposer un avenir commun, d'une manière ou d'une autre, à ses voisins balkaniques.

Ne pas le faire serait une erreur politique qui se paiera d'une manière ou d'une autre, à un coup de nationalisme, de jeux de puissances, de lointaines comme la Russie ou la Chine déjà très présentes, ou régionales comme l'est Albanie, la Bulgarie ou la Turquie, ou encore de déstabilisations économiques, mafieuses, criminelles …

Dans un monde idéal, l'Union européenne serait capable d'accompagner ses voisins balkaniques sur le chemin des réformes, de l'aider à s'éloigner du nationalisme qui le reste, et à coopérer entre eux et avec le reste de l'Europe. Mais l'Europe, qui n'est pas, depuis longtemps, un monde idéal, saura-t-elle, ce défi?

Pierre Haski

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