Réforme de la SNCF (1) : premiers tirs de barrage médiatiques par Frédéric Lemaire et Pauline Perrenot

Réforme de la SNCF (1) : premiers tirs de barrage médiatiques par Frédéric Lemaire et Pauline Perrenot


Source: ACRIMED, Frédéric Lemaire et Pauline Perrenot 23-02-2018

Jeudi 15 février 2018, Édouard Philippe recevait le «Rapport sur l'avenir du transport ferroviaire» de Jean-Cyril Spinetta, ancien PDG d'Air France. Au programme de ce document, qui doit servir de base de travail pour une future loi sur les «mobilités»: mise en concurrence du rail, remise en cause du statut de cheminot, plans de départ volontaires, suppression des petites lignes jugées non rentables … Un cocktail drastique de mesures libérales qui, pour les syndicats, remettent en cause le service public ferroviaire au profit du secteur privé. Et qui n'a pas manqué de susciter l'approbation (presque) unanime des grands médias. En témoigne cet état des lieux de la presse et des journaux télévisés, premier volet d'une série sur le traitement médiatique du projet de libéralisation du rail

Spinetta, le jeudi 15 février 2018, la presse s'est emparée de la question de la libéralisation du rail préconisée par l'ancien PDG d'Air France. À commencer par le Journal du dimanche . La rédaction de l'attente d'impatience avec ce nomme … « la bataille du rail ». Une mise en scène guerrière, au mépris des salariés et mobilisés, privilégiant la personnalisation des conflits sociaux avec, d'un côté, des membres du gouvernement et de l'autre, les dirigeants syndicaux. Le JDD ne vaut donc s'empêcher d'afficher en «une» du 18 février ce qu'il perçoit comme le premier tour d'un match de catch entre Élisabeth Borne, la ministre des Transports, et Philippe Martinez:

JDD Choissiez clairement son camp. Le 17 février, il est question de la libération conditionnelle à Élisabeth Borne qui, dans une interview ponctuée de questions plus impertinentes les unes que les autres, introduit le refrain qui inonde colonnes et chaînes de télévision et de radio depuis une semaine: «" Le statu quo n'est pas possible "». En d'autres termes, c'est le grand retour de la nécessité de la réforme [ 1 ] . Au gré de l'appel des «questions-boulevard» ou des questions rhétoriques, l'interview du JDD a fait le relais du gouvernement en lui fournissant sur un plateau un pur entretien de communication. Extrait de cette effronterie journalistique:

– « Les réformes se succèdent sans résultat. Pourquoi celle que vous portez peut-elle réussir? »

– « Le rapport Spinetta va-t-il inspirer le gouvernement? »

– « Que répondez-vous au chef de la CGT, Philippe Martinez, quand il parle de" casse du service public "? »

– « Le rapport Spinetta propose un changement de statut pour SNCF Réseau, qui deviendrait une société anonyme (SA). Quel est l'intérêt? »

– « Quel est ton calendrier? »

Dans un article du même numéro intitulé «Commenter le gouvernement compte réformer la SNCF» le JDD redonne à nouveau la parole au gouvernement en toute complaisance. À l'inverse, les propos – directs ou rapportés – de la CGT et de son dirigeant, Philippe Martinez, sont accueillis plus fraîchement sous la plume du journaliste:

Le chef de la CGT Philippe Martinez a donné le ton dès vendredi (en France Inter) en dénonçant d'avance [ 2 ] une "casse sociale". Sans attendre la discussion avec le gouvernement, son syndicat à la grève pour le 22 mars – et lui-même brandit cette menace explicite : "Si les salariés de la SNCF sont en grève , il n'y a pas de train et sur ne peut plus se déplacer ". […] La mise en scène d'un face-à-face avec une CGT arc-boutée sur la défense des dispositifs (et la douleur par une partie des Français) comme des privilèges corporatistes lui déplaire. "Nous sommes face à ce qui a été diagnostiqué par le Président pendant toute la campagne: un corps intermédiaire conservateur et bloquant", souligne-t-on à l'Elysée, où un conseiller qualifie la relation avec Philippe Martinez de "dialogue poli", mais dialogue de sourds ".

La rédaction du journal dominical ne manque pas d'arguments pour légitimer la nécessité de la réforme. À partir de l'exposé de l'état de déliquescence de la SNCF (un diagnostic du reste partagé par nombre de salariés et de syndicats … qui n'en tirent pourtant pas les mêmes conclusions politiques!). Ainsi un reportage pseudo-embarqué intitulé « Pourquoi la SNCF va mal », publié le 20 février sur le site internet, dont la caricature prêterait à rire si elle n'était pas le reflet d'une vaste publication de la rédaction en faveur du rapport Spinetta [ 3 ] :

Jeudi 15 février, quai du RER C, station Pereire-Levallois. Jean-Cyril Spinetta, ancien président d'Air France, a présenté un rapport au gouvernement sur l'avenir du transport ferroviaire, annonçant la couleur. "En raison d'un incident technique survenant à la gare Porte-de-Clichy, les trains circulent en alternance sur une seule voie. Nous nous excusons de la gêne occasionnée … " Les voyageurs prennent leur patience en guettant des rames bloquées dans d'autres gares du parcours. La galère, la routine: les incidents de ce type sont innombrables sur le réseau francilien géré par la SNCF. Spinetta en donne la vraie mesure.

Sans commentaire …

Pour Le Monde ? C'est inéluctable.

Le JDD n'est pas le seul journal à acclamer les projets de libération du rail Spinetta. Le Monde a également décidé de se jeter dans la fameuse «bataille du rail». Le «journal de référence» reprend une rhétorique qui lui est chère – la réforme est «inéluctable» – et le partage d'or et de déjà les bons et les mauvais points, selon que les protagonistes sont «lucides» ou entêtés.

L'entrée en matière de l'interview de Jean-Cyril Spinetta publié le 15 février [ 4 ] donne le ton: « Pour l'auteur du rapport sur la SNCF commandé par le gouvernement, la situation est préoccupante et le système doit se réformer "dans l'intérêt de tous" ». Étonnant! … Comme le JDD Le Monde livre un entretien tout en complaisance, comme en témoigne la première question: « Comment s'approcher de trois mois d'immersion dans le ferroviaire? »

L'entrevue est suivie d'un article qui, sous couvert «de synthèse», a introduit la philosophie générale avec lequel Le monde appréhende cette grande réforme, que l'on perçoit dans les commentaires que le journaliste aux différents points du rapport:

L'heure du grand chamboule-tout l'approche pour la SNCF. Jean-Cyril Spinetta au premier ministre Edouard Philippe. Hormis les retraites, tout est sur la table et l'ensemble des mesures d'accompagnement du texte de 120 pages constituantont, si elles sont mises en œuvre, la plus grande transformation qu'ait connu le rail français depuis la création de la SNCF en 1937. […] Inéluctable l'ouverture à la concurrence est une obligation légale de la France qui est tenue de transposer dans sa loi, au plus tard à la fin de cette année, les directives européennes.

«Je-né-luc-table» vous dit Le Monde !

Un parti pris qui sera assumé sans discrétion deux jours plus tard dans l'éditorial du journal, prônant la responsabilité:

Le rapport sur l'avenir du chemin de fer est la première étape d'une réforme de la SNCF différée depuis plus de vingt ans ou bien un nouveau ballon d'essai lancé par le gouvernement avant qu 'il se résout, comme ses prédécesseurs, à reculer devant des probables mouvements sociaux ? En tout cas, le document remis le 15 février par l'ex-patron d'Air France au premier ministre décrit avec lucidité une situation que nul ne peut plus ignorer celle d ' décemment plus les moyens .

Comme à l'accoutumée, le quotidien – qui a fait la mine de découvrir l'eau tiède – l'utilisation d'un ton solennel pour justifier la suite de son argumentation: avec « nul ne peut plus ignorer » cet état de fait il faut réformer. Mais réformer selon ce que le gouvernement : il n'y a pas d'autre voie … Et de brandir l'étendard de la dette et de la dépense publique (nous y reviendrons également) comme autant d'' arguments d'autorité qui justifient qu '«il-ne-peut-être-être-autrement»:

Comment tant justifier 10,5 milliards d'euros de concours publics, alors que chaque année la dette continue de gonfler de 3 milliards? Comment cela-ci, qui a déjà atteint 46 milliards, pourrait-elle passer à 62 milliards en 2026, sans que l'on s'en aperçoive une sortie de ce cercle vicieux? Comment continuer à dépenser 1,7 milliard d'euros chaque année pour les voyageurs qui transportent seulement 2% des voyageurs? Pour résoudre cette équation devenue impossible le rapport propose deux principes de bon sens – qualité qui a justement fait cruel défaut ces derniers siècles : la «cohérence des choix publics» et la «responsabilisation» des acteurs. »

La «lu-ci-di-té» et le «bon sens» vous encore Le Monde !

Rien d'étonnant à ce que de telles évidences, mobilisées par la rhétorique d'un journalisme aux ordres, débouchent sur des ordonnances que de Louanges envers un Président qui « risque » et « ose », lui:

Emmanuel Macron prend le pari que la France de 2018 a changé et que les propositions de réforme qui ont conduit, il y a vingt-trois ans, aux fameuses «grèves par procuration » d'une partie de la population ont fini par infuser dans les esprits. C'est un pari risqué, mais s'il n'est pas tenté, c'est notre système ferroviaire qui pourrait être le grand perdant.

Rideau!

Les syndicats peuvent-ils bloquer la France?

Le Parisien n'est pas en reste, mais dans un autre registre: la crainte des mobilisations. On se souvient, au moment du mouvement de 2016 contre la loi Travail, de toute la surveillance du quotidien envers les grévistes et les manifestants. Petit piqûre de rappel en images:

Si le quotidien est plus discret, les articles qui lui sont consacrés au projet de réforme de la SNCF nous laissent désirer … que son approche n'a pas changé! En témoigne sa «une» du 20 février 2018:

La rédaction, la vision retenue par les déboires de grands bourgeois pour un héritage, réussit tout à fait bien à la pêche: « Les syndicats peuvent-ils bloquer la France? »(20 février). Une angoisse que l'on retrouve dans le papier dans les pages intérieures:

Les syndicats de cheminots ont-ils les moyens de mettre leurs menaces à exécution?

Et de poursuivre:

Les quatre organisations syndicales représentatives de l'entreprise publique – les plus dures, la CGT et le Sud-Rail, comme les plus réformistes – la CFDT et l'Unsa – ont adopté un ton martial: haro sur le gouvernement en cas d'application de ce rapport. Certaines prédisent même un nouvel automne 1995. […] Le gouvernement compte bien, en tout cas, s'appuyer sur l'opinion publique pour faire céder les cheminots. Les syndicats peuvent-ils y remédier?

Le Parisien croise les doigts … Si le journaliste cite un syndicaliste de Sud-Rail, son témoignage est contrebalancé par « un fin connaisseur des relations sociales de l'entreprise » ( sic), dont on ne connaît pas l'identité ni la profession exacte fin connaisseur »- et dont les propos sont cités en exergue [ ] 5 ] :

Certains rêvent de répéter l'histoire, mais le contexte est différent. Les cheminots avaient le soutien de l'opinion publique en 1995. Pas en 2018!

Sur le web, le ton est à l'identique. [Retour au texte intégral] «Risque maximum de conflit social à la SNCF» (6 février):

Attention, bombes sociales à la SNCF. Si vous avez prévu un voyage en train dans les prochains mois, méfiez-vous: l'agenda social 2018 de la compagnie ferroviaire s'annonce explosif et risque de déclencher des grèves d'ampleur

Le Parisien Le 1945 Le Parisien offre un bon exemple de journalisme gouvernemental ânonnant, toujours sous couvert de «rendre compte» du rapport de façon neutre, la reprise in extenso – et sans interrogation – des arguments marchands et de l'arsenal langagier néolibéral. En plus de témoigner d'une certaine obsession pour … le statut des cheminots. Florilège de citations publie deux articles:

– « tabou du sacro-saint statut des cheminots qui alourdit automatiquement la masse salariale de la SNCF 2,4% chaque année contre 2% chez un transporteur sans statut. Pour en finir avec charge supplémentaire, plusieurs scénarios sont possibles. »(Sic)

– « Les deux plus gros tabous de la SNCF vont-ils sauter ? »

– « [Le statut des cheminots est] une vraie bible sociale qui a un coût . Selon le rapport, le statut, couplé aux frais de la structure importante et à un excédent de personnel, cause "un écart potentiel de la compétitivité d'au moins 30% par rapport aux règles du marché.". »

– « Le statut sacro-saint du cheminot »

– « Le rapport insiste sur la nécessité de soulager SNCF Réseau de sa dette colossale . »

Ad libitum

Nous nous contenterons, pour le panorama de la presse écrite, de quelques exemples d'articles se joignant au concert des précédents. Aux Échos :

Nous reviendrons très prochainement sur le cas de Pascal Perri, un «expert» surexploité par les médias au cours des derniers jours …

Et à l'Opinion :

Et dans les JT? Un même concert à l'unisson!

Le jour même de la remise du rapport Spinetta, le 20h de France 2 du 15 février ouvre sur la «révolution» qui s'annonce pour la SNCF. Un premier sujet revient rapidement sur les grandes lignes du «big bang» préconisé par l'ancien patron d'Air France. Un rapport enthousiaste est consacré à l'exemple allemand de la privatisation des petites lignes.

Le journaliste évoque des trains « spacieux, modernes », une clientèle « soignée » par des sociétés privées qui réprennent même l'exploitation des lignes non rentables (par altruisme, on imaginer). Les commentaires des passagers interrogés sont unanimes, et livrent un bel échantillon de la pédagogie libérale: « quand il y a une compétition, ça marche mieux parce que chacun fait plus d'effort! Un second passager: « et comme ça les prix restants abordables voiture quand il y a un seul opérateur, il peut fixer le prix comme il l'entend ». Le journaliste: " les prix restent raisonnables, le service ne change pas ». En ce qui concerne les cheminots, explique la voix-off, c'est également le cas. Le conducteur interrogé est catégorique « il y a jamais eu de problème […] en général les conditions de travail dans le privé ne sont pas moins bonnes ».

Mais, s'émeut le journaliste – car il y a un mais – « l'Allemagne est loin d'avoir entièrement libéralisé ses chemins de fer, sur les grandes lignes la Deutsche Bahn est toujours en situation de quasi-totalité monopole ». Et d'interroger le patron d'un opérateur privé qui s'en indigne. On apprend tout de même, à la fin du reportage, que l'Etat allemand verse tous les ans 8 milliards d'euros aux régions pour subventionner les opérateurs privés, sans quoi ces derniers ne peuvent pas être louables.

Le «modèle allemand» de privatisation du rail décisif pour le succès auprès des journalistes de télévision. Le JT de TF1 du 19 février lui dédie également un reportage. Cette fois-ci, c'est la dimension comptable qui l'emporte. « La Deutsche Bahn a renoué avec les bénéfices » annonce Gilles Bouleau non sans admiration. De manière fort originale, le reportage se déroule … dans un train. Sur les vices méritoires de l'ICE [ 7 ] « un train rapide sur une ligne entièrement nouvelle ». L'ICE allemand n'est autre que l'homologue du TGV français … Mais l'information la plus importante, les résultats de la Deutsche Bahn, et ses bénéfices quatre fois supérieurs à la SNCF, « le résultat d'une mutation profonde ».

Le porte-parole de la compagnie confirmée, enthousiaste: « Notre objectif est de faire du profit […] nous devons gagner de l'argent avec nos activités commerciales ». Cependant – à la différence du reportage de France 2 – le syndicaliste interrogé évoque des conditions de travail plus difficile pour les cheminots. Enfin, apprend-on en fin de reportage, la Deutsche Bahn demeure en dessous de la SNCF pour ce qui est du nombre de passagers. En d'autres termes, la SNCF transporte plus de personnes pour moins de profit. La différence entre une logique privée et (ce qu'il reste d'une) logique de service public peut-être?

Outre l'émerveillement des journalistes de France 2 et de TF1 pour le «modèle allemand», on peut s'étonner de leur absence de curiosité pour les autres exemples de privatisation du rail. Car le modèle britannique, par exemple, est au moins tout aussi évocateur. D'autres émissions, comme C dans l'air sur France 5 ont pourtant pas manqué d'évoquer son bilan catastrophique: accidents multiples – plus de 70 morts entre 1995 et 2005 – retards fréquents, suppressions d'effectifs, coût exorbitant et particulièrement pour les passagers avec l'augmentation des prix (jusqu'à 300 € par mois pour un abonnement mensuel sur une ligne régionale contre 90 € précédemment).

Avançons une explication bienveillante quant à la cécité des journalistes de France 2 sur les problèmes posés par la libéralisation du rail: peut-être est-ce simplement qu'ils n'ont pas trouvé les bons «experts»? Car le choix des intervenants de la chaîne publique fait appel une grave question de pluralisme, voire de légitimité. Ainsi pour évoquer le «totem» du statut des cheminots les journalistes font-ils appel à Agnès Verdier-Molinié. Cette dernière est présentée comme une économiste alors que sa légitimité scientifique, ainsi que celle de l'IFRAP, le think-tank qu'elle dirige, sont contestées – comme nous les rêves dans un article précédent .

Autre exemple à l'occasion d'un reportage sur la disparition des petites lignes de chemin de fer préconisé par le rapport Spinetta. Cette fois, c'est (l'omniprésent) Pascal Perri qui est interrogé. Ancien journaliste et chef d'entreprise, titulaire d'une thèse en géographie et auteur de deux livres sur les «scandales» des monopoles d'EDF et de la SNCF, celui qui est présenté comme «économiste» livre son sempiternel message: la libéralisation est nécessaire, les petites lignes coûtent trop cher pour quelques passagers, leur suppression est justifiée et il y a le prix préférentiel des transports routiers. « Privilégier la voiture que le train, c'est ce que préconisent certains, avec un argument écologique: sur ces petites lignes régionales circulent encore des locomotives diesel » conclu la journaliste. Elle oublie de préciser que c'est précisément un argument … de Jean-Cyril Spinetta. Pour le pluralisme des «experts», sur repassera …

***

Cette revue rapide des grands journaux télévisés de grands journaux, que de nombreux grands quotidiens témoignent de l'accueil favorable, soutenant le soutien, qu'ont reçu les propositions du rapport Spinetta dans de nombreux médias. Et pourtant, ce n'est pas un début: pour rendre compte de l'intensité des «barrages» de barrage »médiatiques pour la libéralisation du rail, nous nous pencherons aussi, dans les prochains articles, sur les débats et les interviews télévisés et radiophoniques. Avec une attention toute particulière pour le rôle des «experts» qui, à l'instar de Pascal Perri, de ne pas répéter sur toutes les ondes et à toute heure le mot d'ordre: la réforme est nécessaire!
Frédéric Lemaire et Pauline Perrenot

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