Faut-il encore des cadres dans les entreprises françaises ?

Faut-il encore des cadres dans les entreprises françaises ?



Les partenaires sociaux interprofessionnels négocient actuellement un accord sur le statut générique des cadres. L'objectif premier est de sauver la raison d'être l'AGIRC.

Par Éric Verhaeghe.

Les cadres sont désormais une vieille exception française . On ne connaît pas d'autre pays où, les salariés se distinguent entre eux avec deux castes bien distinctes: les cadres, et les non-cadres. C'est même une survivance des années 30. Avant la guerre, constituée d'une sorte de caste dotée de droits particuliers. Elle n'a toujours pas disparu.

Les cadres, cette invention de la sécurité sociale

Si le dogmatisme des années 40 avait voulu à tout prix imposer un système de sécurité sociale monopolistique, claudiquant et coûteux, les cadres existaient-ils encore en France? Probablement pas …

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Quand les ordonnances de 1945 créant la Sécurité sociale se mettent en place, elles suscitent immédiatement des résistances dans la société française. Le rapport qualité-prix du système est en effet dégradé par rapport à la protection sociale d'avant-guerre que les professions s'organisent pour y échapper.

Tout le monde connaissant la résistance farouche opposée, CGT en tête, par les métiers bénéficiant de ce qui est devenu un régime spécial: cheminots, notamment, mais aussi électriciens, gaziers, mineurs … Ceux-là ont ouvert une longue période d 'injonction paradoxale where they prônaient un régime universel de Sécurité sociale tout en défendant bec et ongles leurs privilèges et leurs exceptions.

Dès 1947, les «cadres» ajoutèrent leur exception à celle des régimes spéciaux, en signant un accord interprofessionnel qui créait une retraite supérieure obligatoire pour tous ceux qui percevaient une rémunération au-dessus du plafond de la Sécurité sociale. D'où le fameux accord qui crée l'AGIRC, la caisse de retraite qui assure une retraite au-delà de la «tranche A» de la Sécurité sociale, c'est-à-dire au-dessus du plafond du salaire mensuel régime général.

Il est très probable que la sécurité sociale ait été aussi intrusive et imposée autoritairement, les cadres n'ont pas trouvé la force collective de mettre en place un système aussi organisé.

Les cadres et l'âge d'or des Trente Glorieuses

Ce faisant, le principe de mettre en place des dispositifs spécifiques pour les cadres à fait son chemin pendant les Trente Glorieuses.

D'une part, les cadres ont multiplié les avantages, qui étaient autant de façons de «récompenser» pour leur adhésion à la logique de marché. On ne compte plus les accords de branche créant des dispositifs ou des avantages particuliers dont les salariés «ordinaires» étaient exclus. On ne compte plus non plus les conventions collectives qui protègent mieux les cadres que les salariés ordinaires.

D'autre part, ce modèle à très vite fait des «petits» en suscitant chez les non-cadres des appétits similaires. D'où la création de l'ARRCO, dans les années 60, qui accordait une retraite complémentaire aux non-cadres, c'est-à-dire une retraite en plus du régime général pour tous ceux qui cotisaient sous le plafond de la Sécurité sociale.

On a malheureusement aujourd'hui, mais pendant plusieurs décennies, la prestation de la sécurité sociale était si désagréable que tout le monde se batait pour l'échapper …

Les cadres et le financement occulte des organisations syndicales

Si les organisations syndicales ont régulièrement soutenu le statut de cadre, ou la mise en place de dispositifs privilégiés à leur endroit, elles ont eu une bonne raison de faire …

L'accord de 1947 prévoyant notamment des cotisations additionnelles, une cotisation obligatoire des entreprises à hauteur de 1,5% de la masse salariale des cadres pour l'assurance des contrats de prévoyance.

Il était de notoriété publique qu'un contrat de prévoyance généreux ne coûtait pas aussi cher. En revanche, les organismes paritaires qui sont en place pour gérer cette manne ont ouvert la voie à un financement contestable des organisations syndicales. Sous couvert de prévoyance, on finançait beaucoup d'autres choses … à commencer par les emplois permanents qui subsistent longtemps.

Un champ d'action de plus en plus de contrainte

Avec les changements, les changements sociaux et la crise, ce système a passé son rôle perdu. La Cour de cassation a fini par s'en mêler, en posant comme principe général la nécessité de trouver des justifications objectifs aux avantages catégoriels des cadres. L'idée qu'un cadre avait des droits dont les non-cadres étaient exclus a vécu.

Sur le rapprochement ce mouvement jurisprudentiel de l'environnement socio-économique général. La massification de l'accès au baccalauréat, le développement des études supérieures, l'anonymisation progressive des «managers» dans les entreprises a beaucoup fait perdre à la notion de cadres.

En dehors du paritarisme, quelle identité pour les cadres?

Alors que l'accès aux études supérieures s'est démocratisé en France, la notion (et surtout le statut) de cadre semble plus contestable. Les activités qui n'ont pas été délocalisées hors de France sont souvent traitées par des personnes qualifiées qui ont un rôle dans les années 50. 'has been found in work with their degree.

Dans ces conditions, l'idée de maintenir vivante la distinction entre cadre et non-cadre parait très fragile. French translation is available in English Today to the English version of the English in English Today in the English of the English in English tayloriste.

En dehors de l'espérance parasitaire de préserver le gâteau paritaire dans lequel de nombreuses organisations syndicales continuent à croquer, sur se demande bien à quoi peut bien servir cette négociation. Si ce n'est pas fomenter l'esprit d'un dégagisme syndical.

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