Que chacun s’y mette !, par Xavier Fontanet

Que chacun s’y mette !, par Xavier Fontanet



Par Thierry Godefridi.

«Rien ne marche! Les gens simples sont rongés par la peur du chômage, les plus touchés sont matraqués d'impôt, et beaucoup s'exilent. La population dans son ensemble a perdu confiance dans ce qu'on lui raconte. »Ce constat, Xavier Fontanet le mot au début de Que chacun s'y mette! l'opuscule dans lequel il est réuni chez Odile Jacob et commenté un certain nombre de ses chroniques parues de 2013 à 2016 dans Les Echos . L'ancien patron de Beneteau et d'Essilor, professeur de stratégie à HEC, un mérite d'être clair et de ne pas se contenter de poser un verdict. Il propose aussi des pistes de réflexion et des vecteurs d'action.

Critique de Que chacun s'y mette!

Le mal est profond, diagnostique-t-il. Le poids de la sphère publique est de nature à détruire l'économie du pays tout entier. Un ensemble de réformes ne suffira pas à résoudre. Une approche radicalement différente est nécessaire. Laquelle? Remettre les entrepreneurs au cœur de l'économie. S'ils continuent à faire le travail par les charges sociales, fiscales et autres par des personnes qui ne connaissent pas et n'emploient pas le monde de l'entreprise, mais s'en méfient ou le haïssent, les entrepreneurs, «cette minorité précieuse », Se décourageront, arrêtont ou partiront.

Impôts dont la France ne détient pas le record du monde, les filles de l'impôt, défiance envers les entreprises: le sentiment est que ça va pas s'améliorer, que la France est devenue un pays et anti-mondialisation. Trop de gens et vivent à travers l'État et en dehors du marché. «Trop nombreux sont ceux qui ont jamais fait une vente de leur vie et ne comprennent pas que l'État n'est pas tout, que l'entreprise est à la base de la société et un besoin d'un écosystème favorable pour se développer. »(Steve Jobs est un contre-exemple du tout à l'État: s'il était né français, il se serait expatrié.)

Ceux qui font les lois n'ont que rarement travaillé dans une entreprise, sont peu exposés à la réalité mondiale. Un État intrinsèque trop lourd, un modèle social fondé sur l'égalitarisme et la spoliation des créateurs de valeur et d'emploi, des syndicats restés au concept de la lutte contre les classes, tout cela n'a pas la route dans un monde concurrentiel. »Ce n'est pas parce que les idées de Piketty ont eu un succès auprès de l'intelligentsia qui sont justes pour autant. D'ailleurs, partout où elles ont été appliquées, ça n'a pas été la catastrophe?

Une erreur commise par l'entrepreneur dans la société. Pourtant, il faut bien admettre que nombre d'inventions génératrices d'emplois et de progrès sont le fait d'autres audacieux ayant exercé leur imagination et pris des risques (19459016) Nassim Nicholas Taleb Peau dans le Jeu paru in English aux Belles Lettres sous le titre Jouer sa peau ). Ce sont des individus et leurs talents personnels qui sont à la base de la richesse collective. Si ces créateurs ne méritent aucune récompense, le niveau général baissera.

La justice fiscale est invoquée à titre de dépenser une minorité pour la redistribution de la richesse au plus grand nombre de joueurs. (Lire à ce sujet: Les vertus de l'inégalité de Marc De Vos.) En outre, c'est l'enseignement de l'histoire du siècle dernier et des de la pensée contemporaine, de l'autorité, des intelligents et de l'être humain, qui n'est pas capable de gérer l'infinie complexité du monde actuel.

Qui plus est, la redistribution des richesses à l'intérieur d'un pays à propos de catastrophes quand il s'agit d'un regard à l'extérieur. Peut-on en faire l'économie et se retrancher chez soi si on considère que la mondialisation a fait sortir des centaines de millions, des milliards, des personnes de la pauvreté en quelques dizaines d'années?

La concurrence de la sphère publique (57% du PIB en France), ce sont les sphères publiques des autres États, à fortiori voisins. Pour permettre à un pays de prospérer, il faut que sa sphère publique offre un même service à coût égal: c'est 48% du PIB en moyenne pour l'ensemble de l'Union européenne et 46% pour l'Allemagne (dont les 1997-1997]Gerhard Schröder, 1997, p. 100, p. 3,,,,,,,,,,,,,,,,,:,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

Les pays qui donnent aux entrepreneurs la place qui leur revient dans la société connaissent la croissance générale et le plein emploi. Xavier Fontanet cité par exemple le pays voisin de la France, où les dépenses publiques ont représenté 30% du PIB, et Singapour, un pays où il a rencontré à plusieurs reprises l'emblématique ancien Premier ministre, feu Lee Kuan Yew , et dont les dépenses publiques ne font que 20% du PIB.

Inspirons-nous des réformes internationales

Ce qui a été fait en France depuis 40 ans ne marche pas. «Soyons humbles, écrit Xavier Fontanet, et allons puiser des idées là où ça marche! »Comme la Suisse, à la démocratie directe, à la régionalisation, aux mécontents sur nos citoyens plutôt qu'à l'État, réduisons l'endettement public. Peut-être, comme elle, qui ne dispose pas de ressources naturelles, la France finira par classer trois de ses entreprises parmi les cinq plus grandes capitalisations européennes.

Quant à Singapour, la croissance ya été bien plus efficace que les politiques inspirées par le dogme de l'égalitarisme pour y éradiquer la pauvreté qui existait à la création de l'état (lire la recension de Ochtendrood en avondland de Rik Ghesquière). Xavier Fontanet rappelle ces deux leçons de Lee Kuan Yew dans Hard Truths : 1) Etablissons un climat qui motive les meilleures entreprises à venir chez nous; 2) Faisons de notre pays qui paie les costumes les meilleurs talents; 3) Ne procédons pas à la redistribution car elle-ci prive forcément les meilleurs de leur récompense, elle est la croissance et elle tire tout le monde vers le bas.

Lee Kuan Yew avait prévenu les entrepreneurs européens qu'il recevait: «Votre modèle social ne tient pas à cause de l'assentiment asiatique; l'État providence à quelque chose de pernicieux: il démotive ceux qui travaillent et encouragent un assistanat de masse. »En 14 ans, la France a perdu 42 000 millionnaires; Singapour en a gagné 46 000.

Dans l'interview il a accordé à Poppy Harlow en novembre 2016 après l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, Warren Buffett déclara qu'il y avait eu des bons hommes d'affaires qui a eu de mauvais présidents des Etats-Unis et des piètres hommes d'affaires ayant fait de bons présidents. En France et partout dans le monde où les gouvernements et les administrations regorgent des personnes qui ont jamais travaillé en entreprise, encore moins à l'international, ne doutons pas un seul instant que la sphère publique ait l'avantage, à moins qu'elle n ' entende nous condamner à une autarcie de type soviétique, à écouter des hommes tels que Xavier Fontaneut et à s'adapter, sans autre atermoiement, à la mondialisation.

Que chacun s'y mette! (Xavier Fontanet), 187 pages, Editions Odile Jacob .



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