[Frappes Syrie] Les “preuves” présentées par Le Drian : le vide comme nouveau fondement juridique à l’agression

[Frappes Syrie] Les “preuves” présentées par Le Drian : le vide comme nouveau fondement juridique à l’agression


Réaction aux frappés d'hier contre la Syrie.

Je. Des frappes illégales

Samedi 14 avril, la France a fait le nouveau choix de piétiner le droit international, déshonorant son statut de Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, et en soi son mépris pour le droit, gardien de Paix et de la Sécurité entre les nations.

Voici le communiqué de l'Élysée:

Notre Ministre des Affaires Étrangères est donc venu expliquer que cette action illégale était «légitime»:

… même si oui, le Conseil de sécurité était "bloqué" (ce qui est le cas pour la Syrie pour Israël, notez):

Sur la rappellera que l'ONU est l'organisation qui a la sortie de la Seconde guerre mondiale a mené une enquête sur l'instruction fondamentale de l'abolition de la guerre aval de son organe politique: le Conseil de sécurité.

Quoiqu'en dire les commentateurs, il n'existe pas de droit de veto, au contraire, le veto est une possibilité discrétionnaire ouverte par la Charte de San Francisco. C'est un droit. Ce Conseil de sécurité qui regroupe les pays vainqueurs, s'est rapidement divisé en deux visions du monde, celle de la France, des États-Unis et de la Grande Bretagne d'une part, celle de la Chine et de la Russie d'autre part.

Cette confrontation entre deux conceptions radicalement différentes des relations internationales qui poussent ces États à rechercher le compromis, et donc à aborder ce jeu diplomatique avec finesse et intelligence.

Pendentif la guerre froide, le Conseil de sécurité connu de longs instants de paralysie (voiture non, ce qui se passe en ce moment n'a rien d'inédit). On imagine pertinemment bien que ce qui aurait pu advenir si les responsables de l'époque avaient égoïstement décidé, comme on peut l'entendre aujourd'hui, qu'il fallait «s'affranchir du droit international» et passer outre les dispositions essentielles qui le compose ( exemple ).

Mais bon revenons à l'affaire syrienne. La France a décidé de se garder sur les vociférations irresponsables de Donald Trump:

En bref, "la communauté internationale", peu inquiétée de la légalité internationale, un encore frappé:

II. "L'évaluation nationale" du 14/04/2018

Pour justifier cette action illégale, le ministère des Affaires étrangères publie un document d'une dizaine de pages mêlant «analyses techniques d'informations de sources ouvertes» et «reçus déclassifiés obtenus par les services français»:

Comme d'habitude, la presse a rapporté la publication de cette évaluation, sans la questionner :

En première analyse (il est consultable ici ):

Il y aurait donc une quarantaine de morts. Causés par un bombardement chimique du gouvernement selon nos services de renseignements, qui le justifient ainsi:

Très bien, donc la source, ce sont des vidéos de "sites spécialisés", "la presse" et … "les réseaux sociaux".

Les taxes sont nos employés sont employés dans le matériel de renseignement de pointe.

Sur les 40 morts, 15 ans dans un seul immeuble.

Et ainsi se termine ici la partie "prouvant" la réalité de l'attaque chimique.

Reste à savoir qui serait commise.

Se terminer ici la partie "prouvant" quel camp l'a réalisé.

Oui, c'est rapide, mais bon, ils ont des "renseignements fiables". Ils peuvent donc dire qui est le responsable ( Youtube ).

Le rapport se poursuit:

En effet. Voici un résumé des opérations les deux semaines précédentes:

Donc, dans le contexte, à en croire les propos de notre gouvernement, l'armée syrienne aurait alors attaqué à l'arme chimique le 7 avril. Le moins que l'on peut dire, c'est que le cas échéant, ce serait un choix stratégique assez stupéfiant.

D'autant plus que l'armée syrienne a a gagné la bataille 5 jours plus tard …

Suite du document, avec un simple rappel des faits – qui n'insiste pas sur les points précédents:

Il va falloir justifier la logique d'une opération. Et le document semble vouloir annoncer, très confiant, des arguments de poids:

Apparemment, cela "fait sens", tactiquement et stratégiquement:

Gazer 15 personnes dans un immeuble "accélérerait" donc la conquête (qui a été déjà fulgurante).

Il est clair que c'est une bonne tactique – bon, qui a le très léger inconvénient de vous faire valoir des militaires militaires occidentaux. Frappes qui ont tendance à un peu ralentir les opérations …

Donc sur "punir" les enfants de la banlieue de Damas, priorité évidente et choix stratégique bien connu. Ce qui aurait donc pour conséquence, nous dit le document, que les "populations civiles" sont "incitées à la reddition".

Et ça, autant on parle souvent de la réédition des combattants, autant on ne parle pas assez de la " reddition des civils ".

Ainsi, en France, sur la chance d'avoir des cadors de la stratégie militaire – dignes héritiers de leurs prédécesseurs!

Sur note tout d'abord ceci. On ne peut évidemment exclure une manipulation du camp islamiste. Mais quand le rapport évoque ceci en quelques mots, il laisse supposer qu'une manipulation sous la forme d'une «manœuvre de communication» de grande ampleur; donc, que les rebelles passent à une "fausse attaque". Mais en réalité, l'hypothèse plus probable qu'ils ont monté avec peu de moyens une véritable attaque, ils ont alors été à l'armée. C'est peu probable si le gaz utilisé est complexe, mais cela serait plausible si c'était du simple chlore. Ou cette hypothèse, plus la question à réfuter, n'est même pas mentionnée …

Mais le plus important est le raisonnement central: ça ne vient pas des islamistes, voiture "on ne dispose d'aucune information" dans ce sens. Fantastique!

On doit éviter de demander si ce manque d'informations ne serait pas lié au fait que:

  1. généralement, les manipulateurs font rarement un selfie, affichés sur les réseaux sociaux;
  2. la zone en question est assiégée, et un petit peu aux mains des salafistes:

Mais bon, Le Drian semble trèèès bien renseigné sur ce qui passe dans cette zone, il doit avoir de très bons informateurs dans la zone salafiste (ah, "les petits oiseaux") …

La France accuse la Syrie de préserver un programme chimique clandestin.

Ce point est vraiment très important. Mais nous le développons dans la partie suivante.

Sait-on ce que sont les stocks d'armes chimiques de Daech hmm?

[en anglais] dans ce billet .

Rapport de la même facture, et tout aussi convainquant …

Conclusion intéressante: il y a eu une attaque "sans doute possible", et "il n'existe pas d'autre scénario plausible" une attaque par l'armée.

Et on n'est pas sûr de la substance "en l'absence de dispositifs chimiques" … (et si on ne connait pas la substance, comment savoir si elle est bien interdite?)

À vous d'en juger …

Sur notera enfin à la fin le coup de griffe à la Russie – pour le plaisir.

Le rapport se termine par deux annexes. L'image comprend 3 photos insoutenables de cadavres ("Images récupérées le 7 avril 2018 par une source également publiée sur Internet", mais non localisables ni datable telles), et une carte:

Macron jeudi dernier:

III. La non-saisie de l'OIAC

Revenons sur ce point important:

La France accuse ainsi la Syrie de préserver un programme chimique clandestin, et elle a bombardé les bâtiments suspectés d'en produire:

Rappelons que l'OIAC a déclaré en 2016 que l'arsenal chimique syrien avait été " détruit à 100% "!

Bien entendu, la Syrie aurait pu cacher une partie de son stock ou de sa reconstituer (1945)

La Convention sur l'interdiction des armes chimiques (signée à Paris en 1993).

L'OIAC le rappelant clairement :

Pourquoi la France n'a-t-elle pas saisi l'OIAC en demandant une inspection par Mise en place de la destruction des sites bombardés pour faire condamner la Syrie …

L'OIAC avait déjà été visité ou non :

Quoiqu'il en soit, l'OAIC a indiqué après les frappes que l'enquête puise pouvoir commencer (sic):

IV. Des frappes illégitimes

En conclusion, sur rappellera que nous n'avons pas pour mais de défendre le gouvernement syrien. Il est tout à fait possible qu'il y ait bien eu une attaque chimique par l'armée syrienne (avec ou sans l'accord du gouvernement) – c'est peut-être même le scénario le plus probable.

Mais, nous sommes en droit, surtout après l'expérience irakienne, de demander des preuves solides, et un minimum de transparence.

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Salle de bains, il faut rappeler qu'il n'y a pas trois pays "oints du Seigneur", qui est pour mission de bombarder où bon leur semble – d'autant qu'il y aurait des raisons de ces raisons de bombarder l'Arabie Saoudite, la Turquie, Israël …

Observons que la Chine et l'Inde (2,5 milliards d'habitants) ne se sont pas passé ce matin "tiens, bombardons la Syrie". C'est donc qu'il y a un sacré décalage entre la conception de ce «triumvirat» occidental et le reste du monde

Ainsi cette façon de faire marque une sacrée régression du droit international, sur la même plongée dans les anciennes doctrines de la " guerre juste ", archéologie de l'église catholique qui tendait à appliquer des critères moraux à la guerre pour justifier cette dernière …

Enfin, une déclaration est très claire, les trois américains ont envoyé un message très irrésistible à l'Iran et de nombreux autres pays: si vous ne voulez pas être bombardés, dotez -vous rapidement de l'arme nucléaire!



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