“Amis patrons, dites stop à vos privilèges, partagez le pouvoir et les profits !”

“Amis patrons, dites stop à vos privilèges, partagez le pouvoir et les profits !”


Un dialogue de sourds. Quand Jean Peyrelevade, ex-PDG du Crédit Lyonnais, fait partie de ses idées à Pierre Gattaz, le patron des mécènes, il se voit vite "raidir".

"Moi, jamais!", Lance le président du Medef.

De cette escarmouche entre patrons naître "Changer ou disparaître", une "adresse au patronat", paru aux éditions de l'Observatoire.

Qu'est-ce qui fait plaisir à faire Pierre Gattaz? Deux propositions plutôt révolutionnaires: instaurer une cogestion à l'allemande entre patrons et syndicats (réponse de Gattaz: "Vous nous voyez faire cela avec la CGT?"), Et établir une copropriété de l'entreprise, avec un partage plus grand des bénéfices versés aux salariés (25% du résultat net).

"Faire payer le capital"

Mais de l'opération: voir l'avènement d'une entreprise plus apaisée, devenir tout simplement un bien collectif. Bref, en finir avec les grèves et cette opposition permanente en France, entre syndicat et patronat, entre capital et travail.

Avec des titres comme «Faire payer le capital», on pourrait se demander si l'ancien banquier d'affaires ne devient pas révolutionnaire à 78 ans. Mais Peyrelevade montre quelques réserves vis-à-vis de la Révolution française, qui a fait naître une gauche "anti-patronale".

Dans la déclaration des droits de l'homme, le droit de propriété reste propre individuel. 1789 a révélé une "révolution de petits propriétaires", selon l'auteur. "A aucun moment, l'entreprise n'apparaît comme un outil collectif de propriété partagée." La Révolution ouvrait paradoxalement la voie à un nouveau patronat peu partageur, "qui restaure avec ses salariés l'effet de domination que les nobles entretenaient avec leurs paysans", regrette l'essayiste …

"Marx est bien vivant"

Jean Peyrelevade que «marx est bien vivant», et avait pas forcément tort en fustigeant le «capital mobile» du monde actuel.

Un monde où les actionnaires (ou fonds de pension) achètent et revendent des entreprises pour un profit rapide.

Un monde où l'entreprise est «une source d'enrichissement parmi d'autres», où les salariés ne disposent d'aucun pouvoir, assument tout le risque (perdre leur emploi en cas de faillite), et n'en tirent peu de bénéfices en cas de succès. "Etrange est le déséquilibre entre les parties prenantes", écrit l'ex-patron du Lyonnais …

Petite nuance cependant. Est-ce que pour mieux faire passer son message aux autres patrons? Jean Peyrelevade évoque surtout la nécessité du changement des statuts de l'entreprise pour "renouer avec les bénéfices", et regagner des parties de marché à l'étranger.

Patrons nuls

L'essai se révèle tout de même brutal pour ses "amis patrons". Extrait: "Les entrepreneurs privés ne sont pas à la hauteur du projet français". Fermez le ban.

Pour Peyrelevade, les gestionnaires de montrer tout aussi responsables du blocage dans les relations sociales que les syndicats les fermes plus. La grève, c'est aussi eux.

Commenter en sortir?

Première proposition – l'idée du livre aux yeux de l'auteur: instaurer enfin une cognition à l'allemande –

Quand il était à la tête du Lyonnais, Jean Peyrelevade a découvert qu'il était moins simple de faire exécuter ses directives dans les filiales de certains pays. Pourquoi? En Allemagne, le comité d'entreprise n'est pas présidé par le patron, mais par un représentant des salariés. C'est lui qui fixe l'ordre du jour. Le comité dispose outre-Rhin d'un droit de veto.

Bref, tout le contraire de la France, où le PDG convoque le comité, l'écoute, puis «fait à peu près tout ce qu'il veut», note Peyrelevade. Une cogestion avec les syndicats d'une véritable "économie sociale de marché", telle que présentée dans la Constitution allemande.

Deuxième proposition phare dans l'essai de Peyrelevade: tous les travailleurs d'une entreprise ont obtenu 25% du résultat net. Un quel titre? Les salariés deviendraient copropriétaires de l'entreprise, aux côtés des actionnaires, qui verraient leurs dividendes ratiboisés.

"Actuellement, l'intérêt, la participation aux vers les grandes entreprises correspondent est facultatif et peu pratiqué", rappelle Jean Peyrelevade.

Dans les motivations des grandes entreprises qui intéressent leurs employés (de 15 à 20%), l'auteur note on peut voir un "brin de paternalisme", ou une protection judicieuse contre une OPA hostile . Mais même quand il existe, le système d'intérêt reste compliqué.

Jean Peyrelevade par cette supplique:

"Messieurs du patronat, par pitié, dans votre intérêt, font preuve d'audace. c'est-à-dire que les bénéficiaires directs.
Pour cela, il faut que l'entreprise devienne explicitement un objet d'intérêt collectif, au lieu d'être géré dans le seul intérêt des actionnaires. "

Surprenant.

Ecoutez Jean Peyrelevade dans notre vidéo en tête d'article.

 Aurélien Viers "class =" img-profil "/> </figure>
</footer></div>
</pre>
<p><br />
<br /><a href=Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *