Électricité : produire « local », est-ce conforme à l’intérêt général ?

Électricité : produire « local », est-ce conforme à l’intérêt général ?



Certains Français expriment la volonté de produire et de consommer leur électricité. Pourquoi pas ? Mais est-ce compatible avec l'intérêt général?

Michel Gay et Jean Fluchère.

La volonté de se produire et de consommer l'électricité sous une tendance par une idéologie individualiste qui tendent à rejeter le «centralisé» et à survaloriser le «local» en y attachant une valeur morale

Ou, ceux qui ont les moyens d'auto-consommer faire porter les surcoûts sur la collectivité, et notamment sur les autres ménages, car cette nouvelle «mode» reposer sur une vision erronée de la production de l'électricité.

Exaltation de l'individualisme VS prix de l'électricité

En effet, le système de production actuel est centralisé, mais c'est avant tout un système de partage des moyens et aussi de secours mutuel grâce aux réseaux d'électricité. Le momentonnement des consommations permet de diviser par cinq environ la puissance nécessaire pour alimenter en permanence la totalité des consommateurs car ils n'appliquent pas tous au même instant la puissance maximale qu'ils sont sont équipés.

Le prix de l'électricité est principalement utilisé pour l'amortissement des moyens de production

La centralisation de la production, associée à des réseaux de distribution, permet donc une économie considérable d'argent en optimisant les moyens et les investissements dans l'intérêt général.

Le «consommer local» apparaît comme une exaltation de l'individualisme au détriment de l'intérêt général et de la non-réponse à l'intérêt du personnel de l'autoconsommateur avide de subventions

Une fausse autonomie en électricité coûteuse pour les autres

Sous les latitudes, le solaire photovoltaïque produit quatre fois moins en hiver (avec le besoin du plus grand). Et le stockage de l'électricité par les batteries (au plomb?) pour assurer une autonomie complète n'a aucun sens physique et économique . Les autoconsommateurs ont besoin du secours ponctuel du réseau public, soit pour soutenir l'électricité, soit pour déverser ponctuellement leur production surabondante.

Le mode de l'autoconsommation conduit à investir collectivement deux fois:

  • une première fois dans les installations locales d'autoconsommation,
  • une deuxième fois dans les réseaux publics. Ceux-ci sont capables de fournir la même puissance maximale aux autoconsommateurs. Ou, c'est un paramètre dimensionnant pour les investissements.

Plus comme le réseau public de distribution transporta moins d'électricité, le coût du transport par kilowattheure vendu et augmente l'ensemble des consommateurs, y compris les plus défavorisés.

De plus, injecter les surplus de production de silicium photovoltaïque dans le réseau public entraine des montées locales de tension et des refoulements d'électricité vers le réseau. Ce qui favorise les investissements supplémentaires et augmente les coûts.

Qui paye?

Qui paiera? Ceux qui sont responsables ou l'ensemble des consommateurs?

Et qui va assurer le réglage de la fréquence de ce réseau alors que le photovoltaïque, ni l'éolien ne peut le faire?

Les autoconsommateurs vont-ils payer le juste prix de l'usage qu'ils font des réseaux?

Plus de 80% des coûts des réseaux de distribution fixes (investissement, personnel, …) et dépendants de la quantité d'énergie qui y transite. Les dépenses du réseau doivent être égales à 80% des frais du réseau, quelle que soit l'énergie à laquelle ils sont destinés.

Les autoconsommateurs vont-ils permettre l'équitabilité au paiement des diverses taxes?

Le montant de ces taxes est actuellement proportionnel à l'électricité consommée, et non à la puissance souscrite. Si rien ne change, ils y échapperont en partie puisqu'ils soutireront moins d'énergie au réseau que les autres consommateurs.

Ou, l'impact de ces taxes (CSPE, taxes locales, CTA et TVA) représente un gros tiers d'une facture d'électricité domestique.

Est-il juste d'exonérer les autoconsommateurs (en général aisés …) du paiement d'une grande partie de ces impôts? Seront-elles reportées sur les factures des autres consommateurs (en moyenne moins aisés …)?

Intérêt personnel et intérêt général

L'intérêt personnel de l'autoconsommateur pourrait coïncider avec l'intérêt général à deux conditions:

1) Assurer une entière équité dans le paiement des charges entre les réseaux et la participation aux impôts

2) Le coût de leur installation inhérent à un double investissement dans les réseaux et les panneaux photovoltaïques (achetés à l'étranger).

Sous nos latitudes tempérées et dans les pays ayant des réseaux publics performants, l'autoconsommation n'apparait pas porteuse d'intérêt général.

Dans ces conditions:

1) Pourquoi est-elle subventionnée pour les puissances inférieures à 3 kilowatts?

2) Pourquoi ses excédents (souvent injectés en perturbant le réseau en tant que nul n'en a besoin) sont-ils rémunérés au tarif élevé de 10 c € / kWh alors que le prix du marché est d'environ 4 c € / kWh?

Au final, pourquoi ne pas laisser les autoconsommateurs prendre leur autonomie selon le principe «perturbateur – payeur» analogue à celui de «pollueur – payeur»?



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *