“Il ne faut pas rajouter de la peur” : quand Estrosi fait entrer la police à l’école

“Il ne faut pas rajouter de la peur” : quand Estrosi fait entrer la police à l’école


Nice, ce (curieux) laboratoire de sécurité. La ville la plus vidéo-surveillée de France redouble d'efforts pour tenter l'inquiétude de ses habitants, encore marqués par l'attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais

Dernière mesure en date: le lundi de l'arrivée d'un policier municipal dans trois écoles primaires de la cité azuréenne. Une expérimentation inédite en France et portée par le maire (LR) de la ville, Christian Estrosi, qui y voit un nouveau moyen de sécuriser les établissements scolaires.

"Aujourd'hui, en tête de liste des cibles de Daech, il y a les enfants et les écoles", affirme l'élu. "Ne pas admettre le principe de sanctuariser une école serait aller à l'encontre du bon sens."

Cinq mois à peine après l'attentat de Nice, le maire ultra-sécuritaire annonçait tambour battant que «chaque école publique de la ville aurait un policier dédié en uniforme, armé, qui gère toutes les problématiques de l'école pendant tout le temps scolaire ". Dans la foulée, 130 agents ont été intégrés pour ces groupes scolaires. Un recrutement ambitieux pour au final, pour l'instant, … trois postes en école.

Christian Estrosi, le repenti de la Côte

"Ils ne sont pas là pour jouer au shérif"

Autre retraite, les agents postés dans ces établissements ne seront pas forcément armés. Un rétropédalage?

"Le ministre de l'Éducation nationale qui rend la décision finale, n'a pas voulu que l'expérimentation s'effectue avec armes", précise-t-on à la mairie.

Chaque policier dispose d'un horaire d'un bureau et d'un responsable chargé de chaque matin, d'effectuer des rondes et de contrôler les entrées et les sorties de l'école. S'ajoutent à that d'autres missions surveillance and prevention: mise en place d'exercices de sécurité, surveillance par des caméras installées dans l'établissement et à l'extérieur, intervention en classe sur le harcèlement à l'école, les dangers d'Internet ou encore l'égalité homme-femme … Tout un programme.

"Les agents ne sont pas là pour jouer au shérif", souligne encore la mairie. "Leur rôle n'est pas d'intervenant à un problème entre un élève et un enseignant."

Si l'expérimentation se termine par une conclusion, elle s'étendra à d'autres établissements de la ville se portant volontaires. Le tout, avec l'accord du ministère de l'Éducation nationale.

Sur les 154 écoles que compte Nice, "une vingtaine d'entre elles" sont des villes pour accueillir un policier dans leur établissement. Parmi elles, trois ont été retenues: «une ville-centre, une dans les quartiers ouest et une autre sur les collines», souligne la mairie qui insiste sur leurs «typologies bien différentes». Pour les raisons de sécurité, le nom de ces établissements ne sera pas communiqué.

Une "mesure purement idéologique"

Une mise en place, l'initiative de convaincre tous les acteurs. Les principaux intervenants d'abord: le SDPM, premier syndicat de police municipale, dénonce «une mesure inutile, coûteuse et dangereuse». Contacté par "L'Obs", fils président, Cédric Michel, parle d'un "simple coup de com de la mairie".

"Que voulez-vous un policier municipal, sans arme, peut faire tout seul face à un terroriste armé?"

Pire, l'expérimentation risque d'être dangereuse pour l'agent en question, ce dernier étant «la première cible du terrorisme». Pour "sanctuariser l'école", le syndicat n'a pas été "préféré des policiers armés patrouillent autour des établissements scolaires".

Même inquiétude du côté des parents d'élèves. La Fédération des conseils des parents d'élèves (FCPE) des Alpes-Maritimes fustige dans un communiqué une «mesure purement idéologique et absurde coûteuse». Elle pointe aussi un possible effet pervers, imaginant que "la présence d'un policier fasse de l'école une cible à privilégier".

Un climat anxiogène pour les enfants?

Arme ou non, la vue quotidienne d'un agent en uniforme dans les couloirs de l'école risque de renforcer un sentiment d'inquiétude chez les enfants, évolent d'autres parents d'élèves

Patrick Daudé, président de l'Association des parents d'élèves de l'enseignement public des Alpes-Maritimes

"Il ne faut pas rajouter la peur à la peur", souligne-t-il, tout en précisant que, pour l'heure, l'association n'était "ni pour, ni contre".

"Nous verrons dans les faits commenter les enfants le vivent."

Enfin, la mesure s'applique aussi à convaincre du côté des enseignants. Plusieurs syndicats du primaire (CGT Educ'action, Se-Unsa …) ont déjà exprimé leurs réticences. Parmi eux, Gilles Jean, secrétaire départemental du syndicat Snuipp Alpes-Maritimes, parle d'un simple "effet d'annonce".

"Quel est l'intérêt d'avoir un policier toute la journée les yeux rivés devant un écran de surveillance?", S'interroge-t-il au téléphone, joint par "l'Obs".

Et de conclure, amer:

"La ville de Nice a beaucoup souffert, il est temps de trouver un peu de sérénité."

Pas de doute que cette initiative et cette contribution.

M.C.

 Marie Campistron "class =" img-profil "/> </figure>
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