L’entretien Bourdin – Plenel, degré supérieur de la com politique

L’entretien Bourdin – Plenel, degré supérieur de la com politique


Les premières impressions sont parfois trompeuses. Celle qui laisse le débat diffusé sur BFMTV et Mediapart sur le téléspectateur est en un mot: " Tout a changé" . Pas de décor élyséen pour ce bilan télévisé d'une première année de quinquennat, pas d'obséquiosité de la part des deux intervieweurs, un ton combatif en diable de partie et d'autre et une durée hors cadre de deux heures et demie. Et cela, c'est vrai, fait énormément de bien à l'exercice le plus boussole de la télévision. Il n'y avait personne sur les réseaux sociaux que les nostalgiques des entretiens téléguidés à l'ancienne pour regretter l'absence de cravate au cercle des journalistes, les apostrophes à " Emmanuel Macron" et non au " Président de la République "les interruptions, les formules à l'emporte-pièce -" Moi, j'ai trouvé l'argent magique " à osé ​​Jean-Jacques Bourdin en faisant allusion Une nouvelle formule du président … Pour qui en est encore, il faut se rafraichir le mémoire en l'examinant ici

l'entretien entre Emmanuel Macron et Laurent Delahousse réalisé en décembre dernier, dénonce par un certain Jean-Jacques Bourdin

Ça a séché hier soir et bien mieux dans la rue, pas dans le palais de Chaillot certes, mais dans beaucoup de villes et de campagnes françaises, l'air du temps se pare de colère. Il faut donc une nouvelle formule de l'entretien présidentiel colle mieux au pays et à ceux qui l'élément, c'est fait. Et puis, en tant que téléspectateur, on est soulagé d'entendre des questions qui ont besoin d'être écrites pour pouvoir en face des éléments de langage.

Pour autant, il ne faut pas voir le signe de l'arrivée en France des entretiens à l'anglo-saxonne – comprendre à la dure – certains observateurs s'en s'en félicitent. Tout d'abord parce que la communication de l'Elysée est absolument omniprésente dans cet exercice. Aujourd'hui, la question du protocole tient moins à la façon dont un individu s'adresse au président qu'à la façon dont s'organisent leur rencontre. Ou dans ce cas précis, qui a choisi les intervenants? Qui a déterminé le lieu de rencontre? La façon de les filmer? Comment tout cela s'est-il négocié? Si Edwy Plenel y voit une réponse à son invitation, n'oublions pas que l'entretien au palais de Chaillot ne compose que la deuxième partie de la libération présidentielle après un premier entretien, jeudi, destiné aux téléspectateurs du JT de TF1.

D'un côté, une adresse au "rat des champs" ou un moins à "l'inactif" peut être regardé à domicile en pleine semaine à la télévision à l'heure du déjeuner. Et de l'autre, a us at the "rat des villes", un homme ou une femme active et connectée peut consacrer le temps à l'actualité un dimanche soir avant de reprendre le boulot ce matin. Il y a un fort à parier que cette communication à deux publics différents avait pour objectif dans un premier temps de montrer un professeur pédagogique, capable d'expliquer ses réformes. D'où le choix de la salle de classe dans l'Orne avec l'élève-délégué de classe Pernault. Plenel et Bourdin – " nous sommes là pour porter des colères" a assuré ce dernier, " je suis votre homme" répondre Macron au milieu d'un décor majestueux avec la tour Eiffel en face. " Vous êtes pas professeur et nous sommes en dehors des élèves …" s'est défendu Edwy Plenel, en faisant une allusion habile au débat de VGE et de Mitterrand de 1981. Celui-ci avait pressenti que la faculté de Macron à asséner " ce que je veux vous faire comprendre" a fini par agacer mais il était déjà trop tard. Car pendent que les deux journalistes s'arcboutaient sur leurs questions, s'enferrant dans un bras de fer où le locataire de l'Elysée excelle, l'un et l'autre ont pu contrer la force du dispositif.

En 2018, il est triste de voir l'efficacité de certains interlocuteurs, ce n'est plus la justesse des questions qui peut l'emporter ni l'intensité du dialogue mais la mise en scène et l ' organisation du spectacle. Ou en ce domaine, c'est l'Elysée qui à la main. Dans le cadre de l'ouvrage de BFM et de Mediapart, Macron renoue avec les clans politiques que ceux-ci présentent malgré eux, la terre ferme et la gauche énervée. Le prochain combat des rédactions devrait consister à choisir ses propres. Jean-Jacques Bourdin sur BFM ce matin en invitant Edwy Plenel pour revenir sur leur soirée de la veille

Tout a changé en apparence mais pas du côté des journalistes. Pendentif que ceux-ci se griffent des mots au risque de devenir des éditorialistes vidéo et in fine de s'éloigner un peu plus du public, l'Elysée manipule, lui, des symboles. Ceux qui restent en mémoire.

 Arnaud Sagnard "class =" img-profil "/> </figure>
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