Harceleur de Cécile Duflot au tribunal : “Je ne me suis pas rendu compte”

Harceleur de Cécile Duflot au tribunal : “Je ne me suis pas rendu compte”


Stephen D. baisse la tête. "Je garde le silence", dit-il en premier lieu. Le jeune homme de 20 ans, tirage sombre, visage rond entouré d'épais cheveux noir, comparaitait ce lundi au tribunal de grande instance de Pontoise pour les appels malveillants réitérés à l'encontre de Cécile Duflot, qui se tient partie civile.

Entre le 20 novembre 2017 et le 21 mars dernier, Stephen D. a envoyé des messages puis des centaines de messages à l'ancienne ministre, via Twitter ou Instagram. Jusqu'au dépôt de plainte, leur nombre va aller crescendo.

"Vous allez envahir la vie de Mme Duflot avec des messages qui sont parfaitement clairs sur vos intentions à son égard", énonce la présidente, qui montre à l'audience une feuille remplie d'émoticônes cœurs.

Elle m'écrit quelques uns: "je t'aime Cécile", "je veux que tu fasses des câlins d'amour sous la couette", "Cécile, je t'aime", "réponds-moi , réponds-moi, je sui fou de toi "," pitié, Cécile, réponds-moi "…

270 messages en 3 jours

Pour obtenir ses coordonnées, Stephen D. appel sur le téléphone fixe du père de Cécile Duflot, prétendant très bien que celui qui dirige aujourd'hui l'ONG Oxfam France. Il contacte sa sœur, aussi. Début février, l'homme se présente au siège de la société de l'ex-députée avec un CV pour se faire embaucher. L'associé de Cécile Duflot rencontre alors "une personne non agressive mais déséquilibrée".

Sur Twitter, les envois de messages deviennent frénétiques. 270 en à peine trois jours. Cécile Duflot le bloque, il recrée un compte, "Cécile réponds-moi". Puis un troisième. Un quatrième ("Cécile je t'aime"). Un message avec lequel il a envoyé 192 messages. Mi-mars, l'ancienne ministre, par un e-mail a créé pour l'occasion, lui demande de s'arrêter ou elle s'en référera aux autorités. C'est ce qu'elle finira par faire quelques jours plus tard, le 21 mars. Dans la rue, elle croit voir quelqu'un qui suit ou fixe le bizarrement. "En état de stress important", fils médecin l'arrête trois jours.

D'une voix faible, quasi-inaudible, Stephen se défend, depuis le box:

"Je ne suis pas rendu compte de ce que lui a fait."

En audition, l'homme soutenait qu'il ne soit pas harcèlement, mais d'amour. "De la séduction, pour qu'on se rencontre, qu'on se parle … Je ne voulais pas lui faire faire du mal".

"Je voulais vraiment une relation avec elle", expliquait-il encore, dit qu'il savait "très bien" qu'elle n'était pas amoureuse de lui. "Tout ce que je connais d'elle", "ses idées et tout le monde" …. Au policier qui lui pose la question, il répond ne pas savoir "qu'elle était avec quelqu'un".

Diplômé d'un bac pro technicien géomètre-topographe, le jeune homme, courbé sur le micro du box, est en recherche d'emploi en attendant, espère-t-il, reprendre des études scientifiques. Il vit chez sa mère à Osny (Val-d'Oise). Célibataire, Stephen D. n'a jamais eu de petite-amie, précise la présidente, qui a ses déclarations:

"Je ne connais pas trop la séduction."

"Un érotomane parfait"

Le jeune homme a déjà été rappelé à l'ordre par la justice pour les faits similaires: à l'âge de 15 ans, il a été harcelé par une actrice de Plus belle la vie, Laetitia Millot; plus récemment, il a multiplié les appels de malfaiteurs en allant vers une surveillante et une ancienne professeure.

"C'est un peu compliqué, je n'ai pas envie d'en parler", dit-il à ce sujet. L'homme avait une obligation de soins lors de sa dernière condamnation, en novembre dernier, mais n'a pas encore été pris en charge.

L'expert psychiatre qui a vu n'a pas été décelé chez lui d'altération ou d'abolition de son discernement. L'homme ne délitait pas et avait la conscience du caractère malveillant de ses actes, s'accorde le procureur. Et ajouter:

"Ce n'est pas qu'il ne comprendra pas, il ne veut pas comprendre!"

"Sur un profil d'un érotomane parfait", croit le côté avocat de la partie civile. L'érotomanie est un trouble psychiatrique délirant qui provoque la conviction d'être aimé …

"Il déraille qu'il la connaît!"

La défense du prévenu apprécie peu le diagnostic. "Il ne comprend pas ce qui lui arrive!" Pour le jeune homme, «complètement à la déroute», «ce ne sont que des messages d'amour, entre guillemets», plaide une de ses avocates qui admet tout de même un «manifeste» un problème.

"Il est juste perdu avec des médecins, des psys, capable de dire tout et son contraire.

Le prévenu jette des coups d'oeil vers la fenêtre.

L'autre avocat de la défense se tourne vers Stephen après avoir répété les mots qu'il a employé en parlant de Cécile Duflot – "je voulais qu'elle me connaisse!" Elle hausse le ton: "Sauf que Stephen, vous ne connaissez pas non plus!" Et en attendant la chaise: "Il imagine, il fantasme, il déraille qu'il la connaît!"

"Je veux qu'il comprenne que ce qu'il fait est grave et qu'il aille se laver", a conclu le conseil de Cécile Duflot.

Au tribunal, Stephen D, a présenté ses excuses à la partie civile: "Si j'avais suais m'avoir causé un préjudice, j'aurais arrêté, mais j'étais à mille lieux d'en douter."

Lundi après-midi, le tribunal a condamné à 500 euros de dommages et intérêts et à six mois d'emprisonnement – une peine aménageable.

 Emilie Brouze "class =" img-profil "/> </figure>
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