Après le massacre de Gaza, l’impossible statu quo

Après le massacre de Gaza, l’impossible statu quo


Ces dernières années, une petite musique installée dans les analyses de la situation au Proche et Moyen Orient: la question palestinienne avait perdu sa " centralité "dans le monde arabe, les Palestiniens étaient les oubliés de l'histoire. Et, de fait, le gouvernement et une bonne partie des Israéliens se composant depuis des années comme si la question palestinienne n'existait plus, comme si statu quo dur éternellement.

Un bilan de guerre

Sans doute Donald Trump avait-il essentiellement des préoccupations de politique intérieure, et pas de grande vision stratégique, a décidé de faire ce à quoi ses prédécesseurs avaient renoncé pour ne pas ajouter d'huile sur un feu non éteint : le transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem avant un règlement politique définitif.

Toujours est-ce que cette décision, comme il était facile de le deviner sans être un fin connaisseur de l'Orient compliqué, a été reçu comme une provocation par les Palestiniens, débouchant sur le massacre du lundi à Gaza: 60 Palestiniens tués par des balles israéliennes, et plus de 2.200 blessés, un bilan de guerre pour une journée de protestation.

Le lundi, la question palestinienne est de nouveau à la une des journaux – le "New York Times" comme le "Washington Post" ont une photo de Gaza en ouverture, plutôt que celle de la cérémonie d ' inauguration de l'ambassade avec la fille et le président du conseil … – elle mobilise de nouveaux diplomates au Conseil de Sécurité de l'ONU, provoqué des rappels d'ambassadeurs, des communiqués virulents …

Un rapport de force en faveur d'Israël …

Et puis sans doute … rien. En tout cas dans l'immédiat, car le rapport de force est aujourd'hui aujourd'hui à l'avantage d'Israël au moment où l'état hébreu célèbre son ​​70e anniversaire et ses adversaires palestiniens commémorent celui de la Nakba le désastre de l'exode en 1948.

Israël bénéficie d'un "alignement des planètes" particulièrement favorable:

  • Une administration américaine parfaitement alignée sur ses positions, ce qui n'était pas arrivé à ce point depuis longtemps, qui vient de lui faire coup sur coup deux "cadeaux": le retrait de l'accord nucléaire iranien contre lequel le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou se battait en vain depuis sa signature en 2015, et le transfert de l'ambassade à Jérusalem
  • La principale puissance arabe sunnite, l'Arabie saoudite, plus obsédée par l'Iran que par la Palestine, est en alliance de fait avec Israël dans le "grand jeu" régional qui commence;
  • L'Egypte du maréchal Sissi, en guerre avec les frères musulmans et en guerre avec ses propres djihadistes dans le Sinaï, n'a aucune complaisance vis-à-vis du Hamas palestinien, émission de la mouvance des Frères musulmans égyptiens, maître de la bande de Gaza, et donc ayant une frontière commune avec l'Egypte;

Le gouvernement israélien se livre à un bombardement des positions iraniennes en Syrie sans rencontrer de résistance, mais même de la Russie qui a laissé faire , et une contradiction disproportionnée aux Palestiniens de Gaza qui tentait une nouvelle forme de protestation contre leur voisin

Aux Nations Unies, Washington fait la même chose que les Russes pour leur "client" syrien, c'est-à-dire leur veto pour éviter tout embarras, paralysant la seule instance légitime pour dire le droit, pour agir, pour protéger.

Mais un désastre d'image …

La seule chose qui a bougé, c'est cette petite musique sur la «disparition» du problème palestinien. Le désastre d'image pour Israël et son fils "puissance douce" a été symbolisé par ces écrans partagés, sur toutes les chaînes d'info continuent au monde, toute la journée de lundi: d'un côté, le sourire d'Ivanka, la fille de Donald Trump, dévoilant la plaque de la nouvelle ambassade, et, de l'autre, les victimes palestiniennes qui tombaient à Gaza, dont plusieurs enfants.

L'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem sur les affrontements à Gaza. (PHOTO AFP / Menahem KAHANA et AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Israël a été défendu dans le monde entier pour expliquer qu'Israël était en légitime défense, que c'est le Hamas qui est le coupable, et que l'armée de l'État a fait preuve de " retenue ", sans arriver à contrebalancer l'impact des images, la cruauté des chiffres. On ne fait pas 60 morts, face à des ennemis désarmés, en preuve de "retenue".

Pour autant, une solution n'est pas plus en vue aujourd'hui qu'avant ces événements tragiques. Nul ne peut-être penser que le sentiment national palestinien disparaître comme par enchantement, et que la résignation s'emparera un jour de ce peuple, que ce soit dans l'immense "prison à ciel ouvert" de Gaza, que dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Jérusalem-Est qui ont certainement plus d'oxygène, mais pas plus de perspective d'avenir.

Des Palestiniens sans leadership

En revanche, les Palestiniens sont aujourd'hui sans leadership représentatif et crédible, ni à Gaza où le Hamas est confronté à une population qui sait que le mouvement islamiste n'a rien à offrir en Cisjordanie où l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui est à la tête d'un souffle, et en particulier, qui vient de tirer tout seul une balle dans le pied avec sa dernière sortie.

Les Palestiniens sont des orphelins d'un leadership capable de définir une nouvelle stratégie, un nouvel objectif sur les décombres des Accords d'Oslo que rien n'est venu remplacer; they are also orphelins of a Community and the world of the world, a year of the world service des lèvres comme disent les Anglo-Saxons, c'est-à-dire, produire des mots pour les encourager sans se mouiller pour eux. Au lieu de s'en réjouir, les Israéliens et le reste du monde doivent s'en préoccuper.

Cette faiblesse palestinienne n'annonce rien de bon si aucune perspective ne vient canaliser la frustration considérable qui l'accompagne. Qui peut croire, surtout en Israël, un jeune palestinien de 20 ans, à Jabaliya ou à Naplouse, passera toute sa vie dans la résignation?

Un énième "plan de paix" au rabais

Les événements de lundi se passent pour ceux qui, en Israël et ailleurs, se réjouissent de ce rapport de force. Or ce qui n'est pas porteur du moindre espoir d'aboutir: un énième "plan de paix" au rabais concocté par les Américains alors qu'ils perdent leur crédibilité en tant que "Messieurs bons offices", et poussé par les Saoudiens qui ont fait savoir aux Palestiniens qu'ils feraient mieux de l'accepter sinon "ils la ferment" …

Il y a certes des menaces plus des tombes ailleurs, à commencer en Syrie voisine où les Israéliens et les Iraniens prennent toujours l'Iran, selon la tournure que prendront les événements après le retrait américain de l'accord nucléaire. Néanmoins, la réponse à la question palestinienne ne disparaîtra pas, même si la "centralité" de la question palestinienne peut sembler secondaire.

Pierre Haski

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