Ce n’est pas la faute de l’Europe mais la nôtre

Ce n’est pas la faute de l’Europe mais la nôtre



Réformer la France pour changer l'Europe

Nicolas Lecaussin
Un article de l ' Iref-Europe ]

À l'occasion de la journée de l'Europe sur un auteur de nombreuses politiques critiquant l'Europe pour la plupart des maux qui accablent la France. Certains (situés à droite ou à gauche de l'échiquier politique) ne demandent même pas à demander un «Frexit» selon le modèle du Brexit qui a vu la sortie du Royaume-Uni de l'Europe

Même Emmanuel Macron lors d'une interview accordée à une chaîne britannique d'un référendum en France donnant le même résultat au Royaume-Uni. Plus subtilement, mais tout aussi directement, le président français a critiqué la position allemande concernant le vertus du contrôle des dépenses budgétaires. A Aix-la-Chapelle, il est demandé «un budget européen beaucoup plus ambitieux (…) et une zone euro plus intégré, avec un budget propre» feignant d'oublier à la fin, ce sont les … Allemands qui règlent 'une addition. «En Allemagne, il ne peut y avoir un fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux», a-t-il lancé lors de la cérémonie à laquelle assistait Angela Merkel.

Contrairement au Brexit, le «Frexit» aggrave l'étatisation du pays

Le président français a délit. Ni l'Allemagne, ni l'Europe n'est responsable des malheurs de la France. Et certaines politiques qui invoquent le Brexit à la longueur de la journée que le vote des Britanniques n'était pas contre l'Europe libérale mais contre l'Europe bureaucratique. D'ailleurs, les régions britanniques ont reçu le plus d'aides européennes qui ont voté le plus important pour la sortie de l'Europe. Et celui qui a mené la campagne du Brexit – Nigel Farage – des convictions économiques tout aussi éloignées de Mme Le Pen que de Jean-Luc Mélenchon. Pendentif la campagne, il a demandé plus de libre-échange (mais sans l'Europe), des baisses d'impôts et même la suppression de l'impôt sur les successions. Connaissant les défenseurs politiques du Frexit, on peut craindre que celui-ci n'enfonce la France encore plus dans l'étatisme.

L'Europe c'est aussi plus de concurrence et plus de richesses

Car il faut reconnaître le mérite à Bruxelles: plusieurs réformes libérales et en particulier l'ouverture à la concurrence des transports, des services … D'ailleurs, si le gouvernement veut imposer une réforme à la SNCF que l'Europe l'oblige à travers l'ouverture à la concurrence du rail. Désigner l'Europe comme bouc émissaire c'est un artifice électoral qui est incrusté sur des arguments complètement erronés. Depuis 1950 et les débuts de l'Europe, grâce à la France d'autres, le PIB de notre pays est passé de 13,2 Mds d'euros à 2 300 Mds d'euros en 2017 et celui par habitant de 4 000 euros à 39 000 constantes euros. Contrairement à ce que nous avons jamais été aussi riche aujourd'hui, et en très grande partie, grâce à l'Europe. Ce n'est pas de sa faute si nos gouvernements ont réussi à réformer l'État et l'économie comme l'ont fait les autres pays. Si l'Allemagne a des excédents budgétaires et commerciaux ou si le taux de chômage des jeunes est moins élevé en France c'est parce que nos voisins ont réformé l'état et le marché du travail. Si le Royaume-Uni se porte économiquement encore très bien avec le plein emploi c'est parce qu'elle a un pouvoir Margaret Thatcher d'abord, suite Tony Blair et David Cameron. Ce dernier a supprimé 600 000 postes de fonctionnaires en quatre ans. Si la France bat le record des prélèvements obligatoires parmi les membres de l'OCDE, ce n'est pas la faute de l'Europe, ni de l'Allemagne. Si le coût du travail est plus élevé (32.8% de frais sur les salaires contre 24% en moyenne dans la zone euro) et si les propriétaires français sont les plus taxés d'Europe (69.7 Mds d'euros prélevés 13.3 Mds d'euros en Allemagne), est dû à l'incompétence et à l'incurie de nos politiques politiques.

Comme l'anti-américanisme ou l'antilibéralisme – deux sports nationaux en France – les discours anti-Europe ne font que masquer notre incapacité à voir en face nos problèmes. Cela ne veut pas dire que l'Europe n'a pas besoin de changements. Il serait bien qu'elle retrouve ses missions originelles, la défense du libre échange et de la libre circulation tout en se débureaucratisant. Mais si l'on veut changer l'Europe, il faut d'abord changer la France.

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