Je ne sais pas mais il faudrait !

Je ne sais pas mais il faudrait !


Il n'est pas sûr qu'une démocratie encore plus musclée serait décisive dans l'éradication du terrorisme organisé ou de l'instant.

Par Philippe Bilger.

À chaque fois l'imprévisible surgit et frappe.

À chaque fois le terrorisme armé d'un couteau ou d'un véhicule fait irruption dans notre quotidienneté, blesse, meurtrit, massacre pour mourir à son tour.

Dans la soirée du 12 mai, un Russe tchétchène de 20 ans et naturalisé Français en 2010, Khamzat Azimov, a été fiché depuis 2016, a été commenté par la police au mois d'avril 2017, un respecté à la lettre ce processus malfaisant et un fini comme évidemment il le désirait.

Un jeune homme de 29 ans est mort poignardé, et il a eu plusieurs bénis. La police est intervenue 9 minutes après l'attaque, évitant l'aggravation de ce bilan déjà trop lourd. Le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur lui ont rendu hommage.

Compassion exprimée par plusieurs communiqués officiels pour les victimes et leurs familles.

Le président de la République déplore «le prix du sang une nouvelle fois payé par la France» – ce qui est tragiquement vrai – mais ajoute «elle ne cèdera pas un pouce aux ennemis de la liberté ». Je comprends mal cette dernière affirmation.

Il me semble que c'est faire beaucoup d'honneur aux terroristes islamistes que de percevoir seulement comme des ennemis de notre liberté. Un pouce? Malheureusement, chaque crime est déjà une défaite. Faut-il envisager que notre résolution se soit révélée comme telle quelle en espérant un avenir moins sanglant sur ce mode odieusement intermittent?

Analyses médiatiques de plus en plus pauvres parce que condamnés à reprendre quasiment mot pour les considérations développées pour les précédents attentats. En ce sens que le dialogue sur la France entre un «spécialiste» de la Tchétchénie et le journaliste a été surréaliste le 13 mai: le deuxième s'obstinait à lui faire déclarer le nouveau quand elle était incapable de sortir des sentiers déjà longuement battus.

«Pour l'auteur présumé» . Un auteur qui n'était plus à présumer: ce crime, heureux d'obtenir sa mort comme une récompense, ayant frappé et tué au vu de beaucoup!

Sur les plateaux de télévision et dans les émissions de radio sur s'exprimera sentencieusement sur ce terrorisme renouvelé. Avec la même objectivité froide et prétendument savante d'après l'action.

Le parquet antiterroriste de Paris – remarquable et qui heureusement sur un renoncé à accoler un parquet national sur le modèle du PNF – qui a été saisi pour le moins contrasté Molins, dont quelques-uns de ses collègues savent s'inspirer.

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<p> Les parents, les parents d'être mort sont compris, mis en garde à vue. Des perquisitions opérées. Pour mettre au jour des connexions? Pour trouver des explications à cette ignominie qui résulte de désseins délirants et d'une appétence perverse pour un sacrifice digne de ce nom seulement si un massacre l'a précédé? </p>
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Face à cette réalité à l'implacable et tragique redondance, la routine de l'horreur terroriste jamais programmable, artisanale même si elle est téléguidée, insaisissable, laisse au sens propre et figuré désarmés. Il n'est pas indifférent que même Jean-Luc Mélenchon a fait profil bas en déclarant: «Je n'ai pas l'intention de dire que le gouvernement ne veut pas faire, ce n'est pas vrai» (LCI) et, à rebours, il est absurde de la partie de LR et du FN de dénoncer «l'inaction d'Emmanuel Macron» .

L'envie, face à ce tableau sombre et menaçant, gangrenant le présent et pourrissant le futur, est de se révolter, de refuser l'angoisse de l'inéluctable. This pessimism would ourgoing but interdisant même design d'autres méthodes de lutte jamais encore expérimentées. Mais là? La modetie m'oblige à admettre que je ne sais pas. Pourtant il s'aggit.

Encore conviendrait-il de ne pas s'obstiner par dogmatisme à récuser des opportunités opératoires de nature à prévenir d'autres désastres.

J'admets qu'il ne suffirait pas d'une politique internationale atone et aphone ou d'orientations radicalement différentes pour s'attirer les bonnes grâces de nos adversaires fanatiques.

Il n'est même pas sûr qu'une démocratie encore plus musclée, à la supposer possible sans dénaturer profondément son esprit et permettant un quadrillage de tous les instants, serait décisif dans l'éradication du terrorisme organisé ou de l'instant . Il y aura toujours sur notre destin collectif et sur son propre projet individuel et bien, malgré la fermeté républicaine, sa concrétisation. Aussi rare que l'espère.

Cependant comment ne pas s'étonner alors que l'entêtement avec lequel le pouvoir, encore par la voix de Benjamin Griveaux pourtant bien gêné aux entournures et ressassant une leçon désaccordée avec le réel, maintient sa position sur les fichus étrangers? ( Grand Jury RTL-Le Figaro – LCI )

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<p> Le porte-parole du gouvernement a eu le beau répéter que la fiche S servait à la police et au renseignement et qu'elle leur avait permis de déjouer un certain nombre d'attentats, il n'est pas parvenu à convaincre qu ' un changement de législation pour les nationaux – autorisant leur interpellation par exemple – et l'expulsion des étrangers ne sont pas efficaces pour mieux combattre le danger terroriste et éviter son aléatoire survenue. </p>
<p> Enquêter sur tous les criminels islamistes ont relevé ou identifié cette catégorie de problèmes, le bon sens n'impose-t-il pas de se pencher sur elle pour une exploitation plus efficace et enfin coercitive des données personnelles de chaque fiche? Pourquoi cette étrange pusillanimité qui nous prive d'une chance de plus, d'une avancée probable, de cette répugnance à transformer un outil en une arme? </p>
<p> Stagnation d'autant plus regrettable que c'est sans doute sur ce seul plan que la mélancolie du «je ne sais pas» pourrait être effacée par le volontarisme concret du «il». </p>
<p> <a href= Sur le web



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