Prix de l’essence : y a-t-il collusion ?

Prix de l’essence : y a-t-il collusion ?


Par le Minarchiste, depuis Montréal, Québec.

Paul Arcand, L'animateur de la radio matinale numéro un au Québec, fait une montagne des variations du prix de l'essence. Plus précisément, il s'insurge contre le fait que les stations augmentent leurs prix toutes les mêmes, et plus particulièrement à l'aube des longs week-ends. Selon lui, il s'agit d'une preuve de collusion dans cette industrie.

Cette perspective m'apparaît loufoque pour plusieurs raisons.

Tout d'abord, pour contrer cette stratégie, les consommateurs ont fait le plein les lundis ou mardis. C'est d'ailleurs ce que les distributeurs d'essence veulent et la principale raison pour laquelle ils adoptent ce comportement.

En train d'augmenter le prix à la fin de la semaine, où la demande est plus élevée, les distributeurs espèrent réduire les fichiers d'attente et de lisser la demande au cours de la semaine.

Quand on pense, quand le coût de revient de l'essence augmente, les stations augmentent le prix tôt ou tard. Qu'elles le fassent le lundi ou le jeudi est leur affaire, d'autant plus que dans certains cas, accompagnateur au jeudi pour hausser le prix, elles vendent à la moindre marge bénéficiaire les jours précédents. Dans ce cas, on parle plutôt de concurrence féroce pour obtenir les volumes de début de semaine, et non de collusion!

L'autre élément qui échappe au commun des mortels, incluant M. Arcand, est que, s'il y avait un manque flagrant de concurrence dans le secteur pétrolier, nous observons des comptes sur le capital anormalement exprimé. Plusieurs acteurs de cette industrie sont des entreprises transigées en bourse, dont les états financiers sont disponibles en ligne. On peut donc vérifier si c'est le cas.

J'ai fait les calculs en utilisant les résultats financiers de 2017 pour un producteur de pétrole léger de l'Ouest canadien (Whitecap Resources), une entreprise de raffinage (Valero), deux entreprises qui opèrent des stations d'essence et dépanneurs (Fuel Couche-Tard et Parkland Fuel) et une pétrolière intégrée qui combinent la production de pétrole, le raffinage et les stations d'essence (Imperial Oil, qui exploite la marque Esso au Canada).

J'ai calculé le rendement sur le capital investi de flux de trésorerie après les dépenses en capital, une mesure appelée CFROIC. Il s'agit selon moi (et plusieurs autres) de la meilleure mesure de la rentabilité du capital depuis longtemps compte des profits après investissements.

Cette mesure doit être évaluée en fonction des risques. Par exemple, les activités de production de pétrole de Whitecap sont plus efficaces que les raffinements que le raffinage et la distribution de l'essence, donc on sait s'attendre à un rendement plus élevé pour compenser.

Un rendement inférieur à 10% est généralement médiocre et inférieur au coût du capital (donc l'investissement dans une telle entreprise détruisait la richesse des actionnaires). Les taux entre 10% et 15% sont normaux, dépendamment des risques et d'où sur place dans le cycle de l'industrie. Par exemple, le taux de Whitecap doit être plus élevé lorsque le pétrole est plus cher, et moins élevé (voire négatifs) quand le pétrole est au creux.

Proposé par des brevets supérieurs ou des marques de commerce à leur apogée (surtout pour les franchiseurs), à défaut de quoi sur pourrait affirmer qu'il manque de concurrence.

En regardant les chiffres, sur la notation sans surprise que Whitecap a un rendement médiocre, ce qui est la règle dans ce qui concerne le producteur de pétrole, qui ont tendance à détruire la richesse à long terme. Même fils de cloche du côté d'Impérial et de Valero. Il semble que les producteurs et les raffineurs n'exploitent pas les consommateurs au profit de leurs actionnaires par manque de concurrence, au contraire, les consommateurs bénéficiaires des prix réduits aux actionnaires de ces entreprises.

Pour ce qui est de Parkland, la situation est un peu plus complexe avec cette entreprise beaucoup de stations d'essence commerciale, elle exploite aussi des dépanneurs sur les sites où elle vend de l'essence et aussi une entreprise de distribution de propane résidentielle et commerciale. Ceci dit, son rendement de 10,0% est convenable, sans plus.

Au niveau de l'alimentation Couche-Tard, son rendement est à peine meilleur. Voici quelques éléments à considérer au sujet de cette entreprise:

  • Il s'agit de la meilleure entreprise de cette industrie, donc sa rentabilité devrait être supérieure à la moyenne.
  • L'essence représente moins de ses profits bruts, le reste est vendu aux ventes de marchandises auprès de ses dépanneurs.
  • L'entreprise a réalisé plusieurs acquisitions de ces dernières années, ce qui lui a permis d'accroître ses économies d'échelle et son pouvoir de négociation auprès de ses fournisseurs.
  • Ses marges brutes par litre d'essence au Canada ont augmenté ces dernières années.
  • Toutefois, les dirigeants font partie de la catégorie des changements d'implantation en Amérique du Nord. On note d'ailleurs une augmentation marquée du niveau d'investissement (capex).
  • Il appertains que l'augmentation des marges brutes sur le carburant ne fait que compensent ses investissements et expriment pourquoi le rendement sur le capital investi n'a pas augmenté.

Ce graphique montre les dépenses en capital de Couche-Tard en pourcentage des revenus.

Au Québec, la Régie de l'énergie a pour mandat de surveiller le prix de l'essence pour déterminer s'il y a collusion ou comportement oligopolistique. Pour ce faire, la Régie comparer les prix exigés dans un échantillon d'essenceries à travers la province à son estimation du prix minimum estimé (PME). Ses données ne permettent pas de démontrer qu'il y a collusion ou manque de concurrence généralisée.

Ceci dit, l'an dernier, le Bureau de la Concurrence a mis au jour une forme de collusion dans l'Est de la province, en une pénalité de 17,5 M $ pour deux pétrolières. Un deuxième recours pourrait également survenir dans la région de Québec. Voir ceci .

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la loi impose un prix minimum pour l'essence au Québec, ce qui reste une entreprise telle que Costco d'être agressive sur son prix. La Régie soulignant le prix dans les quartiers à proximité immédiate d'une station d'essence Costco

Statistique Canada, Statistique Canada, Statistique Canada, Statistique Canada, Statistique Canada, Division de la statistique et de la statistique. La consolidation est prévisible dans une indutrie mature où les meilleurs ingénieurs peuvent améliorer leurs marges grâce aux économies d'échelle.

La consolidation rapporte aussi que les valeurs foncières ont beaucoup augmenté, surtout en milieu urbain. Il devient alors tentant pour un propriétaire de station-service de fermer boutique et vendre le terrain à un constructeur de condominiums. Cela s'applique évidemment à hausser un peu les marges de profit.

Conclusion

À la lumière de ces informations, il est clair que l'industrie des stations-services affiche un niveau de concurrence suffisant et n'est pas empreinte d'une collusion généralisée. Si le gouvernement souhaitait que même pour la concurrence, il pourrait commencer par la règlementation établissant un prix minimum …

Quant à Paul Arcand, s'il trouve ces choses si attrayants, il n'a pas investi ses propres épargnes dans l'industrie des stations-services et profiter de cette poule aux oeufs d'or. Mais je pense qu'il vous faut penser à deux fois.

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