Naval Group, victime de l’idéologie du « big is beautiful »

Naval Group, victime de l’idéologie du « big is beautiful »



Par Eric Verhaeghe.

Groupe de Naval, anciennement DCNS, de l'italien Fincantieri, identifié sur le dossier STX (anciennement Chantiers de l'Atlantique). L'opération, négociée en grande pompe par Bruno Le Maire et Florence Parly, pour conduire à une disparition progressive de l'opérateur français, pourtant stratégique pour la marine française. Tout cela, au nom de l'idéologie de la «taille critique» et du «grand est beau».

C'est toujours la même rengaine, imposée d'en haut par une certaine élite de la fonction publique: au nom de la critique critique, ', dit-on, aucun espoir de survivre. Chaque montre, à chaque occasion, que ces stratégies de fusion conduisent à l'inverse de résultat: au lieu de pérenniser les groupes industriels français, elles dissolvent, démembrent, et précipitent leur chute.

Mais le haut fonctionnaire français est comme un chien docile de Pavlov, il répète sans jamais se lasser, sur le ton plus dogmatique et le plus péremptoire possible (toute divergence d'opinion étant cataloguée comme «erreur» et signe d' incompétence), les imbécillités qu'il a prononcées la veille, et dont l'expérience la plus évidente lui montre qu'elle est une duperie. C'est par ces raisonnements nullissimes qu'Alstom a, par exemple, disparu corps et âme.

Groupe naval prestigieuse maison née au XVIIè siècle, et passée par différents états et tourments jusqu'à devenir DCNS (puis Naval Group en 2017) ne devrait pas échapper à cette règle ubuesque. Au nom du «grand est beau», le gouvernement français négocie son adossement à l'italien Fincantieri qui a bientôt ajouté son partenaire français en coupe règlement.

Groupe naval et illusion du leader mondial

Dès l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, le dossier Groupe naval est remonté sur le haut de la pile, dans l'embrouillamini des affaires où l'on dit depuis longtemps que le secrétaire général de l'Élysée, Alexis Kohler négociant à pied avec Fincantieri. Pour régler le problème du groupe naval, sur un éventuel antienne facile dans les salons parisiens: la France est trop petite toute seule, elle ne peut pas s'en sortir, le salut passe par la constitution de géants mondiaux où les acteurs français sont forcément minoritaires.

Dès le mois de septembre 2017, c'est-à-dire quatre mois après la nomination du gouvernement, Florence Parly affirmait d'ailleurs qu'il fallait «une alliance entre les industries navales militaires française et italienne, dans le domaine des bâtiments de surface, avec l'ambition de constituer un leader mondial ». D'où la théorie de l'air »Airbus des mers» qui a suffi, dans l'esprit de certains, à justifier cette opération qui touche aux […]

Le Maire – Parly s'est déplacé à Rome début février pour claironner sur tous les toits l'intérêt de cette opération. Là encore, on reste sur la méthode: comment peut-on espérer tirer le meilleur profit d'une négociation quand on professe par avance son intention d'aboutir à tout prix, et en fixant par avance un calendrier contraignant pour aboutir (en 'espèce, juin 2018 …)?

L'alerte lancée par les syndicats dès avril 2018

On peut dire beaucoup de mal des syndicats français, et en particulier de la CGT, il n'en reste pas moins que l'intérêt des salariés est de garder leur emploi. Ou, plusieurs semaines, les délégués syndicaux du Groupe Naval [459007]

En particulier, les délégués syndicaux attirent l'attention sur le déplacement plausible en Italie de la construction de sous-marins, et sur les difficultés prévisibles pour l'entretien des navires français, qui seront partagés avec la flotte italienne. ]

«Ce rapprochement avec les Italiens est particulièrement inquiétant pour le maintien en état des opérations militaires, qui a peu de chances de récupérer l'entretien des navires italiens en France», regrettable Roland Guilcher et Erwan Coatanéa de la CGT Groupe Naval.

Sur ce point, sur le rappel du cadre français, nous nous rassurons sur le fait que, dans le cadre du rapprochement avec Fincantieri, le groupe naval ne disperse pas corps et âme, et que la marine française dispose toujours d'un chantier France pour réparer ses bateaux … Mais peut-être ces préoccupations-elles trop d'un nationalisme chauvin et populiste de l'étage …

Groupe naval évincé de certaines zones du monde

Plus préoccupant encore, Faisant partie de la famille de l'homme de faire disparaître son concurrent Groupe naval de certains marchés sensibles, comme le Brésil. Le Groupe Naval dispose néanmoins de coopérations dans ce grand pays d'Amérique du Sud. Raison de plus pour Fincantieri d'écarter un gène et de rafler quelques marchés juteux.

Autrement dit, les Italiens multiplient déjà les signaux éloquents sur le vrai sens de cet «Airbus des mers»: il s'agit d'un propos purement et simplement d'apporter l'activité des Français à un groupe italien qui neutralisent un concurrent. Pourtant, la France est membre du Conseil permanent de l'ONU, et a donc besoin d'une industrie de défense qui garantie son fils indépendant

Au nom du «grand est beau», cette dimension-là semble désormais oubliée. La France fait partie des 5 premières puissances mondiales, mais son gouvernement s'emploie à démanteler patiemment tous les attributs de puissance, pour justifier la doctrine selon laquelle nous serions plus qu'une petite puissance régionale

Emmanuel Macron Ce manque d'ambition n'empêche pourtant pas que l'histoire de ce pays a fait ses élites …

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