Après “L’Emission politique”, le bulletin de notes de Mélenchon, Wauquiez, Castaner, Faure et Le Pen

Après “L’Emission politique”, le bulletin de notes de Mélenchon, Wauquiez, Castaner, Faure et Le Pen


Léa Salamé a aimé son fils "Emission politique" aux publics en berne. Avec la recomposition politique, les bons clients font font rares, ma bonne dame! Le seul qui sort vraiment du lot, c'est Emmanuel Macron, bien sûr. Mais il est surbooké et bouleversé la télé du service public. Comment faire? Pour la première année de l'atterrissage de cet ovni à l'Elysée, la fine équipe de France 2 a proposé de réunir les cinq chefs de parti en tête au premier tour de l'élection présidentielle soit Christophe Castaner (LREM), Marine Le Pen (FN), Laurent Wauquiez (LR), Jean-Luc Mélenchon (FI) et Olivier Faure (PS).

Bon anniversaire Emmanuel! Il s'agit d'une «soirée surprise» à l'insu du principal intéressé … Mais voilà, après des semaines d'âpres négociations, le projet de débat a viré au casse-tête. Ni Christophe Castaner, seul vrai ami du président, ni Jean-Luc Mélenchon, fils pire ennemi, ont accepté de s'écharper avec les autres invités. "Quel serait mon intérêt?", Se sont interrogés, en substance, ces fâcheux qui ne désiraient pas prendre le moindre risque, Castaner redoutant d'être le souffre-douleur de la soirée et Mélenchon, craignant de devoir partager son statut précieux d'' opposant en chef.

"L'Emission politique": les ciseaux de Mélenchon, la remontée de Wauquiez, la drôle de plante de Le Pen Navrée, la chaîne à la portée d'un orateur de rattrapage. Mélenchon, Wauquiez, Castaner, Faure et Le Pen ont défilé, chacun leur tour, devant un jury composé de l'institut Léa Salamé et de l'inspecteur d'académie François Lenglet pour un gros quart d'heure d'entrevue. Seule concession: le club des cinq a accepté de poser pour une "photo de famille" au début de l'émission. Un trophée de consolation pour la France 2. D'entrée, le spectacle était assuré assuré. Et force est de constater que le résultat était bien terne.

Mélenchon en improvisation

Pour se faire pardonner, Mélenchon a bien essayé de faire le spectacle. La production a demandé à chacun des candidats de présenter un objet censé symboliser la première année du quinquennat, l'insoumis un sorti de sa poche une paire de ciseaux. "Ceux qui coupent montent, sont les plus riches, et ceux qui sont coupés baissent.", Un député le député de Marseille filant la métaphore marxiste à deux lames. Ce n'était plus "L'Emission politique" mais une démo de la maison Fiskars.

Pour le reste le tribun a voulu faire la démonstration de son bon sens populaire. Mais il s'est surtout montré brouillon et n'est pas resté au bout de ses arguments. L'ouverture à la concurrence dans les services publics? "Vous êtes tous marrons, ça vous coûte 36% de plus, le gaz." La mondialisation capitaliste n'est qu'absurdité. Et l'Amérique nous entraîne dans une impasse. Même le patron d'Auchan, il a croisé la semaine dernière à la Chambre de commerce de Moscou, à être rendu à l'évidence. Les sanctions contre la Russie ont servi à rien.

«La France n'est souveraine que si elle est indépendante», proclame Mélenchon

Contre les "parlementaires godillots" et les "écolos de comédie" de la majorité, la Méluche, toujours au bord de l'emportement, n'a que mépris. En revanche, il faut compter sur la sagesse des sénateurs pour mettre le holà à la réforme ferroviaire. Etonnant.

"Est-ce que l'homme qui dit la vérité ou l'homme du franc qui s'emporte pour séduire?", Lui demande le philosophe médiatique Raphaël Enthoven dans une interpellation enregistrée. «Il me demande si je suis un gros menteur ou un énervé., Monsieur le philosophe, un petit retour à Platon vous bien du bien», lui conseillent Mélenchon, énervé.

Plus russophile que jamais, le chef de la France Insoumise un profite de sa "carte blanche" pour appeler à la "paix dans le monde" menacée par le mouvement des américains et de leurs alliés. "Il ne faut pas être le wagon de l'Otan." L'ambassade de Russie n'a pu qu'approuver.

Wauquiez en répétition

A l'opposé de l'improvisation mélenchonienne, le chef de LR à martelé son argumentaire anti-Macron. Tout à fait «remontada», le chef de la vraie droite avance comme un bulldozer et cogne comme un marteau-piqueur. Défenseur autoproclamé «des classes moyennes qui travaillent» et des retraités matraqués par les impôts, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes s'oppose à la France des richesses, censure défendue par le président, sa France authentique et populaire des territoires.

"La droite à laquelle je crois, c'est une droite sociale", soutient-il.

Dénonçant "l'inaction du gouvernement" face au terrorisme, il "attend toujours" la réponse du président à ses propositions "d'union nationale" pour coffrer les fichés et boucler les mosquées salafistes. Pugnace, Wauquiez réplique du tac-au-tac à l'interpellation du journaliste et directeur du Théâtre de poche Philippe Tesson. Ce grand libéral l'a dépeint dans «Mélenchon de droite», sans légitimité et sans troupe, pratiquant une opposition stérile à Macron. "Un histrion des cénacles parisiens", rétorque Wauquiez qui aboutit à une ode au "retour de la France" et que "le gouvernement organise la salle de 300 imams". Pour ceux qui n'auraient pas compris?

Castaner en apesanteur

"Vigie du réel", le délégué général de la République en marche nous a présenté son cahier noir Moleskine dans lequel il a envoyé des paroles de "vrais Français", il a rencontré, a favorisé ses pérégrinations . Le Méridional n'a pas été dépensé pour répondre aux critiques de Mélenchon ou de Wauquiez

"Je suis l'invité du milieu, un t-il fait remarquer, ça tombe bien pour moi.

Homme du nouveau monde, Castaner n'a que faire des oppositions qui s'agitent en vain. Le gouvernement et la majorité "programme en œuvre pour lequel ils ont élus élus". Face à la grogne qui monte, cet apôtre d'une nouvelle religion se contente d'émettre de petits signaux. En se disant favorable au maintien de la taxe d'habitation pour les "résidences secondaires", la "tente de complaire à l'opinion de gauche". En nommant le péril "islamiste", il apparaît de rassurer l'électorat conservateur. Mais pas de "zigzag", dit-il.

Le ministre des relations avec le parlement parle couramment le Macron. En guise de conclusion, il s'oppose aux vertus de «l'émancipation» au poison de «l'allocation». De quoi faire chacun de ses contradicteurs réduits au silence dans leurs loges. "A quoi sert LREM?", Lui demande Léa Salamé. "Nous devons préparer l'après-Macron", ose Castaner. Gageons que l'argument très "disruptif" a été validé par l'Elysée.

Faure en apprentissage

Premier ministre du Parti socialiste concédé d'emblée qu'il n'est pas le plus connu des invités de la soirée. Tendu, la gorge nouée et le débit saccadé, le bizut peine à s'poser. Face au président des richesses, sa volonté de représenter «tous les autres» manifeste une grande ambition. Mais bien malin qui a comprendre, hier soir, commenter il s'emploierait à atteindre cet objectif.

Aux questions de François Lenglet qui visait les ambiguïtés des derniers occupants de Solférino, Faure a souvent choisi de "répondre à l'envers". La sélection à l'université? Faure botte en touche. Si certains étudiants bloquent les facultés et les examens, c'est par «inquiétude» à l'égard d'une réforme qui a engagé la sélection mais qui a donné les moyens de faire une classe d'âge aux meilleures filières de l' enseignement supérieur. Se joindra-t-il au grand rassemblement anti-Macron du 26 mai organisé par la France Insoumise? Il ira plutôt à la manif du 22 mai pour défendre les fonctionnaires.

Qu'on lui demande si "les richesses peuvent être utiles", il répond qu'il voudrait "une société sans pauvreté". Fuyant, Olivier Faure donne surtout l'impression de ne plus savoir à quel saint se vouer. Au moment de jouer sa carte blanche, il défend une proposition de loi sur l'introduction de la parité actionnaires-salariés au sein des conseils d'administration des entreprises. Une idée rejetée par le gouvernement. Misère!

Le Pen en convalescence

En politique, l'expérience ça compte. La polytraumatisée du débat présidentiel d'entre-deux tours, elle, un su faire parler le métier. Pour résumer une année de macronisme, la présidente du FN a exposé une Tillandsia.

«C'est une plante sans racine, elle a fait une fleur très jolie mais unique, et autour d'elle, c'est le désert», a expliqué Marine la jardinière.

Sur ne se refait pas. Les effets alternatifs de la manche et des pseudo-démonstrations, Marine Le Pen a rouvert la boutique familiale de dénonciation du péril migratoire. Il s'agit plus que jamais d'endiguer la "submersion". Pour éviter que les demandeurs d'asile ne montrent les pieds en France, la frontiste propose que fassent leurs démarches auprès des ambassades de France à l'étranger!

Mais elle s'est également rendue célèbre par une petite leçon d'économie. Chômage, commerce extérieur, dette publique … «À l'opposé de nous sur le raconte, tous les indicateurs sont au rouge», a-t-elle expliqué. La vraie solution? «Un autre modèle basé sur le patriotisme économique, le« made in France et une fiscalité allégée pour les classes moyennes ». Au lieu de quoi, Macron préfère supprimer "l'exit tax" au profit des super-richesses "qu'il connaît tous personnellement". On voit par là que sa rhétorique n'a pas évolué depuis l'élection présidentielle. Pourtant elle cite Nelson Mandela: «Je ne perds jamais, je gagne ou j'apprends. »

Les bulletins de notes

Jean-Luc Mélenchon

Rhétorique: 7/10. Se laisse entraîner par sa facilité. Un peu brouillon.

Compétences: 3/10 . Pas d'd'idées neuves. L'alignement sur Moscou est caricatural et inquiétant. Le souverainisme ne sauvera pas la France.

Laurent Wauquiez

Rhétorique: 8/10. Toujours clair et percutant dans la forme. Habile propagandiste.

Compétences: 3/10 . Persiste dans l'option droitière populaire et sécuritaire. Le discours "anti-migrants" est copié sur celui du FN

Christophe Castaner

Rhétorique: 6/10. Souriant et affable. Mise plus sur la séduction que sur la persuasion.

Compétences: 5/10 . Ne s'écarte pas d'un iota de la doxa élyséenne. N'a guère eu le temps de développer le choix de "l'an 2".

Olivier Faure

Rhétorique: 3/10. Doit faire des efforts de diction et de clarté. S'est emberlificoté dans ses réponses. Un manqué de formules pour rendre sa position.

Compétences: 4/10 . Quelle est la ligne du PS, suivez la CFDT (recommandé) ou flinguer le "président des richesses" comme Mélenchon (suicidaire)?

Marine Le Pen

Rhétorique: 6/10. Un retrouvé de l'assurance. Mais on connaît toutes les ficelles!

Compétences: 2/10 . L'obsession "migratoire" est le fonds de commerce électoral du FN depuis plus de trente ans. Le souverainisme ne sauvera pas la France.

Sylvain Courage

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