Education : Jean-Michel Blanquer publie son propre bulletin de notes

Education : Jean-Michel Blanquer publie son propre bulletin de notes


Après "L'école de la vie" (2014), puis "L'école de demain" (2016), Jean-Michel Blanquer publie ce vendredi "L'école de la confiance", chez Odile Jacob, que "l'Obs" a pu lire en exclusivité. Pas d'annonces fracassantes ou de révélations sur les coulisses du gouvernement. Le patron de l'Education nationale poursuit son plan de communication débuté il y a quatre ans.

Son premier livre – le plus étoffé et le plus personnel – lui avait permis de se positionner dans le débat public. Le deuxième, a écrit au début de la campagne présidentielle, alors que le disait plus près du candidat Juppé que le candidat Macron, dessinait un plan de gouvernement en cinq ans. Ce dernier opus, qui reprend la baseline du ministère, «Pour une école de la confiance», aurait plutôt un super dossier de presse.

Le patron de l'éducation nationale et la tenue d'un bilan de première année au gouvernement. Composé de quatre classes consacrées à chaque niveau de l'école, de trois ouvrages transversaux, de l'ouvrage égrainé venir, le tout entrecoupé de quelques anecdotes tirées de ses déplacements sur le terrain.

Au milieu de ce SAV très (très) didactique, sur un pu repérer quelques mini-annonces et quelques éclaircissements nouveaux sur les fondements de telle ou telle réforme. L'introduction offre également des développements sur la philosophie politique très (très) macroniste de ce proche du président.

La priorité au primaire

On le sait déjà, mais il répète inlassablement: la priorité des priorités du ministre, c'est le primaire. Pourquoi? Parce qu'en transmettant les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter et … respecter autrui), l'école des grands offre "l'accès à l'accès", c'est-à-dire la maîtrise des outils nécessaires pour se forger une culture d'honnête homme et acquérir les compétences nécessaires à une insertion professionnelle réussie.

Au primaire, par ailleurs, "il n'y a pas d'enfant qui ne cultive pas curieux", veut croire le ministre. Il est possible que vous agissiez «avant que la difficulté scolaire ne soit enkystée» (comprendre au collège). Bref, tout ou presque se joue avant 12 ans …. Et cela justifie un déploiement inédit de moyens avec la mise en place du CP et du CE1 à 12 élèves dans les écoles de l'éducation prioritaire

Et la maternelle obligatoire sans discontinuité

Corollaire of this priority data to young people, the minister, en accord with the president of the Republic, a decide que l'âge de la scolarité obligatoire serait abaissé à trois ans. Cette mesure est un tout petit gadget, alors que 97% des enfants sont déjà scolarisés. Mais Jean-Michel Blanquer la défense. Il y voit un avantage "symbolique" – cela montre bien que la maternelle n'est pas une garderie et ce que "prépare à la maîtrise des savoirs sans s'en rendre compte".

Ainsi un avantage "pratique": "la plupart des familles" – notamment les plus défavorisées – scolarisent leurs enfants de manière discontinue. Or ces familles ne leur transmettent pas un champion lexical suffisant. Le ministre cite notamment l'étude américaine de Betty Hart et Todd Risley («La première catastrophe») selon laquelle «à 4 ans, un enfant publié d'un milieu social défavorisé à entendre prononcer 30 millions de mots de moins qu'un enfant issu d'un milieu favorisé ".

Le discours de la méthode

Si la priorité doit être la priorité des priorités, c'est aussi et d'abord parce que l'enseignement des fondamentaux – maths et français – il n'est pas optimal. Jean-Michel Blanquer ne manque pas de rappeler que l'école française "glisse, enquête après enquête, vers les profondeurs des classements internationaux". La faute selon lui à un problème de méthode, et notamment de méthode au CP, sa grande obsession. Le ministre convoque curieusement Roland Goigoux – un chercheur pédagogue avec lequel il entretient des relations orageuses – pour souligner que «l'expérience et l'assurance professionnelle du professeur ne suffisent pas à faire de tout élève un bon lecteur» – et que "the method of learning is determante" (the method of learning is determante) – […] (19459003)

Quel est le problème de méthode que pointe le ministre? Selon lui, "trop ​​de gens" se positionneraient "contre le décodage (le ba-ba), l'exercice de mémoire, l'apprentissage explicite des règles" pour privilégier "la compréhension, l'approche globale, la découverte par soi -même ". Qui sont ces "gens"? Sont-ils nombreux ou majoritaires parmi les enseignants? Mystère.

Pour une nouvelle Renaissance

On savait que Jean-Michel Blaquer se définissait comme un néo-classique. Le voilà adepte d'une "nouvelle Renaissance". "Pour trouver l'audace et l'énergie de la prière vers l'avenir", il propose ainsi de "renouer une familiarité avec le passé". "Nous ne partons pas de rien, nous sommes assis sur les épaules des géants qui ont éclairé la voie". Au premier rang qui s'envole La Fontaine, la référence ultime du ministre, dont les Fables illustrés par Joan Sfar seront offerts à tous les petits CM2 dans quelques jours.

Blanquer compte également le paquet sur la lecture-plaisir en faisant intervenir des adultes bénévoles dans les classes et en redonnant vie aux bibliothèques scolaires. Enfin, il promet de "remuscler les programmes" pour donner à chacun les armes nécessaires à la compréhension des grands textes. Le passé simple, évacué des programmes en primaire, pour faire son grand retour.

Le collège, c'est Devoir faits

Le chapitre sur le collège est l'un des moins étoffé du livre. Il se concentre sur les faits, une expérience intéressante, mais qui concerne le temps extrascolaire. Les surdités d'inégalité entre collèges, les phénomènes de ségrégation scolaire, ou le décrochage qui prend son essor à ce moment-clé de la scolarité. Le ministre se contente de défendre son propre bilan, l'assouplissement de la mise en place de la mise en place par Najat Vallaud-Belkacem – trop directive à ses yeux – et le retour des filières d'excellence (classes bilangues, classes à horaires aménagés) 'its understanding developer in priority in the institutions moins les favorisés pour leur rendre leur attractivité.

Les questions de climat scolaire très prégnantes au collège sont traitées sous le seul angle du harcèlement dans le dernier chapitre consacré aux valeurs de la République. Seule Annonce Concrete: une loi sera votée avant la fin de l'année scolaire interdisant les téléphones portables dans l'enceinte des écoles et des collèges. Ceci afin de "proposer à nos enfants une expérience de vie, dont l'écran n'est pas le centre".

Le lycée professionnel, l'autre priorité

Voilà qui est nouveau. Jean-Michel Blanquer annonce qu'il a fait le dernier – le plus mal-aimé – sa priorité. La focalisation des médias sur la réforme du bac l'un peu éclipsé, mais une réforme ambitieuse de l'enseignement professionnel un bien été lancé à l'automne dernier. Le ministre entend faire en sorte que y vienne, "quel que soit le niveau du collège, parce que l'on est intéressé par un sujet porteur, concret, une pédagogie active", et prend exemple sur le modèle suisse, 65 % des jeunes de 15 à 20 ans sont en apprentissage.

Pour redorer le blason du pro, il faut lancer un grand dépoussiérage des formations (pour le rapprochement des besoins des branches professionnelles qui a eu le principal sur le cursus) et de leur appellation (fini la chaudronnerie – "Il faut passer de l'image de Cetautomatix à celle d'Airbus "). Des rapprochements seront opérés entre lycées, Centres de formation des apprentis et formations supérieures pour créer de grands campus professionnels. Sur un hâte de voir ça.

Le bac est mort, vive le bac!

Les professeurs, démunis ou passeurs de feu?

Le ministre entretient une relation ambiguë avec les enseignants à qui il dédie ce livre. Il y a ces professeurs qui sont «démissionnés et en souffrance», et en tout état de cause «assister clarté et soutien de l'institution». Mais il y a aussi – "et en même temps" – ces "passeurs de feu" qui ont "la passion de ce qu'ils transmettent et de la manière dont ils le transmettent". Ou encore ces professionnels impeccables et autonomes ne chante pas les louanges après chacune de ses visites.

D'une page à l'autre, la vision du corps enseignant change ainsi le tour au tout, et le ton employé à son endroit où vous. On pourrait supposer que le ministre fait une distinction entre les enseignants du premier degré, il transmet les instructions très précises sur la manière de faire cours, instructions reprises dans les annexes du livre, et ceux du secondaire, dont il parle somme toute très peu (comme si la pédagogie était une question … secondaire). A moins que cela soit une savante tactique d'ancien prof – mêlant carotte et bâton – pour passer outre les blocages corporatistes et obtenir une modification des pratiques enseignantes.

La petite leçon de Blanquer vue par les profs: "Un peu condescendant et méprisant"

L'éducation, foyer ardent du macronisme …

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron présente l'éducation comme le premier ministre de sa future présidence. Excessif? Pas de tout, répond Blanquer, dans la longue – et très conceptuelle – introduction à son livre. Pour lui il est "indispensable d'avoir à l'esprit que l'éducation constitue l'axe majeur de la politique sociale de l'Etat". Pourquoi? Car "that cancer to the Roots against the Weight of the Determination" and "has been to the learning of their potential potentialities." Sauce Macron: Avant de panser, assister, redistribuer, la puissance publique doit égaliser les chances pour que chacun puisse accéder à la réussite individuelle

Le macronisme par ailleurs se veut un nouvel humanisme à même de réenchanter notre vieille République, menacée par les fondements et l'individualisme techniciste. Le président aime parler de sa spiritualité laïque. Jean-Michel Blanquer, en parfait disciple, lui a emboîté le pas. Avec une inspiration quasi gaullienne, il écrit: «La France est une force éclairée qui va et l'école est son foyer, nous devons réchauffer notre idéal et refondre notre conception de la République». Professeur, tu sais aussi où tu vas!

Gurvan Le Guellec et Charlotte Cieslinski

"Construisons ensemble l'école de la confiance", de Jean-Michel Blanquer Odile Jacob, 240 p.

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