Trump, fossoyeur du multilatéralisme et de la paix, par Guillaume Berlat

Trump, fossoyeur du multilatéralisme et de la paix, par Guillaume Berlat


                    

Source: Proche et Moyen Orient, Guillaume Berlat 14-05-2018

« L es accords authentiques sont les accords en arrière-pensées» déclarait Paul Valéry. Le droit de conciliation entre les opposants et les signataires. Ils représentent un point d'équilibre instable qui suppose la bonne foi de tous les participants pour être pérennes. Ils sont toujours une partie de dit, parfois plus importante que la première. L'accord conclu le 14 juillet 2015 à Vienne entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Iran ne déroge pas à la règle. L'échange de l'arrêt de ses activités nucléaires à caractère militaire sous le contrôle strict de l'AIEA, Téhéran à la levée progressif des sanctions qui lui était exigé plus d'une décennie 1 C'est ce que les juristes qualifient de contrat synallagmatique, accord qui prévoit une obligation réciproque entre les parties.

Lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche (8 mai 2018), Donald Trump – fidèle à sa promesse de campagne – annonce de la retraite américaine de Vienne (« dévastateur, terrible, pas Aucun commentaire n'a été publié pour le moment. [traduction] ») et la signature du décret, renforçant les sanctions contre l'Iran 2 . Cette importante décision unilatérale doit être mieux définie à quatre niveaux: américain, européen, français et moyen-oriental.

DIKTAT ET MÉPRIS DES USAGES INTERNATIONAUX

La décision de retrait de l'accord nucléaire iranien prix par le président américain doit être appréhendée dans sa dimension conjoncturelle et tactique mais, aussi et surtout, dans sa dimension structurelle et stratégique.

Une décision à la dimension conjoncturelle et tactique

Bien que ne soit pas une surprise, l'annonce faite par Donald Trump le 8 mai 2018 – avec les encouragements du trio de faucons (secrétaire d'État, conseiller national à la sécurité et la directrice de la CIA) 3 de va-t-en-guerre 4 – is lourde of consequences in the days and weeks weeks. Sur un plan juridique, elle met en évidence le peu de cas qui présagent les États-Unis aux accords internationaux et qui négocient et concluent. Ce faisant, cette pratique est porteuse d'insécurité juridique, ouvrant la voie à toutes les possibilités de dénonciation de traités pour des raisons diverses et variées à ceux qui ne s'enregistrent plus. Elle a rencontré le principe Pacta sunt servanda (les conventions obligent).

Sur un plan géopolitique, elle ouvre une période d'insécurité grave au Moyen-Orient où elle est bien passée au moment où Washington va prendre son ambassade de Jérusalem et où le premier ministre israélien multiplie les opérations punitives contre les contingents iraniens en Syrie et leurs installations (missiles) comme le fut le 10 mai 2018 5 . Elle renforce l'axe sunnite, détruit son fils, égoïsme et lieu de contribuer à l'apaisement indispensable, facteur de paix et de sécurité internationale. Tout ceci n'augure rien de bon pour la suite!

Il est vrai que les Américains excellent dans le rôle du pyromane partout où ils passent (Afghanistan, Irak …) sans que ses dirigeants ne se retrouvent jamais dans les geôles de la cour pénale internationale à La Haye en compagnie de Laurent Gbagbo autres tortionnaires de l'ex-Yougoslavie. Donald Trump est un excellent apprenti sorcier, un pyromane de haute volée. Sur le plan économique, Donald Trump joue à plein « l'Amérique Première » en anglais les sociétés américaines au détriment de leurs concurrentes européennes menacées de lourdes amendes en cas de commerce avec le paria iranien. Le monde la position globale de Donald Trump est marqué au niveau d'une grande cohérence 6 . Il veut dynamiter l'ordre international multilatéral 7 .

Une décision à dimension structurelle et stratégique

Donald Trump à la curieuse manie de faire ce qu'il dit. Ce qui semble désorienter ses interlocuteurs étrangers accoutumés à renier leur engagement de campagne électorale. Après le retrait de l'accord sur le climat (environnement) et l'accord de libre-échange transpacifique ou TPP (commerce), c'est au tour de l'accord nucléaire iranien (non-prolifération) de passer sous les fourches caudines du magnat de l'immobilier new-yorkais. Cette décision a rencontré le système imaginé en 1945 par les participants à la Conférence de San Francisco qui débouche sur l'adoption de la Charte de l'ONU, véritable bible de la gouvernance internationale. Ou, c'est bien cet édifice imaginé par les Américains que ces derniers malencontreusement joyeusement aux pieds. A la paix par le droit d'hier, ils choisissent aujourd'hui la paix par la force. Dans ces conditions, comment condamner sérieusement les velléités chinoises et régionales de mieux contrôler leur étranger proche (Crimée, Ukraine pour Moscou), voire lointain (Syrie pour Moscou)?

On ne peut exiger d'autrui l'exemplarité tout en s'en exonerant. Dans le contexte, comment réagir que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un ne s'entoure-t-il pas de toutes les garanties plus fort que jamais (traité de non-agression) Nous verrons bien ce qui ressortira de concret de la rencontre du 12 juin 2018 à Singapour entre Donald Trump et Kim Jong-un 9 . En définitive, c'est seulement sur le temps long que sur le mesurera les effets négatifs du jour de la décision du 8 mai 2018, jour du 73 anniversaire de l'armistice de 1945, sur le régime de TNP 10 . Que reste-t-il de ce champ de ruines dans quelques années? Un grand vide juridique que nos bonnes âmes déploreront à chaudes larmes en oubliant de citer les racines du mal. Comme ce fut le cas pour la guerre en Irak de 2003 ou l'intervention hasardeuse en Libye de 2011.

Si la décision américaine n'a pas été encouragée par les membres de l'Union européenne, leur couardise légendaire l'a, à tout le moins, facilité. Faute de signaux forts avant la décision de mai 2018, Washington a compris que les 28 ne feraient rien de tangible et de concret.

COUARDISE EUROPEENE, DIPLOMATIE DE L'APLAVENTRISME

Le coup de menton de Donald Trump sonne comme une énième claque pour l'usine à gaz le mammouth bruxellois et, encore, contribuant à faire exploser en vol un projet européen déjà moribond.

Une claque au mammouth bruxellois

Imagine-t-on un seul instant si pareille décision a été prise par Vladimir Poutine? Que suppose-on entendu de la part de la cohorte européenne? Une bordure d'invectives au nom des valeurs universelles (le respect du droit, la liberté donnée, la conformité au multilatéralisme …) et d'autres plaisanteries du même acabit que défendant les 27/28 … dans les mots. Une limite de sanctions tous azimuts contre les intérêts russes. Tout cela bien évidemment en étroite coordination avec l'organisation chaperon de l'Union européenne, l'Alliance atlantique, sorte de théâtre de marionnettes dont les ficelles sont tirées à Washington. Quand les États-Unis décrètent unilatéralement les droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium en provenance de l'Union européenne, la technocratie bruxelloise se contente de quelques borborygmes, de quelques menaces sans suites. Quand les Américains se retirent de l'accord sur le climat, les Européens se contentent de regretter, de pleurer quelques larmes de crocodiles.

Quand les États-Unis se sont rencontrés devant l'extraterritorialité de la loi américaine pour les entreprises européennes (Airbus) ou nationales (Alsthom), les gardiens du temple sont d'une discrétion exemplaire 11 . Mais, aucune mesure de rétorsion n'est adoptée à l'unanimité sur proposition de la Commission européenne en charge de la défense de l'intérêt général. Rien de tout cela tant dans l'Amérique du Nord est hors du droit est est hors-la-loi. Ceci ne se discute pas par le dogme dans une religion. Oublié, le sacro-saint principe de la réciprocité qui gouverne les relations internationales. Que veux-tu répondre aux Européens à la demande iranienne de discussion en vue de garantir ses intérêts après la décision américaine de retrait de l'accord?

Comment l'Union européenne entend-elle défendre contre les sanctions les sanctions américaines frappant les entreprises qui ont continué de commercer avec l'Iran? Plusieurs grands groupes français sont concernés et Bruno Le Maire évoque le 9 mai 2018 une intimidation « pas acceptable ». Jean-Yves Le Drian va jusqu'à dire « les sanctions américaines sont inacceptables ». Nous attendons, avec le plus d'intérêt, de voir ce que sera la réponse européenne à ces violations des règles de l'OMC. Que voulez dire Allemands, Britanniques et English quand ils prétendent sauver le compromis («19459007] déterminé à préserver ») de 2015? Rien ou presque rien. Tout ceci se pose en question sur la capacité de l'Europe à se défendre 12 . Nous apprenons que la cheffe de la diplomatie européenne va bientôt les ministres des Affaires étrangères pour évoquer le sujet. Nous voici complètement rassurés …

Une explosion en vol du projet européen

Henry Kissinger, l'Europe, quel numéro de téléphone? Ce serait plutôt du genre, il n'y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé. C'est que le cabri européen cher au général de Gaulle est au plus mal. Ou en termes médicaux, le patient européen, c'est l'électro-encéphalogramme plat. Les prestations de l'Union européenne et de ses membres (Angela Merkel en tête de peloton) sur le dossier migratoire dans toutes ses composantes (uniformisation du droit d'asile, renforcement des protections extérieures à l'espace Schengen, appui aux pays) en première ligne comme l'Italie et la Grèce …) ont encore et encore la dissidence des traces chez les citoyens européens. Pour s'en convaincre, il suffit de se reporter aux résultats des élections en Allemagne, en Autriche, en Italie et en Hongrie. Le projet européen n'a plus la côte chez les ressortissants d'une Union européenne qui ne protège pas les étrangers. Il faut être rebaptisé désunion européenne ou Europe de chacun pour soi. A-t-on eu droit à une réponse unique des 27/28 condamnant vigoureusement la décision unilatérale de Washington?

Certainement pas alors que « les Européens se trouvent dans cette situation d'avoir à faire pression sur la partie qui applique l'accord à la lettre, l'Iran, pour satisfaire une partie, l'Amérique qui ne le respectait pas vraiment » 13 . L'union européenne est une fois de plus pour ce qui est, à savoir une structure molle (à l'instar des Montres molles de Salvador Dali) et surtout pour ce qu'elle n'est pas et ne sera jamais, une « Europe puissance » comme le voudrait en son temps, le général de Gaulle. Comment, dans ces conditions, peut-elle prétendre avoir une influence sur la conduite des affaires mondiales? Le seul exercice dans lequel elle excelle, c'est bien celui de la diplomatie de l'aplaventrisme. Nous sommes bien loin des rodomontades du discours de la Sorbonne sur la refondation de l'Europe déclamé avec fougue par l'homme de « L'inflexion, l'extension » 14 . Quel triste sort pour les fédérastes qui fêtent joyeusement la journée de l'Europe le 9 mai 2018 en dépit du discours du 10 mai 2018 à Aix-la-Chapelle d'un Jupiter recevant le prix Charlemagne. ! Ces bons apôtres n'ont rien compris aux demandes légitimes des citoyens du continent européens qui en assez de paroles lénifiantes et des discours à l'eau de rose. Désormais, its jugent their leaders to their their acts and place to stay to their their chères studies, when the coupe est pleine. Au lieu de dénoncer inutilement le populisme, ils gagnaient à s'attaquer aux racines du mal (et elles sont profondes) et non se contenter de répondre à ses symptômes. Ce qui revient concrètement à mettre un cautère sur une jambe de bois.

Si l'Union européenne a été humiliée dans cette affaire, ce n'est que péché comparé à l'humiliation de Jupiter malgré dépit de son agitation permanente 15 .

HUMILIATION PERSONNELLE DU PRESIDENT

Emmanuel Macron, sorte de « premier de cordée vocale » 16 ne sort pas grand de cette épopée diplomatique-comique impliqué, sans succès, faut-il le reconnaître.

Un échec brevet de la diplomatie en même temps

Emmanuel Macron n'a obtenu aucune percée diplomatique lors de sa visite aux États-Unis, sur le climat ou le commerce international. Sur le nucléaire iranien, c'est pire: il a accepté, il est aux autres Européens, le principe d'un nouvel accord exigé par Donald Trump. Au risque d'aggraver la déstabilisation du Moyen-Orient 17 . Pire encore, le président américain paie la critique de la France pour sa conduite lors des attentats du Bataclan, quelques jours après la brillante visite de Jupiter à Washington! 18 La décision définitive du président américain encore plus, qui a multiplié les coups de téléphone, les déclarations fausses viriles, quelques heures encore avant l'échéance fatidique (sur nous dit que Donald Trump lui avait donné la primeur de la décision). Nous le répétons jamais assez, la diplomatie est un exercice de longue haleine qui se pratique dans la discrétion la plus totale et demande la plus grande humilité. Rien de tout cela chez Jupiter.

Que ce soit: « la sortie de l'accord nucléaire est une erreur », si ce n'est un constat d'impuissance d'Emmanuel Macron et de toute l'équipe de jeunes loups de la promotion Senghor de l'ENA 19 dont le volatil nous conte les aventures en Macronie? 20 Que signifie « fait le choix de construire la paix au Moyen-Orient »(Cf. son discours de réception du prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle du 10 mai 2018 pour sa contribution au projet européen)? Quel crédit accordé à la diplomatie du tweet que la pratique à merveille le chef de l'État en écrivant tout et son contraire à quelques minutes d'intervalle? En effet, après ma vie, les mérites intrinsèques de l'accord du 14 juillet 2015, ma position de principe par des déclarations contradictoires du genre: « La ​​France, l'Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine »et« travailler ensemble à un accord plus grand ». Il ajoute: « Nous travaillons collectivement à un cadre plus grand, recouvrant l'activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak ».

Et de préciser: « Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu ». Bel exemple de diplomatie de l'en même temps qui discrédite celui qui conduit! Et tout cela passe au pays de René Descartes et de la logique. De qui se moque-t-on? Le succès de la diplomatie gaullo-mitterrandienne tenait à une cohérence sur le long terme et à une même distance par rapport aux évangiles de Washington.

Un échec cuisant de la diplomatie de la confusion

Le moins que l'on est entendu dire que nous avons entendu, lu, tout et le contraire de la partie des dirigeants français au cours des derniers jours. Dans ce genre de situation, pour éviter la cacophonie préjudiciable à la crédibilité de la libération conditionnelle de la France, quelques règles de bon sens s'imposent: le calme (prendre le temps de la réaction pour bien calibrer la réponse), l'unicité ( éviter le maximum que plusieurs dirigeants français s'expriment sur le même sujet comme le cas avec le président de la République, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères et la ministre des Armées), la concertation (prendre l'attaché des Allemands, ensuite salle des autres chefs d'État et de gouvernement pour donner le poids maximum à la position française), la discrétion (la courtoisie diplomatique de ses entretiens bilatéraux). Ou, rien de tout cela dans les jours, les heures précédant et faisant suite à la décision de Donald Trump.

Pendentif que Jupiter téléphone de façon pavlovienne à la planète entière et tweete de manière compulsive sur la toile, le ministre des Armées s'épanche en lieu et lieu de son collègue d'étranges affaires. Que dit la délicieuse Florence Parly, experte des questions budgétaires et de transport? Fragiliser l'accord de Vienne de 2015 sur le nucléaire iranien « un facteur d'aggravation » dans une région « très éruptive ». C'est du Coluche en moins humoristique! Et de pousser la chansonnette un peu plus avant. À l'instar de Jupiter, le ministre évoque un accord perfectible qui « doit être complété ». Quel charabia! Et de poursuivre son exercice d'enfermement de portes ouvertes: « Cet accord, c'est un accord qui permet de suspendre le programme militaire iranien … Ce n'est pas le meilleur des accords mais c'est un facteur de paix et de stabilisation dans une région très éruptive … Toute escalade qui concerne l'Iran (….) ne peut être un facteur d'aggravation d'une situation déjà très tendue … de l'accord, que les Etats-Unis et ont présenté ou pas ». Et que cette charmante personne est entourée d'une kyrielle de brillants énarques qui peuplent son cabinet qui lui ont préparé un tel salmigondis.

On comprend mieux que la voix de la France, qui devrait être portée par Jean-Yves Le Drian, est de moins en moins audible sur la scène internationale. Mais, nous apprenons que ce dernier s'est entretenu au téléphone avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif. «Il lui a rappelé la détermination de la France à préserver l'accord de Vienne. Elle continue à respecter l'ensemble de ses obligations à ce titre »selon le Quai d'Orsay. «La France invite l'Iran à ouvrir une discussion approfondie sur l'ensemble des questions relatives à la stabilité régionale. Un sujet, le ministre a rappelé la volonté du chef de l'Etat [français] de travailler à un cadre plus large incluant les activités nucléaires et le programme balistique de l'Iran ainsi que la solution des crises au Moyen- Orient ». Tout ceci est loin d'être limpide! Une chatte qui n'a pas eu ses petits comme les acrobaties linguistiques peinent à masquer l'embarras et la confusion de la diplomatie française dans une crise grave sur laquelle elle n'a aucun prix tangible et crédible. C'est le même exercice pathétique que notre lorientais désorienté reproduit le 11 mai 2018 sur BFM-TV au cours de leur alignement des platitudes et des contradictions.

Toutes ces fariboles sémantico-diplomatico-médiatiques ne doivent pas faire oublier qu'il en va de la guerre et de la paix dans l'Orient compliqué. Les premiers échanges d'amitiés guerrières entre Israël et l'Iran au-dessus du plateau du Golan du 10 mai 2018 sont là pour nous le rappeler.

GRAND BANG MOYEN-ORIENTAL ET BRUITS DE BOTTES

Après cette décision absurde aux effets dévastateurs, il importe de prendre la hauteur pour prendre toute mesure de ce qu'elle cristallise comme des suites et qui catalysent de futurs conflits.

La ​​cristallisation des haines recuites

Au lieu de créer les conditions d'une confiance indispensable pour faire baisser la tension paroxystique dans la région, la décision américaine du 8 mai 2018 exacerbe la défiance en « coagulant » les oppositions entre Chiites et Sunnites . Désormais, l'ax Riyad / Tel Aviv / Washington tient le haut du pavé et, surtout, un doigt sur la gâchette. Alors que jusqu'à présent, la réaction iranienne a été modifiée sur le plan diplomatique, elle pourrait évoluer sous la pression de plus radicaux et d'une situation économique dégradée 21 . En effet, selon l'Élysée, le président iranien «faire tout pour rester dans l'accord». Plus tôt, l'ayatollah Ali Khamenei a prévenu les Européens: l'Iran ne reste pas dans l'accord sans garanties réelles de leur part. M. Rohani a expliqué qu '« en Iran, maintenant, la pression est forte pour sortir de l'accord» et il fallait que ces garanties «que lui-même pourrait exposer au peuple iranien pour le convaincre de rester dans l'accord ».

M. Rohani ne s'est pas privé de souligner que « les États-Unis ont toujours le fond de leur foi qui ne respectaient jamais leurs engagements ». Ce qui n'est malheureusement que la stricte vérité. Nous pensions que les règles ont été une bonne fois pour toutes, toutes les étapes de la charte de l'ONU. Ou, ce n'est pas le cas. Et cela est plus problématique dans une région telle que le Proche et le Moyen-Orient où une étincelle peut mettre le feu aux poudres. Nous sommes et l'atterrissage risque d'être brutal. L'Irak ne se remet pas toujours de l'expérience de l'EIIL 22 . La fin de la guerre avec une guerre de Sept ans à laquelle nous avons et continuons de contribuer avec la présence de forces spéciales sur le terrain, et cela en toute illégalité internationale 23 .

Le Liban trié à un haut risque 24 . Le Yémen continue de plier sous les coups de boutoir de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. La Turquie se prépare à un examen. Le problème est toujours pendentif que le conflit israélo-palestinien. La Jordanie appelle à la retenue. Les pays du Golfe se tiennent, pour l'instant, à l'écart de la mêlée mais le temps de l'évolution de la situation avec préoccupation. En un mot comme en cent, la situation est explosive, plus que jamais.

La ​​catalyse de futurs conflits

Pour faire simple et réducteur, la décision de Donald Trump de se retirer de l'accord du 14 juillet 2015 créant une « rupture lourde de périls » entre l'Amérique et l'Iran 25 . Elle est de nature à relancer une dangereuse cours aux armements dans la région. L'Arabie saoudite saisit l'occasion de l'obtention de l'armement nucléaire en cas de rupture de l'accord par Téhéran. Like the a report the massive flight since 9 mai Israel against the positions iraniennes in Syrie – the israelian israel is the following Israel since 1974 -, the government Netanyahou est décidé à s'opposer à tous les moyens à la présence des bases avancées de la République islamique à ses frontières. Et l'appui spectaculaire qu'il a reçu de Donald Trump le droit à Israël pour agir pour défendre ») risque fort de ne pas l'inciter à la retenue 26 . Il est vrai que le premier ministre israélien avait annoncé la couleur avec une conférence de presse du 6 mai 2018 en mettant l'accent sur les images hégémoniques de l'Iran 27 . Les Saoudiens verraient d'un bon œil une défaite militaire iranienne pour finir avec son rival dans la région. Une recomposition géopolitique de grande envergure se prépare.

Il est trop tôt pour anticiper la direction de cette nouvelle période d'incertitude que traverse la zone proche et moyen-orientale. Le moins que l'on pourrait faire les idiots utiles des Américains serait de prendre conscience de la pathologie qui consiste à s'épargner l'autocritique. Ces belles âmes adorent plus que tout s'en prendre à Donald Trump plutôt que de balayer devant leur porte. L'angélisme est l'autre position à dénoncer par les Européens, France en tête!

« On peut porter tous les jugements qu'on veut sur les gens, les apprécier ou pas, discuter du rôle dans l'histoire, tout ça je suis d'accord. Mais il y a une choisi avec qui sur ne peut pas transiger, c'est la vérité ». Ainsi s'exprime Daniel Cordier, résistant de la première heure, secrétaire de Jean Moulin 28 . Si l'on veut bien donner la peine de dépasser le bruit de fond médiatique de nos chaînes d'abrutissement en continu et de rengaines de leurs pseudo-experts, la décision de Donald Trump doit donner matière à sérieuse réflexion tant dans le temps que dans l'espace. Une réflexion qui ne tombe pas dans le déni de la réalité, dans le bobard (« fausses nouvelles »).

Si la France veut espérer jouer un rôle utile dans le règlement d'un conflit régional qui doit impérativement passer d'une diplomatie de l'incantation et de la gesticulation stérile à une diplomatie de la réflexion qui précède action, seule diplomatie de l'espoir. Elle doit prendre sa conscience de l'entrée dans « l'ère de la brutalisation de la diplomatie » à qui nous devons absolument refuser de contribuer par une politique étrangère sans cap ni boussole. À conflit régional, réponse à dimension régionale. Rien ne sert de tenter de résoudre tel ou tel problème ponctuel! L'expérience de toutes ces conférences médiatiques des dernières années (celle sur le conflit israélo-palestinien imaginée par Laurent Fabius et mise en œuvre par Jean-Marc Ayrault, à titre d'exemple de ce qu'il ne faut surtout pas faire) amplement ne ses limites.

La France trouve sa vocation de faiseuse de paix si, comme le propose Dominique de Villepin il y a déjà plusieurs années, la convocation à Paris d'une sorte de CSCE sur le Proche-Orient et qui vise à traiter sans tabou tous les différends de cette zone. L'exercice est périlleux mais à lui seul, sur le long terme, de préparer le compromis incontournables facteurs de paix et de sécurité après le coup de poignard porté par Donald Trump à un accord en bonne et due forme parfaitement respecté par l'Iran et qui n'avait pas vocation à régler autre chose qu'un problème nucléaire!

Guillaume Berlat
14 mai 2018

1 [19459012 Jean-Marie Gonin, L'accord sur le nucléaire iranien menacé Le Figaro Magazine, 11 mai 2018, p. 34.
2 Jean-Pierre Perrin, Nucléaire iranien: Trump a choisi la ligne la plus dure www.mediapart.fr , 9 mai 2018.
3 Laure Mandeville, Les faucons washingtoniens de 2018 ne sont pas ceux de 2003Le Figaro, 11 mai 2018, p. 6.
4 Mathieu Magnaudeix, Les va-t-en-guerre américains triomphent à la Maison Blanchewww.mediapart.fr , 11 mai 2018.
5 Cyrille Louis, Escalade inédite entre Israël et IranLe Figaro, 11 mai 2018, p. 6.
6 Gilles Paris, Trump ou l’illusion de la cohérenceLe Monde, 10-11 mai 2018, p. 4.
7 Pascal Boniface, Trump déclenche la plus grave crise de l’Alliance AtlantiqueLe Blog de Pascal Boniface, www.mediapart.fr , 11 mai 2018.
8 Guillaume Berlat, Corée-Iran : deux bombes, deux mesures !www.prochetmoyen-orient.ch , 7 mai 2018.
9 Frédéric O.Jardias, Corées : la revanche des espions, www.mediapart.fr , 11 mai 2018.
10 Sylvie Kauffmann, Guerres et paix, Le Monde, 10-11 mai 2018, p. 22.
11 Daniel Fortin, Les États-Unis et l’abus de droitLes Échos, 11-12 mai 2018, p. 11.
12 François Nicoullaud, Iran, la capacité de l’Europe à se défendre remise en questionwww.liberation.fr , 9 mai 2018, tribune reprise sur son blog www.nicoullaud.blogspot.fr intitulé à contre-courants.
13 Michel Duclos, Préparons une sortie en douceur des AméricainsLe Monde, 8 mai 2018, p. 20.
14 Erik Emptaz, Inflexion, extension !, Le Canard enchaîné, 9 mai 2018, p. 1.
15 Marc Semo, Un échec et un défi pour Macron et les EuropéensLe Monde, 10-11 mai 2018, p. 4.
16 F.P., Premier de cordée vocaleLe Canard enchaîné, 9 mai 2018, p. 1.
17 René Backmann, Nucléaire iranien : la reculade de Macron face à Trumpwww.mediapart.fr , 28 avril 2018.
18 D.F., Un tueur fou à la Maison-BlancheLe Canard enchaîné, 9 mai 2018, p. 8.
19 Mathieu Larnaudie, Les jeunes gensGrasset, 2018.
20 Anne-Sophie Mercier, Promotion « Senghor ». L’énarque et ses flèchesLe Canard enchaîné, 9 mai 2018, p. 7.
21 Louis Imbert/Marie de Vergès, L’économie iranienne se prépare au scénario du pireLe Monde, Économie & Entreprise, 10-11 mai 2018, p. 3.
22 Hélène Sallon, Les milices chiites, forces montantes de la politique irakienneLe Monde, 9 mai 2018, p. 3.
23 Nathalie Guibert/Allan Kaval, En Syrie, la guerre très spéciale de la FranceLe Monde, 9 mai 2018, pp. 1-2-3.
24 Éditorial, Liban : un scrutin à haut risqueLe Monde, 9 mai 2018, p. 22.
25 Trump et l’Iran : une rupture lourde de périlsLe Monde, 10-11 mai 22018, p. 1.
26 René Backmann, Escalade militaire au Moyen-Orient. Netanyahou a les mains libres face à l’Iranwww.mediapart.fr , 10 mai 2018.
27 Piotr Smolar, Israël en croisade contre l’accord avec l’IranLe Monde, 8 mai 2018, p. 2.
28 Daniel Cordier, « Il faut être optimiste », Le Monde, 10-11 mai 2018, pp. 12-13.

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Source : Proche & Moyen Orient, Guillaume Berlat14-05-2018

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