José Bové : “La nouvelle PAC sera bien moins respectueuse de l’environnement”

José Bové : “La nouvelle PAC sera bien moins respectueuse de l’environnement”


Entre les budgets et la réforme de la mise en œuvre, la politique agricole commune (PAC), la plus ancienne de l'Union, qui sera dévoilé vendredi 1er juin, risque d'être marqué par des baisses de financement drastiques et une renationalisation. L'eurodéputé José Bové à l'alarme.

La ​​politique agricole commune qui se dessine en ce moment à Bruxelles vous inquiète-t-elle?

Nous provisons le texte final de la Commission que demain, vendredi 1er juin. Mais les fuites que nos avions se confirment: la nouvelle PAC sera bien moins respectueuse de l'environnement et nous sommes toujours dans la même logique d'ouverture des marchés et de renationalisation de la PAC.

Je suis aussi très inquiet de voir que le politique agricole est de moins en moins commune: chacun état sa propre logique interne et nous tournons petit à petit le dos à quarante ans de construction européenne. Car l'oublions pas, l'agriculture était l'outil principal de cette construction. La renationalisation de la PAC ouvre la voie aux petites guerres entre les Etats. À partir de là, tout partie en vrille. Il faut que la France s'oppose à cette nouvelle PAC!

Devant le Sénat, Nicolas Hulot plaide pour une PAC verte

En ce qui concerne le budget, il est en baisse, et pas seulement à cause de la sortie de la Grande-Bretagne. Le commissaire européen a annoncé qu'il baisserait de 5%, passant de 408 milliards d'euros à 365 milliards d'euros. Ces chiffres sont mis en évidence: la baisse de la PAC pour 12% pour la période 2021-2027. Et pour le deuxième pilier, celui qui concerne le développement durable, elle atteindrait 25%. Clairement, la défense de la biodiversité n'est pas la priorité.

Quelle est la position de la France dans ce contexte?

Je viens d'apprendre que la France organise en urgence une réunion ce jeudi avec l'Italie, l'Irlande, l'Espagne, le Portugal et la Finlande, pour soutenir aux propositions de la Commission et au budget de la PAC tel qu'il se dessine. Je n'en sais pas plus pour l'instant mais c'est un bon signal.

Il faut savoir que les mesures financières sont très différentes selon qu'on fait partie, en gros, des 15 pays de l'Ouest, ou des 12 de l'Est. Là il y a une vraie fracture. Le rééquilibrage des aides vers plus d'harmonisation mais nous ne arrivons pas avant le milieu des années 2030. Salle de bains, le rééquilibrage entre les paysans se dépend des Etats.

Stéphane Le Foll [ministre de l’agriculture sous François Hollande, NDLR] avait choisi de pousser les zones d'élevage par rapport aux zones céréalières. D'autres pays ont agi en ce sens. En fait, les politiques agricoles des États sont un patchwork un vrai. Ce sont des jeux de pouvoirs, de lobbying, sans réelle vision européenne. Et le modèle dominant, en France comme ailleurs, reste le modèle agro-industriel. Aucun pays ne déroge à cette règle.

Les élections européennes ont eu lieu dans un, le 26 mai 2019. Renégocier le PAC avant les élections pour la période 2021-2027 est-il compliqué?

Oui! Je trouve même cela scandaleux. Je l'ai dit au Parlement. Mettre en place à la fois le budget pluriannuel et la politique commune avant les élections de 2019 est aberrant. Si cela se produit, quel sens aura la campagne électorale de 2019? Tout aura déjà été décidé et les candidats aux élections pourront dire ce qu'ils veulent, cela ne changea rien! Cela ne me concerne plus voiture à 66 ans, il est temps que je prenne ma retraite.

Mais sept ans, les députés n'ont pas de prix sur le budget. C'est un énorme risque démocratique. On the best of the adventures of the Great Britain [du Brexit, NDLR] et sur la tente de l'électeur avant mai 2019 en promettant pas à brûler les étapes . Si tout se passe comme prévu, les propositions sont arrivées en juin et pourraient demander au Parlement d'électeur en mars à toute vitesse ….

Il s'agit du calendrier du calendrier?

Oui! Le travail sur la nouvelle PAC doit absolument être le fait d'un nouveau Parlement. La France peut refuser de rentrer dans cette dynamique dangereuse pour la démocratie. Elle peut dire stop. Il n'est pas question de voter une nouvelle PAC avant les élections européennes!

Emmanuel Macron était alors cohérent dans la défense de l'Europe, dans la ligne de ses discours à La Sorbonne ou à Athènes. Certains pays peuvent suivre. Le risque, si l'on verrouille tout débat avant les élections, c'est d'encourager un peu plus la montée des eurosceptiques, voire des souverainistes. Ils ont beau jeu du Parlement européen est un parlement troufion, le perroquet des Etats. Et non ça doit être: le représentant des citoyens européens avec une dynamique propre.

Propos recueillis par Corine Bouchouchi

 Corinne Bouchouchi "class =" img-profil "/> </figure>
</footer></div>
</pre>
<p><br />
<br /><a href=Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *