Formation professionnelle : Pénicaud malheureusement loin du compte

Formation professionnelle : Pénicaud malheureusement loin du compte



Par Éric Verhaeghe.

Dans la problématique du chômage en France, la question de la formation professionnelle prend une place de plus en plus sensible. La persistance d'un en France pose en effet question, et c'est probablement un phénomène complexe que nous sommes confrontés – complexe au sens où plusieurs facteurs d'explication interviennent pour éclairer sa compréhension, loin Des solutions pour faire les mêmes les politiques aiment parfois se raccrocher.

N'en déplaisent pas à ceux qui font face à un problème moral où des gentils chômeurs victimes du grand capital subissent une condition indigne d'une démocratie moderne.

Le niveau des allocations pose-t-il problème?

Il existe un tabou dans les «milieux sociaux» sur le lien entre le système et le chômage. En France, l'indemnisation est plutôt longue et à un niveau relativement élevé. Elle est, pour simplifier, à 57% du salaire, avec un minimum proche du SMIC mensuel. Cette somme est versée pendante deux ans au maximum, sans dégressivité.

Dans la pratique, il est devenu impossible d'interroger l'impact de ce mode de rémunération sur le chômage de masse. La susceptibilité des «partenaires sociaux» sur cette question est immense.

Pourtant, on peut envisager un travail précaire payé au SMIC et une indemnisation par le chômage, beaucoup de profils. Le système d'indemnisation permet cette solution de «fortune»: un salarié qui a travaillé quatre mois à quatre mois d'indemnisation. Dans la pratique, ce système offre un revenu net plus important au chômeur payé à l'employé à temps partiel payé au SMIC

Il n'y a pas de commentaire moral ou stigmatisante. C'est un simple calcul de rationalité économique. Dans de nombreux cas, la France a créé une préférence pour le chômage.

Les défaillances du système scolaire au centre du jeu

Parallèlement, l'école publique en France, très important de l'échec scolaire qui constitue probablement la plus grande injustice sociale de ce pays, sur lequel les bienveillants de gauche font preuve d'une passivité constante. On estime à 20% d'une classe d'âge le nombre de jeunes qui sortent du système scolaire sans aucun diplôme. Autrement dit, sur environ 55 milliards annuels de budget pour l'école, 11 milliards sont dépensés en pure perte.

Pour les autres, l'absence d'orientation scolaire structurelle débouchée sur l'excès de «mauvais diplômes» (les facultés de psychologie régressive des étudiants qui sont des futurs chômeurs) et une dramatique pénurie de diplômés les métiers industriels ou manuels) là où l'appareil productif est vivace. On n'épiloguera pas sur la difficulté de trouver des maîtres informatiques compétents en France …

L'enjeu de la formation professionnelle

Dans ce ensemble, la formation professionnelle pourrait être considérée comme un atout pour lutter contre ce qu'on appelle à une époque le «chômage d'inadéquation» et qu'on appelle parfois le «chômage technologique». L'importante différence entre la masse et les compétences sur le marché du travail et la masse des incompétences les problèmes de notre système scolaire et universitaire constituent un effet de main-d'œuvre important, et probablement d'emplois pérennes.

Cette conviction macro-économique, dominante dans les élites parisiennes, est devenue, au fil des ans, une sorte de Graal. L'engagement de l'ancien 500.000 chômeurs par an aux métiers constituent même un gimmick du discours public depuis Nicolas Sarkozy. François Hollande a eu des représailles à son compte, avant qu'Emmanuel Macron n'en fasse écho.

C'est la raison pour laquelle la conscience que le pouvoir exécutif peut avoir des défaillances du système et l'impuissance d'y remédier. Les années passent, les formations au pinces financées par Pôle Emploi ou par les branches professionnelles se suivent, et le chômage de masse demeure.

L'échec prévisible d'Emmanuel Macron sur le sujet

Le projet de loi présenté par Muriel Pénicaud, et annoncé en son temps comme un grand bang de la formation professionnelle se révèle très déceptif au regard des promesses qu'il portait, et ne devrait pas échapper à la loi de l'impuissance qui a étudié toutes les lois en matière de formation professionnelle depuis 10 ans.

Dans la pratique, la mesure essentielle de ce projet consistent à transformer les crédits d'heures de formation professionnelle en crédits monétaires. Les entreprises Fournir une somme de 500 euros par an et par salarié pour financer des formations. Ce droit sera portable d'une entreprise à une autre, ce qui ne manque pas de poser un problème comptable encore non identifié par les têtes pensantes de la haute administration. Au moment du départ du salarié, l'entreprise doit en effet effectuer cette somme à l'organisme chargé de porter les droits.

Mais nous ne sommes plus à une complication dans la vie de nos chefs d'entreprise … taxés de tous les maux fiscaux par ailleurs!

Cette mesure-t-elle d'éradiquer le chômage de masse? Non, bien entendu, pas plus que les autres mesures du projet de loi, qui évitent soigneusement de repenser l'architecture de notre système de formation professionnelle. Non que cette mesure soit mauvaise en elle-même, mais elle n'est pas à la hauteur de l'enjeu systémique qui se pose au pays, avec ses plus de 3 millions de chômeurs ne voit pas mal quel métier ils devraient faire demain.

Le traitement des détails techniques pour oublier l'essentiel?

Assez triomphalement, Muriel Pénicaud annonce à l'avenir les contributions diverses et variées au financement de la formation professionnelle seront recueillies par l'URSSAF. L'idée mérite d'être débattue et là encore, n'est pas toxique en elle-même. Simplement, on peut mesurer quel impact concret elle peut avoir sur le salarié dont l'emploi est menacé et qui aurait tout intérêt à suivre une formation pour éviter un chômage prolongé.

Retrouver le biais technocratique avec lequel la question de la formation professionnelle est traditionnellement traitée. Les hiérarques s'interrogent sur l'amélioration de la tuyauterie incompréhensible qui s'est mise en place au fil des années pour dissimuler les médailles en chocolat, les prébendes et les financements discrets des organisations syndicales. Il serait intéressant de faire la liste des voyages outre-mer aux syndicats qui paraîtront aux deux ou trois dernières années. On découvrait à quel point l'île de la Réunion, la Guadeloupe ou la Martinique et leurs chômeurs dans la formation de titulaire de mandat par ailleurs beaucoup moins curieux de ce qui passe à Roubaix, à Sedan ou à Dijon.

Ce marché hyper-réglementé de la formation professionnelle en réalité un besoin majeur: celui du big bang que Muriel Pénicaud avait annoncé, mais elle a renoncé à produire. Il faut laisser les salariés choisir librement les formations nécessaires à leur reconversion économique et arrêter de vouloir guider leurs choix. Dans tous les cas, l'action «rationnelle» à propos des échecs qui favorisent le chômage.

Sur le web



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *