Coupe du Monde 2018 : et à la fin, c’est Poutine qui gagne

Coupe du Monde 2018 : et à la fin, c’est Poutine qui gagne


La plaisanterie est connue, mais on peut changer la chute:

"Le football est un sport qui se joue à onze contre la fin, c'est … Poutine qui gagne"!

Vladimir Poutine, La Coupe du Monde de Football qui est en train de jouer à cette semaine en Russie est en effet une bonne affaire politique pour son président. Le maître du Kremlin peut se faire accompagner par ses concitoyens, et au reste du monde, que loin d'être isolé, il peut accueillir un événement sportif planétaire, et faire face à un visage (plus) souriante, permettant d'oublier les aspects les moins glorieux du régime.

Il y a quelques semaines encore, quand l'affaire Skripal a éclaté, du nom de cet ancien agent russe victime d'une attaque à produit chimique à Salisbury, au Royaume-Uni, des menaces d'un boycott de la Coupe du Monde ont été émises. La responsabilité russe pointé du doigt par une commission d'enquête sur la destruction du vol MH17 de la Malaisie Compagnies aériennes au-dessus de l'Ukraine en 2014 est lieu, dans la foulée, renforcer l'hostilité vis -à-vis de Moscou.

Mais ces menaces n'ont pas débouché sur l'annonce, dans plusieurs capitales occidentales, l'absence de représentation politique à l'ouverture de la Coupe du Monde à Moscou, à commencer par le prince Charles qui voir le Royaume-Uni. Sur un cru entendant un rire éclatant dans les couloirs du Kremlin …

Fini le boycott

Le dernier boycott de la Géorgie, après un conflit avec la Russie. hiver à Sotchi. En vain, même la Géorgie a participé aux Jeux.

Le boycottage des grandes manifestations sportives est, ensemble-t-il, passé de mode. La fin de la guerre froide, dans les années 1980, a pris les jeux olympiques en otage, avec la décision américaine de boycotter les JO de Moscou en 1980 en raison de l'invasion soviétique de l'Afghanistan précédente, suivie de la décision du bloc soviétique de boycotter en représailles ceux de Los Angeles en 1984.

Régulièrement, une certaine agitation politique se manifeste autour des grands rendez-vous sportifs, comme les JO de Pékin de 2008 que Nicolas Sarkozy avait menacé de boycotter en raison des troubles au Tibet quelques mois plus tôt , ou que les défenseurs des droits de l'homme comparent à ceux de Berlin en 1936. Mais plus personne n'a, depuis vingt ans, priver les sportifs qui se préparent des années durant pour ces compétitions, ni le grand public qui est attaché, du spectacle des stades quel que soit l'enjeu politique du moment.

Pyeongchang, en Corée du Sud a permis d'amorcer le rapprochement entre les deux Corées, et créé une dynamique politique cassante l'engrenage hostile qui s'était créé les mois précédents.

La Chine plutôt que le G7

Poutine de Vladimir, le fait que l'ensemble des nations a choisi au rendez-vous à Moscou, avec ou sans le prince Charles, a constitué des ores et déjà un succès de «pouvoir mou», c'est-à -dire de diplomatie "douce", par opposition au "hard power", la diplomatie de la force à l'œuvre en Ukraine et surtout en Syrie

Il y a quelques mois encore, il était fréquent d'entendre les analystes décrire la Russie comme «isolée», pénalisée par les sanctions occidentales, manquant d'options. Personne n'a aujourd'hui accès à cette analyse, même si les sanctions sont toujours en place, et si le président russe n'a pas été ajouté au G8 après l'annexion de la Crimée

Donald Vladimir Poutine n'a pas besoin d'être au G7 du Canada, non seulement pour laisser les Occidentaux vivre leur crise de nerfs avec le «leader du monde libre» Donald Trump; Mais surtout parce qu'il avait mieux à faire.

Il se trouve au même moment à Qingdao une ville côtière chinoise, ancien comptoir allemand – qui a surtout laissé la recette de la bière -, pour un sommet de l '"autre monde ". L'Organisation de coopération de Shanghai (SCO), fondée par la Chine et la Russie au début des années 2000 pour tenter de stabiliser l'Asie centrale, est devenue la contre-alliance de l'émergence chinoise.

Poutine Vladimir Poutine a pris part à la cabine de pilotage avec une Chine qui prend de plus en plus de place. Xi Jinping, leader puissant leader chinois, prenant soin de son partenaire russe, même si, économiquement, c'est la Chine qui domine l'ensemble.

Le sommet des régimes autoritaires est capable d'accueillir l'Iran au lendemain de la dénonciation de l'accord nucléaire par Donald Trump mais aussi l'Inde et le Pakistan, les puissances rivales du sous -continent. C'est le signe d'un monde qui tourne autour de l'Occident, et qui trouve son compte dans d'autres alliances, d'autres modes de gouvernance aussi …

Poutine ou la stabilité

Vladimir Poutine accueille cette semaine à Moscou le Mondial de football au prix de 19 milliards de dollars d'investissements.

Ce ne sont pas les Jeux de Berlin du président russe, ni même le tribunal dont il n'a pas besoin. C'est juste le reflet d'un monde nouveau dans lequel les "disrupteurs" de l'ordre international sont capables de survivre et même de prospérer.

Il faut dire que Vladimir Poutine profite aussi de la décomposition de ce que l'appelait autrefois "l'Occident", il a lui même envoyé à déclencher ses pions dans les processus électoraux … A côté du caractère intempestif de Donald Trump, comme ont pu le constater ses "alliés" du G7 la semaine dernière, Vladimir Poutine peut se présenter comme un modèle de stabilité et de prévisibilité. Il n'a pas besoin d'une victoire de l'équipe russe pour l'emporter: c'est déjà fait.

Pierre Haski

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