Crise de l”Aquarius” : l’Europe se fissure sur le sort des migrants

Crise de l”Aquarius” : l’Europe se fissure sur le sort des migrants


Dans la nuit du samedi 9 juin l'Aquarius, le navire de l 'association SOS Méditerranée sauve 629 migrants de la noyade et cherche à s'accoster dans le port le plus proche, en Italie ou à Malte. Mais aucun des deux pays ne souhaite l'accueillir. Conséquence, le bateau de sauvetage reste en mer un jour et demi. C'est encore l'Espagne qui lui ouvrira son port de Valence, le bateau devrait arriver dimanche prochain.

Cette terrible épopée de l'Aquarius révèle, une fois de plus, les nombreuses divisions européennes autour de la crise migratoire, ainsi que de nombreux désaccords au sein des pays de l'UE.

L'Italie divisée

Le nouveau gouvernement de coalition s'est illustré en refusant d'accueillir l'Aquarius. Mais de nombreux maires ont montré leur désaccord avec la politique de Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur, et ont proposé leur port. C'est le cas de Luigi De Magistris, maire de Naples ou encore de Leoluca Orlando, maire de Naples à la tête de " l'Obs" : "Nous sommes convaincus que les migrants sont une ressource, et pas un problème. "

Critique de Macron par sa propre majorité

L'Italie s'est également attiré les foudres d'Emmanuel Macron, qui a dénoncé un "cynisme italien". Des propos immédiatement qualifiés par Giuseppe Conte, le nouveau président du conseil, de «leçons hypocrites».

En effet, Emmanuel Macron a trois jours avant de prendre la parole publiquement au sujet de l'Aquarius. Le président français n'a pas non plus proposé d'accueillir le bateau, ce qui a entraîné des vies critiques au sein même de la majorité La République En Marche. "On vaut mieux que ça", a ainsi déplacé le député de Haute-Garonne Sébastien Nadot.

"On n'a pas un gouvernement d'extrême droite en France!", Un lancé, de son côté, Sonia Krimi, autre députée LREM.

L'arrivée de l'Aquarius "dangereuse" pour l'Espagne

En Espagne, où le nouveau gouvernement progressiste de Pedro Sanchez s'est proposé de venir en aide au bateau de naufragés, la décision a été dénoncée par le Parti populaire, la formation d'opposition libérale conservatrice. Ses porte-paroles ont qualifié l'arrivée de l'Aquarius de "dangereuse", agitant le risque pour l'Espagne de devenir une "passoire" pour l'immigration illégale.

Le parti libéral a déclaré que "un pays démocratique doit prendre sa charge, mais ne doit pas normaliser les exceptions".

Merkel et l '"hache" pour lutter contre l'immigration illégale dans l'UE

Mais c'est surtout au nord du continent que le débat autour de l'immigration s'est tendu. Ce mercredi 13 juin, le chancelier autrichien d'ultra-droite Sebastian Kurz, en fonction de mi-décembre, a annoncé la création d'un "ax" entre les ministres de l'Intérieur autrichien, italien et allemand. Herbert Kickl, Matteo Salvini, tous d'eux-mêmes d'extrême droite, et Horst Seehofer, du CDU (right bavaroise) vont ensemble avec mais commun contre celui de l'immigration illégale dans l'Union Européenne.

La première proposition, à croire Herbert Kickl: la création de centres de regroupements fermés dans lesquels les demandeurs d'asile doivent être pendus toute la procédure d'examen de leur dossier. Des centres qui, idéalement, se trouvaient en dehors de l'Union Européenne.

Si le nom choisi, "ax", n'est pas sans rappeler l'alliance germano-italo-japonaise de la Seconde Guerre mondiale, elle fragilise la position d'Angela Merkel, favorable à une politique d'ouverture en matière d'immigration, au sein de son gouvernement.

La chancelière allemande souhaite aboutir à un accord sur un système d'asile européen et est en conflit ouvert avec son ministre de l'intérieur, représentant l'aile droite de sa majorité. Horst Seehofer est décidé à imposer un durcissement sans précédent de la politique migratoire du pays. Il avait annoncé vouloir refouler aux frontières les migrants déjà enregistrés dans un autre pays européen. Angela Merkel y a opposé une fin de non-recevoir par crainte d'une condamnation de la liberté de circulation en Europe.

Le 29 juin, Angela Merkel a plaidé pour une solution européenne.

Dans un tweet le président du Parlement européen Antonio Tajani a affirmé: "L'immigration se rencontre dans la survie même de l'Union Européenne".

E.P.

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