Financer les retraites ne suffira pas : il faut revoir l’âge du départ

Financer les retraites ne suffira pas : il faut revoir l’âge du départ



Par Yves Montenay.

Le gouvernement a lancé une grande consultation en ligne pour préparer la prochaine réforme des retraites en 2019. Je viens ici apporter ma contribution au débat en cours dans les médias.

Je note qu'on ne parle pas des différents moyens de financer les retraites, de côté de l'élément fondamental: les hommes et les femmes qui quittent la vie active ne sera pas transformés, leurs successeurs doivent nécessairement physiquement pas. Ou à quoi sert l'argent des retraites si l'on ne peut s'en servir pour ne pas en avoir besoin?

En effet, l'augmentation de l'espérance de vie multiplie le nombre de personnes âgées, dont la baisse du nombre d'enfants depuis les années 1970 diminue le nombre de personnes pouvant faire tourner l'économie. L'âge de la retraite constante, les compétences nécessaires chez les jeunes retraités, et non plus sur le marché du travail.

Le gouvernement a bien précisé que son projet de réforme ne prévoit pas d'augmentation de l'âge de départ. Il a un autre objectif: la complication et les injustices des divers régimes actuels dans l'institution «une retraite égale aux cotisations égales» ce que l'opinion considère comme équitable. Mais cela augmenta-t-il le nombre des actifs? Théoriquement oui, si tout le monde partait effectivement, disons à 62 ans. Mais ce sera politiquement difficile à mettre en œuvre, ne compte pas trop!

Une partie des spécialistes ont la solution: fonds de retraite et autres mesures financières. Ce n'est pas notre avis.

La «solution» des fonds de pension pour les retraites

Les milieux financiers font office de fonds pour la retraite par répartition (19459014) vers la retraite par capitalisation l'anglo-saxonne) et les divers dispositifs garantissant les revenus de l'avenir.

À l'occasion de la consultation gouvernementale, les médias régressifs d'analyses, expliquant en plaçant une partie de son salaire dans un fonds apportant 5% par an, sur s'assure individuellement, 45 ans et plus tard, de pouvoir broyeur d'une retraite égale à l'actuelle, mais pour des cotisations bien moindres. Cette retraite par capitalisation serait un moyen d'économiser des milliers de milliards pour améliorer la compétitivité et réduire la dette nationale.

Pour commencer, ce calcul est bien optimiste car il repose sur un rendement de 5% intégrant une augmentation massive du cours des actions et des obligations et des taux d'intérêt, ce qui est contradictoire, la hausse des taux avec baisse des obligations. Mais c'est son plus faible défaut, car c'est le principe même de remplacer la pyramide des âges par la possession de titres qui est très discutable.

Le problème des retraites n'est pas (que) financier

Il est évident que l'évolution de la pyramide des âges mine le système par répartition c'est aussi vrai pour la capitalisation, même si ce n'est pas aussi évident évident. Car le problème est le même: pour que les titres gardent leur valeur et leur rendement, il faut que les entreprises aient des employés et des clients, ou le vieillissement et la diminution du nombre d'actifs dans le monde, sauf en Afrique subsaharienne qui n'est pas pour l'instant un réservoir de personnel qualifié ou de clients argentés.

J'expose cette question depuis les derniers siècles, et rappelle mes derniers articles:
La fable du roi et la fable du roi des retraites
Retraités: les fonds de pension ne règlent pas la question démographique

En résumé: un retraité a besoin, notamment, d'un boulanger, d'une infirmière et d'un réparateur d'ascenseurs. On doit croire que l'argent lui-même de l'outil. Pour les plus riches, oui, mais au détriment de tous les autres.

Prenons le cas des infirmières. Elles prenaient leur retraite à 55 ans et devenaient introuvables. La solution a été repousser leur date de départ à la retraite à 57, 60 ou 62 ans suivant leur catégorie, moyennant une amélioration de leur situation financière. Une infirmière de 56 ans reste en pleine possession de ses moyens, et beaucoup ont anticipé cette évolution en passant du public à leur retraite.

Le plus simple serait donc généraliser cet exemple.

Augmenter la productivité? Oui, mais …

Les allergiques à l'augmentation de l'âge de départ appellent au secours de l'augmentation de la productivité. Mathématiquement, il a raison: s'il y a moins d'hommes il faut rendre les produits plus productifs.
Mais cela pose plusieurs problèmes: l'augmentation de la productivité vient des entreprises, qui commence par attribuer au personnel des augmentations, aux actionnaires et surtout aux clients par les baisses de prix ou les petites sur les produits nouveaux. Les pouvoirs publics en annulant une autre partie en édictant des normes sans cesse plus sévères. En-t-il pour les retraités? Je suis sceptique. L'exemple qui va suivre montre que l'augmentation de 100% en Allemagne d'ici 2050, le bénéfice exclusif des retraités …
Alors, l'augmentation de la productivité ne suffit pas, et que l ' on veut pas relancer l'âge de départ, certains appelants des migrants au secours.

Faire venir des migrants? Oui mais …

Puisque nous manquons d'actifs, faites les venir de l'étranger. Mais ça pose deux problèmes: la qualification et l'intégration.
Les qualifications qui manquent en France même à l'étranger. Il ya un concours entre tous les pays du monde pour attirer certains profils. Les informaticiens, certes, mais aussi le personnel médical, need need to retraites.
Plus d'attraction des gens qualifiés «pille» les ressources humaines des pays de départ, qui posent d'autres problèmes à long terme pour leur développement et leur
Enfin l'exemple allemand ci-après montre qu'il représente des dizaines de millions d'immigrants par pays. Je vois mal un gouvernement se risquer à cela!
Bref l'immigration peut satisfaire certains besoins, mais n'est pas l'échelle du problème, et, ne serait pas acceptée si elle devient massive

Un exemple instructif: le cas allemand

L'Allemagne un exemple instructif par son vieillissement accéléré, et l'importance de l'immigration
Le vieillissement d'abord: une étude de 2013 montre qu'il y avait 44 millions de personnes d'âge actif pour 22 millions de retraites sur un total de 80 millions d'habitants. Cette étude donne 29 millions d'actifs pour 29 millions de retraites en 2050, à l'âge de départ en retraite constante. Part of this study and y add additional persons chômeurs, women and foyer and children, on voit une personne au travail en 2050 2 à 3 personnes à charge, toujours à l'âge de la retraite constante .
Autrement dit, la production d'un actif (production médicale, alimentaire, technique …) et la réparation entre deux personnes (l'actif lui même, et les inactifs), au lieu de moins de deux 2013, soit une diminution de la moitié du niveau de vie.

Le gouvernement allemand en a tiré les conclusions en remontant l'âge de départ à la retraite, qui va passer à 67 ans, et en ouvrant le pays à une immigration de plus de 2 millions de personnes depuis 2013.

Il est trop tôt pour savoir si cette immigration a été une réussite. Elle comprend un bon nombre d'Italiens, d'origine des Balkans et de Syriens. Une partie de la population, des associations, des églises, des entreprises …, s'échine à faire l'intégration culturelle et professionnelle (un quart des migrants au travail, il y aurait des conversions de l'islam vers le protestantisme …). Mais une autre partie de la population exprime son mécontentement en votant pour l'extrême droite, ce qui a entraîné le gouvernement à freiner les entrées. Pourtant accueillir 2 millions d'immigrés reste mathématiquement très insuffisant: compte tenu de leur pyramide des âges, c'est 30 millions d'actifs supplémentaires qu'il faut accueillir et intégrer professionnellement d'ici 2050! Il était effectivement obligatoire d'augmenter l'âge de départ à la retraite.

Conclusion: transformons nos vieux en jeunes!

L'âge de départ en retraite est une donnée fondamentale, non seulement de l'économie, mais de la vie tout court. La réforme en cours dans le sens de l'équité, elle ne résout pas la question démographique.

Le plus simple est de transformer les vieux à jeunes dans le conservateur en poste plus longtemps ou dans la reconvertissent vers un nouveau travail, ralentissant le début de l'inactivité. Et ceux qui craignent l'immigration devraient être en chaleur partisans!

Enfin, seules les mesures démographiques peuvent répondre aux problèmes concrets de la baisse de la population active: la Suède a adopté un régime qui module la valeur du retrait en fonction de la pyramide des âges , et depuis longtemps poussé les études et les incitations pour rendre le travail de moins en moins pénible pour les sexagénaires.

Ces questions sont importantes et politiquement délicates … on est très loin de la solution simpliste des fonds de pension!

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