“Je suis un lapin dans un banquet de chasseurs !” : Eric Diard, député LR et ami des bêtes

“Je suis un lapin dans un banquet de chasseurs !” : Eric Diard, député LR et ami des bêtes


Voilà un homme qui illustre bien l'adage sur l'habitude qui ne fait pas le moine. Au premier abord, Eric Diard à l'allure de ce qu'il est: un quinquagénaire à cravate, député LR des Bouches-du-Rhône, s'exprimant avec un fort accent phocéen.

Mais Eric Diard est aussi et surtout un défenseur de la cause animale. Qui possède 8 chats et, dans la vie, s'oriente tranquillement vers le végétarisme. Spécimen déjà peu répandu dans les rangs du centre et de la gauche, mais qui, à droite, confine à la bizarrerie.

Ainsi, lors du vote de la loi Egalim sur l'agriculture et l'alimentation ce pugnace Marseillais s'est battu pour faire interdire la castration à vif des porcs, le poussins les cages pour les lapins d'élevage et pour mieux encadrer le travail dans les abattoirs .

Et dans les débats parlementaires, il est capable de rendre des souvenirs mémorables, notamment une citation du moine bouddhiste Matthieu Ricard le 27 mai dernier :

"Notre compassion s'arrête au bord de notre assiette."

On imagine la tête de ses collègues à droite …

Justement, commenter ce drôle de positionnement, lui, l'ancien partisan de Philippe Séguin et partisan de Sarkozy, ex-animateur du petit courant Ecologie populaire ? Entrevue.

Commentaire avoir-vous vécu les semaines à défendre la cause en pleine loi Egalim sur l'agriculture et l'alimentation, ces moments où l'Hémicycle s 'est montré passablement rétif aux évolutions?

J'ai parfois eu l'impression d'être un lapin dans un banquet de chasseurs! Je me sentais bien seul. Chez les Républicains, beaucoup me regardent encore comme étant un peu à part. Sur moi chambre: "Eh fais gaffe Eric! Quand tu manges une salade, tu lui fais du mal!" ça ne va pas très haut …

Pour vous, les députés sont en retard sur les Français?

Complètement. La plupart de mes collègues députés ont un train de retard sur l'opinion publique. Pour eux, l'animal est encore une marchandise et l'on traite une vache ou un cochon comme un navet ou un poivron. Mais le bien-être animal, c'est le sens de l'histoire, ils le veuillent ou non. Les Français sont plus en plus sensibles. Bientôt, ils boycottent les œufs des poules élevées en cage et la viande des lapins en cage . Ce sont des évolutions dont les filières agricoles doivent tenir compte si elles veulent survivre. Je vous parle d'une preuve commerciale!

L'influence du premier syndicat agricole, la FNSEA, s'est fait lourdement éprouver au cours des arbitrages de la loi Egalim …

Il y a une lâche des députés vis-à-vis des lobbies, c'est incontestable. Le rapporteur de la loi Egalim, Jean-Baptiste Moreau, éleveur dans la Creuse [déjà épinglé par "L'Obs" NDLR] s'est fait le serviteur zélé de la FNSEA . Mais on ne peut plus faire comme si les images de L214 ne circulaient pas sur les réseaux sociaux, comme si les Français avaient conscience des épouvantables conditions qui sont faites, dans les abattoirs, à la fois aux animaux et ceux qui les dépècent.

Un Chrétien Jacob, patron des Républicains à l'Assemblée, qui, lors d'une discussion parlementaire: «Un veau, c'est un veau, ce n'est pas un bébé vache! Un petit cochon, ce n'est pas un petit cochon, c'est un porc! " est-il tenu par les lobbies? Ou bien est-il sincère?

Christian Jacob est un éleveur. Je suis convaincu de la sincérité de ses propos. Mais c'est un homme des années 1980. De même, quand je parle à mes collègues d'abolir le broyage des poussins ou de la castration à des porcs, ils n'ont que l'économique à la bouche. "C'est trop cher, le monde agricole est aux abois". Je le répète: il n'y a pas d'avenir commercial pour la filière agricole française si elle ne se rencontre pas au diapason des changements qui sont ceux des consommateurs.

Si vous avez besoin de choisir entre votre appartenance aux Républicains et le bien-être des animaux?

Je choisis le bien-être animal, sans hésiter.

Commentez-vous que le pouvoir macronien soit caresser le lobby des chasseurs dans le sens du poil?

Je ne suis pas contre la chasse populaire et j'ai des relations très cordiales avec les chasseurs de mon département. Mais l'idée du président de rouvrir les chasses présidentielles, ce n'est pas possible. C'est une chasse de caste, qui n'a plus le lieu d'être! De même, il est impératif d'abolir la chasse à courre un vestige d'un autre temps. Un président qui se proclame "moderne" ne peut pas ne pas le voir.

Propos recueillis par Arnaud Gonzague

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