[RussEurope-en-Exil] Identité, narcissisme et le besoin de souveraineté, par Jacques Sapir

[RussEurope-en-Exil] Identité, narcissisme et le besoin de souveraineté, par Jacques Sapir


                    

La ​​question de l'identité, la réduction au narcissisme et le nu, traversent les foules quand elles sont plus citoyennes. Ce constat, je l'écrivais il y a plus de deux ans [1] . Une nouvelle preuve nous est donnée par les dérives de ce que l'on peut appeler la «gauche identitaire» mais aussi de certains «intellectuels». C'est le fruit amer des dénis de souverainetés successifs que notre pays a connu ces dernières années, dénis qui ont conduit à une remise en cause des fondements de la démocratie c'est à dire la capacité de tous de participer, d'élaborer et de discuter un projet commun. L'éclatement et la fragmentation de la société, le processus de la montée des fanatismes mais aussi des mouvements cherchant à revendiquer à tout prix une «différence» sont des symptômes de la perte de ce sens du bien commun. Il est significatif que ceci a touché la «gauche», avec l'émergence de la «gauche identitaire», alors qu'elle se caractérise par son adhésion à l'universalisme. Mais, that ne doit pas oublier oublier non plus le développement des formes du fanatisme qui est un prétendant, un titre ou un autre, des dépassements de la nation et de la démocratie. Il faut donc identifier avec précision le phénomène si on veut pouvoir formuler des parades et des réponses.

Qu'appelle-t-on la «gauche identitaire»?

Le terme de «gauche identitaire» a été formulé par Alexis Carré dans une interview récente qu'il a donnée au Figaro [2] . Pour lui, cela a marqué cette militante militante qui s'inspire des idées aux États-Unis dans les années 1990. On y trouve tant de militants d'une féminisme que sur l'on peut trouver des extrémistes que les militants dits «décoloniaux» [3] . Il s'agit d'une reformulation d'un terme que les analyses de Laurent Bouvet avaient sur le devant de la scène [4] . Dans ce dernier contexte, le terme de «gauche identitaire» servait à désigner des militants de gauche acceptant de parler de la notion d'identité [5] .

Dans l'interview d'Alexis Carré, il s'agit de militants de cette nouvelle forme d'activité qui est d'abord sur les campus universitaires américains. Cela a produit une génération de militants qui sont moins préoccupés par l'exercice du pouvoir que par la critique de la domination et la défense (ou plus exactement la pseudo-défense) des minorités dominées. Moshe Levine, à l'Université de Philadelphie au début des années 1990 [6] . ]

Ce mouvement, que l'on peut appeler le «progressisme identitaire» et qui prétend s'inspirer des travaux de Michel Foucaud, a également engendré une stratégie électorale particulière. Celle-ci a été illustrée en France par le fameux rapport Terra Nova de 2011 [7] . Dans ce document, Olivier Ferrand, Romain Prudent et Bruno Jeanbart constatent l'érosion du soutien des classes populaires à l'égard du parti socialiste. Le constat était exact, mais les causes de ce désamourent pas analysé. Car, ce désamour provenait du ralliement progressif de la social-démocratie, en France comme ailleurs, au néo-libéralisme. ILOK grec, et aujourd'hui du PD italien et du SPD allemand. Il ajoute que son comportement particulier a été adopté à la consultation populaire confirmée dans le référendum de 2005 [8] et de sa collusion avec la droite pour faire passer à Congrès à Versailles le traité de Lisbonne qui est reprit le texte publié lors du référendum. Les auteurs de ce rapport invitent le PS à se reconstituer une majorité par l'agrégation de segments électoraux minoritaires rassemblés autour de problèmes identitaires et sociétaux (multiculturalisme, mariage homosexuel, droits des femmes, etc.) De fait, cela ouvrait aussi la porte à un clientélisme municipal éhonté qui fut analysé dans le premier livre de Céline Pina [9] .

Les dangers de cette «identité identitaire»

Les dangers de cette prétendue «gauche identitaire» sont évidents, et sont bien analysés par Alexis Carré. Le Grand Détournement dont j'ai rendu compte en novembre 2017 [10] . Alexis Carré montre en particulier que les mouvements ou partis progressistes ont, dans les faits, beaucoup soufferts de la présence ou de leur association avec ces nouvelles formes militantes. Ces dernières ont, petit à petit monopolisé l'attention et surtout le thème symbolique de la «contestation». Ces associations, qu'il est de certains des «décoloniaux» ou du PIR du CCIF [11] dont les aspects néo-racistes du discours ont été établis [12] ont paralysé la capacité à organiser et à participer à des délibérations démocratiques en vue de diriger une véritable action collective. Elles ont construit en réalité une nouvelle forme de segmentation des espaces politiques, qui s'est traduite en une véritable ségrégation. Ou, l'expérience des luttes sociales montre que la segmentation et la ségrégation profite toujours, en dernière analyse, aux dominantes et aux forces sociales qui se tiennent du côté des exploiteurs.

Cette paralysie a fait pris plusieurs formes, correspondant à des «stades» dans la progression de cette «identité identitaire». Dans un premier temps, comme le fait remarquer Alexis Carré « ces mouvements n'ont pas leur appui aux partis traditionnels qui échange leurs mesures adversaires conservateurs ne veux accepter l'application sans se couper de leur base ] ». En savoir plus sur le droit des gens 'enfant) voire condamnables (comme la GPA qui fait l'humain une marchandise). Dans les pays où ces compromis ont été formés lors de la formation de nouvelles formations politiques et un nouveau personnel politique qui cristallise l'opposition à ces réformes. Ce phénomène de bipolarisation fait disparaître les problèmes les plus courants sont ceux du chômage, de la ségrégation sociale et territoriale. Ces problèmes ne sont pas plus dans la «gauche institutionnelle» les porteurs d'une contestation. Les populations concernées accélèrent leur désamour vis-à-vis des partis traditionnels et se tournent vers des partis qualifiés de «populistes», qu'ils soient de gauche ou de droite. On a un exemple parfait dans l'Italie actuelle, ou la «gauche» se trouve dévalorisée et réduite à une position qui consiste à taxer des «fascistes» ces dits mouvements, sans comprendre pourquoi ils ont supplanté.

Pour Alexis Carré, ceci est aggravé par « le langage accusateur et agressif, essentiellement anti-pluraliste, dans lequel elles exprimées les revendications progressistes ». Il faut ici faire une mise au point. Si certaines des revendications portées par cette «identité identitaire» sont effectivement progressistes, une autre partie, et qui tendent à devenir majoritaire, est en réalité régressive, quand elle n'est pas extraordinairement réactionnaire. Si cette rhétorique est garantie aux tenants de la gauche, elle est un rendu impossible à ceux qui étaient exclus (les déclassés et les ruraux) d'envisager avec elle une action, des intérêts ou un destin communs. De fait, l'action et la rhétorique de la gauche identitaire constituante fondamentalement une antipolitique qui divise au lieu d'unir. Mais, cette antipolitique ne tombe pas du ciel. Elle découle de la substitution du moral à la politique qui agit sur les sociétés en faveur du néo-libéralisme [13] . En fait, il vaudrait mieux parler d'une «pseudo-morale», d'une idéologie donc, qui ne recouvre à peine que l'expression la plus crue des intérêts des puissants. Et qui dit idéologie aussi les idéologues du pouvoir qui s'entendent à diffuser cette pseudo-pensée.

Le populisme est-il une réponse à cette «identité identitaire»?

Michel Wieviorka, dans une interview donnée au journal Avanguardia et reproduit sur son carnet de recherches (ce qui lui a attiré les mêmes foudres que moi fait pour faire la même chose choisi comme il convient du le souligner) présenter alors ce qu'il prétend être un «constat»: « Ces forces populistes, nationalistes ou d'extrême-droite désignent une bonne partie de leur clientèle électorale dans les secteurs que l'ouverture économique à un monde contribuant à décomposer ou à affaiblir, ou qu'elle inquiète confusément: les ouvriers dont les usines ont fermé les unes après les autres, les couches moyennes dans la chute sociale, et découvrant que les enfants vivront moins bien que les parents, jeunes pour qui l'accès aux études Risque d'être fermé, etc. Elles détestent les élites, elles associent aux images de la globalisation, et sont convaincues que les migrants sont source de leur malheur; elles transforment leurs peurs et leurs difficultés économiques en hantise pour leur identité culturelle. Et leur poids politique est considérable. On leur doit le Brexit, la présidence de Trump, avec son hostilité aux migrants et la taxation de certaines importations, et divers régimes liés à l'extrême-droite en Europe centrale et, en Italie. [14] »

Il identifie bien les catégories qui sont frappées par le choc de la mondialisation et qui se révoltent. Mais, si ces catégories détestent les élites, elles ne font pas de «migrants» la seule source de leur malheur. Par contre, elles associent bien le phénomène des migrations de masse à la mondialisation elles rejettent. L'incapacité de Michel Wieviorka à comprendre que les «migrants» ne sont en tant que phénomène de masse qu'une main-d'œuvre à bas coûts, taillable et corvéable à merci que les élites mondialisées à importer dans leurs pays est frappante [15] .

Jean-Luc Mélenchon, lui, l'arrangement, qui, dans la plaque-forme électorale de la France Insoumise, un fait écrire: «Émigrer est toujours une souffrance pour celui qui part, ( …). La première tâche est de permettre à chacun de vivre chez soi. »« Pour les guerres, les accords commerciaux qui détruisent les économies locales et le changement climatique » [16] .

Le «populisme» et le «nationalisme» associés à «extrême-droite», de plus Michel Wieviorka fait une faute, qui ne peut être attribuée à l'ignorance. Les travaux d'Ernesto Laclau ont montré les racines d'un populisme de gauche, qui ont aussi sur la question nationale [17] . Que le populisme soit par ailleurs complexe, et peut sous certaines formes, dériver vers des structures très autoritaires, est une preuve [18] . Mais, cela peut suffire à la classer à l'extrême-droite. On ne veut pas croire que ce grand sociologue ait oublié ce que Max Weber écrivait [19] . Faut-il qu'il soit bien aveuglé par l'idéologie et le fanatisme dans une politique de lutte contre le terrorisme pour qu'il méprise toute tradition de la sociologie (et de la sociologie politique en particulier) avait été établie

Mais, il n'est pas le seul à sombrer dans le fanatisme. Il faut maintenant étudier la question des mouvements identitaires religieux.

L'identitarisme religieux, autre face de la gauche identitaire

Car, Alexis Carré, et on peut le regretter, ne pousse pas son raisonnement jusqu'au bout de sa logique. La revendication des identités peut aussi avoir une autre forme, dont les conséquences sont dissemblables à mettre en cause tout radicalement l'idéal républicain et démocratique. Et, This Limitance Dans Son Raisonnement Vient Du Fait Il Méconnait Ou Minimise La Dimension Narcissique Dans La Revendication Identitaire.

Ainsi, les jeunes qui se tournent vers la religion, et pour certains vers un fanatisme monstrueux et criminel, révèlent une réalité de ces affirmations identitaires et narcissiques. Au "nous" qui a été proposé par la République, mais qui a tendance à être crédible car la République n'est plus souveraine et la souveraineté du peuple ouvertement bafouée, se substitue tout d'abord le «je». Mais, devant la vacuité de ce «je», devant aussi son impuissance, on cherche à reconstruire un «nous», mais «un» particulier »particulier, excluant les autres. On se cherche alors des traits communs au plus proche, et très souvent dans l'apparence. L'affirmation identitaire et narcissique fait ici le lit du fondamentalisme. Ainsi, derrière l'apparence d'une montée de la religiosité, c'est en réalité une montée des affirmations identitaires et narcissiques que l'on assiste. Car, la connaissance des textes, des exégèses, est ici réduite au plus simple appareil d'une lecture littérale. Les crispations autour des tabous alimentaires et vestimentaires, sur les signes extérieurs (comme la question du voile chez les musulmans) ont avant tout pour mais d'identifiant brutalement un groupe pour que ce dernier puisse se constituer dans une communauté . Cette affirmation sert aussi à la séparation du reste de la population et à l'enfermer sur les références mythifiées pour le plus grand profit de quelques uns.

Les pratiques, qui se produisent naturellement des mouvements de réactions, font en réalité progresser la division des individus entre eux au lieu d'y mettre fin. Dans la quête de la pureté, et toute religion distinguée «pur» de «l'impur», il ne peut y avoir de mouvement collectif, si ce n'est celui de petites communautés dans la proie aux réactions violentes d'autres communautés. On croit ainsi se protéger de l'anomie et de l'on se précipite tête baissée.

C'est donc à un cours non vers l'autre mais à la revendication de soi que sur l'assiste. Et l'on comprend bien que, dans cette course effrénée, les principes eux-mêmes sont manipulés, instrumentalisés, sacrifiés et perdus. Les fameuses «réformes sociétales», aujourd'hui promeut un rang de substitution des réformes sociales par ceux-là qui ont fait la poussée à la roue du «paiement de paiement au comptant» et de l'idéologie de marché [20] se font alors que dans la société un certain nombre de droits fondamentaux régressent. Le narcissisme forcé pour chaque étape de ce que nous présentons comme une lutte émancipatrice et qui n'est qu'une parade des individus de certains. Ce n'est pas dans la parade des identités camouflées sous le masque du religieux (ou d'un athéisme militant), que l'on trouve un principe permettant aux populations de faire cause commune; bien au contraire.

De fait, la forme politique de revendication du narcissisme identitaire n'est autre que l'acceptation d'une société anonyme. Il faut donc reprendre les notions et les concepts que prétendent utiliser ceux qui font les fourriers de cette anti-société.

L'imaginaire d'une société divisée

Ceci implique de revenir sur la nature de la société que nous préparons, et pour certains nous promettons, les locataires de ces divisions et de ce «multiculturalisme» qui s'opposent à la constitution d'une culture nationale [21] .

Idées, tout d'abord, de revenir sur les notions d'Ethnie et de Tribu, notions dont même la publicité s'est emparée. «Connectez votre tribu» pour une annonce des années 1990 pour un ancêtre du SMS et des réseaux sociaux, reprise maintes fois aujourd'hui.

Ce ne sont pas des faits qui «s'améliorent» à la constitution d'une Ethnie, d'une Tribu ou d'un Peuple comme on croit bien souvent mais des principes politiques. Ceci est un été montré par un grand anthropologue, Maurice Godelier, dans son étude sur les Baruya [22] . Il insiste sur l'origine historique des clans et des ethnies. La définition ethnique n'est pas la solution à la constitution de la société: « L'ethnie constitue un cadre général d'organisation de la société, le domaine des principes, mais la mise en œuvre de ces principes se fait dans une forme sociale qui se reproduit et qui se reproduit, qui est la forme tribale » [23] . La distinction entre «tribu» et «ethnie» est essentielle si l'on veut comprendre comment se constituant les peuples. Avec la tribu nous sommes de plein pied dans les formes politiques d'organisations de la société. Et il faut rappeler l'étymologie du mot «tribun», un mot qui, de nos jours, désigne une personne douée pour les discours politiques, mais qui renvoyait autrefois à une réalité plus complexe. Ce mot retourne en effet, dans la Rome républicaine, à la division politique de la société en «tribus» [24] . Or, ces «tribus» renvoient elles-mêmes plus à des divisions sociales qu'ethniques ou territoriales: la plèbe contre les patriciens .

Il faut cependant faire une distinction Nécessaire entre imaginaire et le symbolique pour ce qui est la constitution historique de ce corps social. Dans le domaine du symbolique, il est écrit l'importance de la partie du corps dans la constitution de ce sujet social et sur la distinction entre les choses que sur le vend, les des choses que l'on donne et celles qu'il ne faut ni vendre ni donner mais transmettre. Reconstituer l'importance des règles, celles qui sont explicites ou implicites, et celles qui ne sont pas adossées à un tabou . Si les règles symboliques, le fait de l'importance qui leur est conférée, ont bien un effet objectif (nul ne peut s'abstraire sans conséquences des liens familiaux particuliers ni rompre un tabou sociale (établir une domination ou organiser des formes de coopération). Le processus d'autonomisation par rapport aux conditions d'émergence et de production est bien de l'ordre du réel, et la situation créée par l'existence d'un mode symbolique en surplomb du monde réel constitue bien une contrainte pour la totalité des acteurs. Pourtant, cela n'empêche pas qu'historiquement, ce qui prime est le processus d'engendrement et de production de ces mêmes règles sociales. La vie en société est en réalité antérieure à la construction de l'ethnie . L'ethnie est une construction sociale [25] et non une réalité biologique, et il y a parfois un discursif utilisé pour séparer une population d'une autre. C'est dans ce sens d'ailleurs que le terme ethnie est utilisé par les racistes de tout poil …

Retour à la question politique

On voit ce qui est en jeu, ce qui est dans les pratiques et le discours de la «gauche identitaire» tout comme dans les pratiques et le discours des autres identitaires ou des séparatistes religieux: c'est l'imposition d'une société divisée, obéissant à des règles morales, dont la contestation deviendrait dès lors impossibles voiture pertinente de la représentation du bien et du mal imposée aux individus par ces idéologies. On peut compter sur la dernière décision du Conseil constitutionnel [26] . Cette décision est scandaleuse car elle fait entrer un principe directement, dans la médiation, dans le corps de la loi. La fraternité principe fondateur de la République, ne peut être présenté sans médiations. Ainsi, la liberté autre principe fondateur, est toujours accompagnée de médiations diverses qui permettent au Droit de s'en saisir. Les plus célèbres d'entres elles sont bien entendus que la liberté individuelle ou commence celle d'autrui. fraternité en principe non intermédié, le Conseil constitutionnel risque de se trouver au cas où: une personne n'offre pas d'héberger des individus, exprimant ainsi fraternité ; ces individus commettent un crime dont la personne n'a pas connaissance; cet individu ne pourrait pas être poursuivi. Tel est le risque de résultat paradoxal que le Conseil constitutionnel a pris en faisant de la «morale» là ou sur lui-même demande de faire que le droit. Et, this evolution, what we character of the evolution of our society, posez le problème de la légitimité du Conseil constitutionnel [27] . Dans une certaine société, la politique n'a plus lieu, et donc, naturellement, la souveraineté n'est pas nécessaire.

La ​​souveraineté donc; sur un début par cela et c'est par ça que l'on finit. Une société privée de la souveraineté dépouillée en tant que société . Dépérissant en tant que société, elle condamne les personnes qui vivent à la misère la plus atroce. Elle n'est pas capable de construire des «buts communs», des «buts» qui ne sont pas préexistants aux êtres humains mais qui se définissent au travers des conflits sociaux, dans les débats sociaux, les débats qui conviennent à tous les membres responsables de cette société. C'est ici que la Démocratie s'affirme comme un bien précieux. Mais, cette démocratie ne réside pas sans la souveraineté ni avec les frontières. Cela était réaffirmé dans le droit de la Révolution française [28] . Un espace démocratique implique que soit précisé qui et «dans» et qui est «dehors».

Cette question est trop souvent ignorée. L'existence d'une démocratie implique les frontières pour que le corps politique souverain puisse fonctionner sans risque de dilution qu'il ne sauraitait pas. Cela implique que cette culture puisse être mise en place. Car, la culture fonctionne comme un langage; c'est elle qui nous fait comprendre quand un locuteur dit une chose quelle est cette chose. Et, point encore plus important, qui nous permet de décoder le non-dit des acteurs, de ne pas besoin de communication explicite pour nous comprendre dans un certain nombre de cas. C'est aussi pour cela que le multiculturalisme, opposé à la pluralité des cultures d'origine, est un poison pour la démocratie. Which culture areas in originals, with we have not been existing cultural culture in a pays given.

Il faut donc ici affirmer que l'enjeu du combat essentiel: la survie de la démocratie dans un cadre souverain. Mais, ce combat peut passer par la réappropriation des formes dites «populistes». Un espace segmenté et fragmenté par de petites communautés en conflit avec les autres, ce que le système féodal au tant de la micro-seigneurie, le populisme opposent la constitution raisonnée de mais communes capables d'unifier cet espace. C'est pourquoi on est en droit de considérer les formulations à l'emporte-pièce qui prétendent établir une identité entre l'extrême-droite et le populisme comme une forme particulièrement pernicieuse de mensonge politique.

Revenons un instant sur la question du narcissisme. Il est fondamentalement un symptôme d'une société que se défait. Mais, il peut être aussi un facteur agissant de ce processus de destruction. C'est pourquoi, tout ce qui encourage l'est à proscrire. Au-delà, la «stigmatisation» du populisme par certains révèle une dangereuse complaisance envers les formes les plus mortifères de ce narcissisme. Cette complaisance peut être perçue comme un encouragement aux forces qui cherchent à défaire aujourd'hui la société.

Contre ces forces, il faut «faire de la politique» et ne pas se placer sur le terrain du moral, ce qui reviendrait à reconnaître leur victoire. Faire de la politique des moyens chercher à convaincre, passer des accords, autour de buts communs. Mais, la définition de ces derniers relève, elle, du politique, autrement dit de l'affrontement entre eux et nous, qui implique une définition précise du «nous» que du «nous». On peut considérer que la partie de la souveraineté, les acteurs, les théoriciens ou les idéologues. Cela définit alors dans le «nous», tous ceux qui se fondent sur cette notion si importante de la souveraineté.

Notes

[1] J. Sapir, Souveraineté, Démocratie, Laïcité Paris, Michalon, 2016.

[2] http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/07/03/31002-20180703ARTFIG00205-comment-le-langage-de-la-gauche -identitaire-detruit-le-bien-commun.php

[3] Voir Verschuur C. et Destremau B., «Féminismes décoloniaux, genre et développement: Histoire et récits des mouvements des femmes et des féminismes aux Suds» dans Revue Tiers Monde 2012/1, n ° 209, pp. 7-18.

[4] Bouvet L., L'Insécurité culturelle: sortir du malaise identitaire français Paris, Fayard 2015.

[5] http://www.liberation.fr/france/2015/02/06/la-gauche-identitaire_1197259

[6] Je me souviens à la fin de ma quatrième conférence destinée aux étudiants en Master2 et en ces, l'un d'entre eux levé pour moi d'étudiants LGBT assistaient à mes cours à Paris. Je lui avais répondu que je ne savais pas, ne pas utiliser à ce que l'on demande aux étudiants leur orientation sexuelle, ni d'ailleurs à ce que les étudiants en fassent mentionnent dans le cadre universitaire. La réaction outragée de l'étudiant nous a beaucoup amusé Moshe Levine et moi ….

[7] http://tnova.fr/rapports/gauche-quelle-majorite-electorale-pour-2012

[8] Voir Sapir J., Le fin de l'Eurolibéralisme Paris, Le Seuil, 2006.

[9] Pina C., Silence Coupable, paris, Editions Kero, 2016. J'en ai rendu compte sur mon carnet RussEurope à l'époque: https://russeurope.hypotheses.org/4909

[10] Voir Agag-Boudjahlat, Fatiha, Le grand tournant Paris, Le Cerf, 2017, et la recension: https: //www.les -crises.fr/russeurope-en-exil-detournement-de-sens-par-jacques-sapir/

[11] https://jean-jaures.org/nos-productions/radiographie-de-la-mouvance-decoloniale-entre-influence-culturelle-et-tentations

[12] https://blogs.mediapart.fr/lancetre/blog/261117/thomas-guenole-denonce-le-racisme-de-houria-bouteldja-et-du -pir https://www.marianne.net/societe/interdit-aux-blancs-le-camp-d-ete-decolonial-remet-ca http: / /www.lefigaro.fr/vox/societe/2017/08/10/31003-20170810ARTFIG00080-un-camp-decolonial-interdit-aux-blancs-se-tient-a-nouveau-dans-l-indifference-generale.php

[13] Bellamy R. « Mains sales et gants propres: idéaux libéraux et politique réelle», European Journal of Political Thought, vol. 9, No. 4, pp. 412-430, 2010

[14] https://wieviorka.hypotheses.org/912

[15] Voir à ce sujet l'interview donnée par Diego Fusaro dans Le Figaro http://www.lefigaro.fr/vox/politique/ 2018/06/15/31001-20180615ARTFIG00394-entretien-avec-diego-fusaro-l-homme-qui-murmure-al-oreille-de-di-maio-et-salvini.php

[16] https://avenirencommun.fr/app/uploads/2017/03/Livret-migrations_vdef.pdf

[17] Laclau E., Politics and ideology in Marxist theory : capitalism, fascism, populismLondres, LNB, 1977. Idem, La raison populisteParis, Le Seuil, 2008.

[18] Meny Y. et Surel Y., “The constitutive ambiguity of populism”, in Yves Meny et Yves Surel Democracies and the Populist ChallengeLondres, Palgrave, 2002.

[19] Et en particulier dans Weber M., Économie et société. Les catégories de la sociologieParis, Plon, [1921] 1995. Les notions de pouvoir charismatique et de patrimonialisme sont traitée aux pages 285-336

[20] Comme par exemple la Fondation Terra Nova

[21] https://russeurope.hypotheses.org/4960

[22] Godelier M., « Ethnie-tribu-nation chez les Baruya de Nouvelle-Guinée», in Journal de la Société des océanistesN°81, Tome 41, 1985. pp. 159-168. Idem, La production des grands hommes : pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-GuinéeParis, Fayard, 1982.

[23] Godelier M., « Ethnie-tribu-nation chez les Baruya de Nouvelle-Guinée», op.cit., p. 163.

[24] Lanfranchi T., Les tribuns de la plèbe et la formation de la République romaine : 494-287 avant J.-C., Rome, École française de Rome, coll. « Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome » (no 368), 2015, 822 p.

[25] Isajiw W.W., « Definition of Ethnicity » in Goldstein J.E. et R. Bienvenue (edit.), Ethicity and Ethnic relations in CanadaButterworths, Toronto, 1980, pp. 1-11.

[26] http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/07/07/31003-20180707ARTFIG00103-migrants-le-conseil-constitutionnel-en-guerre-contre-la-souverainete-populaire.php

[27] Favoreu L., « La légitimité du juge constitutionnel » in Revue internationale de droit comparé1994, Vol : 46-2 pp. 557-581

[28] Carré de Malberg écrit que L’apport majeur de la Révolution française, est d’avoir consacré le principe de la souveraineté nationale. CARRÉ DE MALBERG R., Contribution à la théorie générale de l’État, 2tomes, Paris, 1920 et 1922, Librairie du Recueil Sirey (réimprimé par les éditions du CNRS en 1962) ; voir aussi Maulin E., « Carré de Malberg et le droit constitutionnel de la Révolution française », in Annales historiques de la Révolution françaisen° 328 | avril-juin 2002, p. 5-25.

                                    



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