Un libéral oublié, Ernest Martineau

Un libéral oublié, Ernest Martineau


Par Fernand Vatin

La fin du XIXe siècle, époque de bouleversements et de crispations, nous offre l'image, globalisation, d'une école libérale française aux forces diminuées. Un grand nombre de figures intéressantes, comme Ernest Martineau, poursuit en même temps que l'œuvre de vulgarisation des principes de Frédéric Bastiat. Défenseur, pour des raisons scientifiques tout autant que philanthropiques, du libre-échange entre les nations, Martineau s'est également livré avec beaucoup d'énergie à la réfutation des théories collectivistes d'auteurs comme Karl Marx. Quoique son succès, à cet égard, à être débattu, à transmettre à la génération suivante les armes intellectuelles pour combattre le socialisme et le protectionnisme et pour maintenir la France sur ces fondements ultimes que sont la liberté, la propriété et la justice

M. Martineau (Charles-Ernest), naquit à Villeneuve-la-Comtesse (Charente-Inférieure), le 22 novembre 1844. Son père, viticulteur et fils lui-même de viticulteurs, le mit en pension au Collège de Niort. Il y fit de brillantes études, puis commente sa médecine à la Faculté de Poitiers, mais abandonna cette science pour le Droit. Après une remarquable soutenance de thèse de doctorat, qui lui valut les félicitations du jury d'examen, M. Martineau plaida comme avocat, au Tribunal civil de Niort. En 1878, il fut élu conseiller municipal de cette ville. Nommé Juge au même siège en décembre 1880, il obtint ensuite Rochefort, avec l'instruction, en novembre 1884, et enfin, en mai 1902, la Présidence du Tribunal de La Rochelle, où il termina sa carrière.

Comme Juge, M. Ernest Martineau a laissé une réputation d'impartialité au-dessus de tout éloge. Jamais, à notre connaissance, mirabile dictu, choisi digne de remarque, une voix ne s'éleva pour critiquer un seul de ses jugements. Au reste, rien de très naturel à cela. En effet, avec une patience rare et un souci constant de l'énorme responsabilité attachée à ses fonctions, il ne faut pas étudier toutes les causes, même les plus infimes, appelées à la barre de son Tribunal. Au témoignage de quelqu'un, qui connut toute sa vie, «jamais magistrat ne fut plus froid, plus résolu, plus intraitable […] était aussi et avant tout un caractère d'une rare trempe, que rien n'animait plus que l'accomplissement du devoir pour lequel il dédaignait et délaissait tout. » (Lucien Bouhaut, Le Républicain de l'Ouest, 14 octobre 1905).

Au point de vue politique, il est un sincère et républicain pur, attaché à nos institutions républicaines et aux principes démocratiques. M. Martineau reste calme, digne et féroce, toujours aussi respectueux de la liberté des autres que de la sienne.

«Au-dessus du suffrage universel, de la volonté arbitrale et du caprice des majorités, il y a, dit-il, la liberté de l'homme et du citoyen, et si un homme n'a pas le droit d'intenter la liberté d'un autre homme, 100 millions d'hommes n'ont pas ce droit. » Remarquons que sa courtoisie et sa banlieue leur réserve des lignes louangeuses d'un des adversaires réputés de leur parti: « Le voix et les plumes ont permis que le président ait été Martineau comme juriste et comme administrateur de la Justice ; ici, nous résumerons notre opinion sur son compte en lui faisant le meilleur de tous les éloges: c'était un magistrat intègre. » (O.P. Écho Rochelais, 6 octobre 1905).

Quelqu'un dit de même: «M. Martineau était un républicain bien sincère, aimé et estimé de tous ceux qui fréquentaient et le connaissaient […] Mais le regretté président du tribunal de La Rochelle avait une qualité , un prix supérieur à notre avis, à ceux rappelés plus haut. Épris, en effet, d'une justice humaine et équitable, M. Martineau s'analyser, comme magistrat, de marcher dans la voie tracée par le bon juge de Château-Thierry, M. Magnaud, dont il admirait le caractère. » (La France de Bordeaux, 12 octobre 1905).

Il était donc, dans la plus haute acception du mot, ce qu'on appelle un homme de cœur. Philanthrope dans l'âme, il prêtait constamment, et volontiers, son concours dévoué aux oeuvres humanitaires plus les diverses. Rappelons que nous sommes ici, sollicitation par nous en 1903, prendre la présidence de l'Association Philotechnique de La Rochelle, accepter avec empressement et paye de sa personne en maintes circonstances, heureux de collaborer à la tâche d'instruction et d'être éducation populaire que cette association a entreprise (et que, entre parenthèses, elle poursuit avec beaucoup de succès pendant cette époque). « Il aimait notre société – dit M. Cunaud, vice-président – il était heureux des résultats […] La bonhomie, l'extrême courtoisie, la simplicité de notre président véritable démocrate, l'humanitaire […] Martineau a consacré sa vie à la totalité. »

Sous les auspices de cette société, nous l'avons entendu, en de nombreuses localités, faire de ses conférences, notamment sur les Droits de l'Homme et du Citoyen, sur le libre-échange, etc. là, ME Martineau parlait d'or, si nous nous persuadions, d'une voix chaude et persuasive, cette voix d'orateur, qui s'impose à l'attention de l'auditeur et ne l'abandonne pas l'avoir cru à son tour. À l'intonation qui allait au cœur, il joignait la vivacité du geste qui fixait le regard. Aucun de ceux qui aiment le privilège et le plaisir de l'écouter en Charente, Charente-Inférieure, Gironde, Vendée, Deux-Sèvres, n'oubliera ses démonstrations et démonstrations vigoureuses, étayées de documents, de chiffres, de preuves de toutes sortes . Certains sujets, entre autres, ont le don de la passion au plus haut degré, et de donner libre cours à son éloquence; et alors, il est devenu méconnaissable, emporté par le feu du discours, transfiguré, transformé en apôtre … Que de fois ce mot a été prononcé, en parlant de M. E. Martineau! Il était, dans sa sphère, un apôtre du libre-échange. « C'est avec un tempérament d'apôtre – dire sur sa tombe M. Mesnier, juge d'instruction à La Rochelle – que nous avons vu vu multiplicateur dans notre arrondissement, entreprenant, sous l'égide de l'Association Philotechnique, des conférences, où il fournit une ardeur infatigable … » (Courrier de La Rochelle, 19 octobre 1905)

Le mot n'est pas trop fort. M. E. Martineau était un admirateur enthousiaste et un protagoniste ardent de la doctrine libre-échangiste. «En dehors des soins qu'il contient à la justice at-on dit, il se livrait à l'étude de l'économie politique, et le libre-échange était la grande passion de sa vie; il y a la panacée qui consiste à guérir le monde de toutes les erreurs sociales. Utopie si l'on veut, mais utopie généreuse d'une vive intelligence et d'un brave cœur. » Il y aurait l'exagération, cependant, à prétendre que le libre-échange a été la seule passion de sa vie.

En de nombreux ouvrages, brochures, études et articles de revues ou de journaux, un parcouru et examiné, disséqué pour ainsi dire, les principales branches, les chapitres les plus intéressants de l'économie politique, la science qui était vraiment l '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' '' 19459011 ]et méditer, dans le silence, leurs hypothèses et leurs affirmations. Ses intimes préférences allaient à l'École économique de Manchester.

Joseph Caillaux, député, ancien ministre des Finances, appréciant publiquement l'œuvre considérable de ME Martineau, dit: «… J'ai gardé certaines de ses lettres qui sont exposées avec une clarté incisive les questions qui lui tenaient à cœur. Les mêmes qualités de clarté, de concision dans l'exposé se retrouvent dans les livres et dans les brochures qu'il publia. Les jeunes hommes qui veulent étudier l'économie politique gagneront à lire et à relire les ouvrages de Martineau, qui, comme son maître Bastiat, sut écrire et se passionner pour la défense des idées qui lui était chères. Il est un besoin de dire, maintenant que j'ai fait le nom de Bastiat, que l'on soit que des venons de perdre était un économiste imbu des doctrines d'Adam Smith, de J. B Say, de Bastiat, les soutenant avec une intransigeance qu'il m'arrivait, je le confesse, de trouver excessif. » (M. J. Caillaux, La Petite Gironde, 6 novembre 1905).

Parmi les nombreux travaux de ME Martineau, les travaux qui n'incluraient pas le long de donner l'énumération complète, citons seulement: l'analyse substantielle d'un Cours public de législation usuelle (Niort, 1876), une dissertation sur le Domaine de la loi et ses limites (Niort, 1876), le Fondement du Collectivisme (Paris, 1894), les Préjugés du roi Midas au sujet de l'or et de l'argent (Rochefort, 1896), Liberté et Socialisme (Paris, 1899), d'autres études, les plus récentes publiées par la Revue économique de Bordeaux, les Droits de Douane, le Commerce français, la Solidarité économique de l'Espagne et de la France, la Protection et le Socialisme d'État ( 1890), la Logique des protectionnistes, le libre-échange, la doctrine économique de l'Encyclique du 15 mai 1891 sur la condition des ouvriers (1892), la Révision des tarifs de douanes aux États-Unis (1893), le Collectivisme de Karl Marx (1894), le Fondement du collectivi sme, la valeur (1895), l'économie politique de La Fontaine, l'impôt sur le revenu, le pamphlet de droit sur la propriété, la propriété individuelle et le capital (1897), le testament du président Mac-Kinley (1901). ), le Principe de Lavoisier et la Théorie sur la Valeur de Ricardo et du Socialisme collectiviste (1903), le Port de La Pallice et l'Avenir maritime de La Rochelle, etc.

Le Bulletin de la Société d'Économie politique de Bordeaux a donné la liste des études qui lui sont envoyées par M. E Martineau; "The simple énumération of these many travaux in a small idea of ​​the labour labourer s'atreignait notre excellent collègue. Sa mort est une perte non seulement pour la magistrature française, encore pour les sociétés d'économie politique de Paris et de Bordeaux, aussi bien que pour le Cobden-Club de Londres. »

Certaines études classiques de l'économie politique pour l'objet de ses recherches plus, par exemple celles pour la valeur, au salariat, à la liberté du travail, à la propriété individuelle, au capital et au travail manuel , à la solidarité des intérêts universels …

M. Martineau vise à raconter la légende du roi Midas. «On connait dit-il, la légende fameuse du roi de Phrygie Midas: on dit que, grâce à l'amitié du dieu Bacchus, il obtint la faveur de changer en ou tout ce qu Il s'agitait. Privilège précieux, like it also lui procurator the suprême wealth, the or; privilège fatal, voiture, tout ce qu'il touchait se transformer en or, l'infortuné monarque était exposé à manger et boire littéralement … de l'or. Ainsi le roi Midas, dupe du préjugé vulgaire, était destiné à mourir dans les tortures de la faim, et il dut demander au dieu de lui enlever le funeste présent que son ignorance et son imprévoyance qu'avait réclamé. Le dieu lui conseilla, à cet effet, de se plonger dans le Pactole, ce qui s'émpressait de faire, et depuis ce bain mémorable, le Pactole roule dans son lit des paillettes d'or … Cette légende est sans doute 'oeuvre d'un économiste ignoré de l'antiquité, qui a donc considéré comme préjugé, cette confusion de l'or avec la richesse, et en montrant les graves dangers … La conclusion finale est donc celle-ci: la monnaie d'' ou et d'argent est une richesse, une valeur; mais, loin d'être toute la richesse, elle n'en est qu'une partie, une fraction minime; Son rôle est de faciliter l'échange de produits, de services qui sont de nature à satisfaire les besoins et les désirs. La véritable richesse est comprise dans l'abondance des produits, des choses utiles, des moyens de satisfaction. »

Prié de donner son opinion sur une des nombreuses études de M. Martineau, et d'écrire la Préface, M. Frédéric Passy, ​​de l'Institut, lui répondait, en lui envoyant la préface demandée: « … Vous essayez, mon cher Martineau, de dissiper cette erreur (du collectivisme) . Vous êtes de ceux qui, malgré l'épaisseur des ténèbres, ne cessent pas de croire au retour de la lumière; de ceux qui, malgré les difficultés de la lutte, le refus de s'abandonner et de laisser le monde aller à la dérive; on ne se félicite pas de vous féliciter et vous en remercier … ».

Dans cette étude, l'auteur se livre à un examen critique du système de Karl Marx.

À nous même, ME Martineau écrivait en diverses circonstances, à propos du protectionnisme qu'il combattait sans relâche: «Si la lumière ne se faisait pas sur les questions économiques, si la France ne se débarrasse pas de ce poison du protectionnisme, qui attise les haines entre les peuples et les préparant à la guerre, les masses iront de plus en plus vers les limites et le fossé se creusera de plus en plus entre ce qu'on appelle les classes, entre la bourgeoisie ignorante et aveugle, et le prolétariat non moins ignorant en matière économique. Deux choses propres peuvent sauver les sociétés: la justice et la lumière … – Il n'y a pas de meilleure façon de faire détester le système protectionniste par un auditoire même ignorant des questions économiques, c'est de lui qui montre que le protectionnisme, c'est la guerre. Les habitants des villes vivent trop d'une factice, ils n'entendent pas bien la mentalité des ruraux. Pour moi, cette expérience me prouve que les libre-échangistes ont vite fait de transformer les ruraux en commerce libre, traitaient la question pacifiste en même temps que la question économique, en identifiant la liberté des échanges avec la paix. »

La mort de M.E. Martineau (survenue à Châtelaillon-sur-mer en Charente-Inférieure, le 9 octobre 1905, après une longue et douloureuse maladie), un laissé un vide immense dans le monde savant de l'économie politique. Sa voix autorisée y était écoutée, avec une attention particulière, par les membres des grandes sociétés. Au nom des membres de la Société d'économie politique de Paris, M. Courcelle-Seneuil prendre la parole aux obsèques. «Ils ne peuvent oublier dit-il, le savoir, l'activité, la générosité de ce maître de la jeunesse, la loyauté de cet homme excellent, la dignité, l'élévation du caractère de ce magistrat. Ils conservent le souvenir de ses travaux, de ses enseignements et de ses jugements. » Le même orateur rappela, session of a meeting of the Economie politique de Paris, que M. Martineau fut «un actif et éloquent vulgarisateur dans toute la force du terme. Pendentif vingt ans, il prodigua son enseignement aux paysans par de nombreuses conférences et il a su pénétrer dans l'esprit de ces populations si méfiantes, et même trouver le chemin de leur cœur … »

Il avait, en effet, pour les habitants des campagnes, les hommes de la terre, les ruraux, comme il disait, une affection particulière.

La vie de ME Martineau, «Un homme sérieux, bienveillant et juste, de connaissances et d'aptitudes en tant que magistrat doit être» (M. Louis Martin, député), a été une vie toute une œuvre acharné et d'abnégation. Non seulement, il était en communion de pensées avec les économistes les plus éminents de notre pays, mais encore avec les maîtres de la science à l'étranger. Il s'attachait à mettre son enseignement à la portée des humbles, à vulgariser, à faire le rendant saisissant par des exemples heureusement choisis. Il était convaincu que l'ignorance des vérités économiques était la cause principale de la souffrance et contribuait à propager les préjugés et les déceptions inséparables de promesses irréalisables. Son caractère commandait le respect et chez lui le cœur était au niveau de sa belle intelligence. Les plus nobles traditions de la magistrature française revivaient chez cet esprit indépendant au service de tous les progrès. Rapprocher les esprits, rapprocher les cœurs, quel moyen sûr de réaliser la vraie fraternité et d'assurer l'union véritable! C'était le programme de tout l'enseignement économique et moral du président Martineau. D'ailleurs à Niort, comme à Rochefort, il avait laissé les souvenirs souvenirs, car il était impossible de le connaître sans aimer, de s'approcher de lui sans ressentir l'influence de cette personnalité généreuse, toujours au service du bien . Cet article de toutes les belles causes a été utilisé pour fournir des services, être utile, donner l'exemple de toutes les vertus qu'il recommandait et qu'inspirait le plus pur patriotisme. Rien qu'à l'approche sur soi sentait devenir meilleur, sur-écrire de lui comme député de Missy. »

Cette superbe et éloquente appréciation du caractère de M. E. Martineau, par M. Meschinet de Richemond, Archiviste départemental de la Charente-Inférieure, sera notre conclusion; et nous nous garderons bien de la dépression en essayant d'y ajouter, d'autres considérations, l'expression de l'affectueuse et de l'admiration profonde que nous jamais jamais avoir habitué d'avoir pour le vénéré et regretté Président de l Association Philotechnique de La Rochelle.

Sur le web



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *