Le climat contre les libertés individuelles

Le climat contre les libertés individuelles


Quel constitutionnaliste pour rappeler que notre loi fondamentale n'a pas pour fonction d 'afficher une vertu pour elle?

Par Benoît Rittaud.

Les projets de dictature écologiste avancent désormais à découvert, et les gardes sociologues n'opèrent plus: impossible d'éviter ce constat en lisant le titre de l'interview du climatologue François-Marie Bréon dans Libération du 29/07: « La lutte contre le climat contraire aux libertés individuelles ».

Ce titre ne permet pas de croire à une grille de lecture de qualité pour évaluer le projet de loi écologiquement punitif. Hélas, c'est tout le contraire: pour lutter contre l'évolution du climat, l'interviewé s'affiche comme favorable à une restriction des libertés individuelles .

Le plus inquiétant est qu'il peut ainsi faire tout au long de la vie nationale sans susciter une levée de boucliers. La phrase complète ne contient pas le titre qui est est encore plus claire: «On peut dire que la lutte contre le changement climatique est contraire aux libertés individuelles et donc sans doute. »

Entendant cette affirmation, la journaliste a-t-elle un mouvement de recul, un mot pour inciter à pondérer un projet si évidemment dangereux? Que nenni: les questions de démocratie et de libertés individuelles sont probablement secondaires, que l'entretien se focalise sur la question très grave de la climatisation – évidemment mère de tous les vices et consommatrice d'énergie.

En route vers la climatocrature

On peut se rassurer en disant que cette interview n'est pas une de ces perles collections par temps de chaleur dans certains journaux en manque de sujets, et que tout cela disparaîtra aux premiers jours. Mais on peut aussi voir l'illustration d'une faiblesse du corps social, devant un appel à une institution qu'il convoque bien climatocrature .

La climatocrature progresse lentement mais sûrement. Il y a trois ans, Cécile Duflot propose d'inscrire la lutte contre les changements climatiques dans la Constitution. Personne n'y avait prêté attention. Aujourd'hui, la réforme constitutionnelle se prépare à donner satisfaction à l'ex-ministre du Logement de façon spectaculaire: c'est rien de moins que l'article premier qui doit être défiguré pour y mentionner la «lutte contre le changement climatique» .

Modification de l'opportunité d'une opportunité? Personne Quel constitutionnaliste pour rappeler que notre loi fondamentale n'a pas pour fonction d'exposer une vertu pour elle? Aucun.

Le fait est que nous avons perdu toute capacité collective à mener un débat normal sur le climat. L'habitat tétanisé à la perspective que plus ou plus léger questionnement de la doxa climatique ou de ses implications (transition énergétique, politique environnementale diplomatie climatique …) lui colla 'égoïste, et pourquoi pas de négationniste.

Est-ce qu'il est encore temps de reprendre la main, ou n'est-ce plus une question de temps avant l'instauration de cette climatocratie qui cherche des libertés publiques ? Pour que l 'église soit remise au milieu du village, des commentaires peuvent être répercutés sur chacun sur l' exercice de son esprit critique, sans un lui jeter un Atout à la figure . Songeons aussi à faire en sorte que la qualité de climatologue n'offre pas de protection morale à ceux qui affichent leur volonté de prendre des valeurs.

Que notre monde devienne plus chaud ou pas, et que nous en soyons les responsables, nous avons le droit imprescriptible de rester libres.

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