PMA, GPA : les Français sont pour !

PMA, GPA : les Français sont pour !


Simon, le petit garçon de Philippe et Romain, est né par mère porteuse en France, en cette année 2023, et est en parfaite santé. Mila, elle, s'épanouit entre ses deux mamans, Coralie et Magali. C'est Magali qui a eu un don d'un sperme au Cecos (Centre d'étude et de conservation des œufs et des humains) de Lille, et au monde le lundi 23 novembre 2020. Estelle, elle, frôlait les 40 ans et n'a toujours pas rencontré le père de ses enfants. Elle a été inséminée avec le sperme d'un donneur à Marseille, et Jonas est né après une grossesse sans nuage, à la fin de l'année 2012.

Ces scénarios, aujourd'hui inenvisageables en France au regard de la loi de bioéthique, peuvent être réalisables demain. La gestation pour autrui (GPA) est interdite sur notre sol, tout comme la procréation médicalement assistée (PMA) l'est pour les femmes en couple homosexuel et pour les femmes célibataires.

Bioéthique: "Cessons de diaboliser la GPA"

Et pourtant, les Français sont pour! C'est la grande révélation de notre sondage exclusif mené avec BVA (1), auprès de nos compatriotes: ils sont majoritairement pour la PMA et pour la GPA. "Les Français se révèlent progressistes", estime Erwan Lestrohan, du département Avis de BVA.

Alors que les états généraux de la bioéthique, un vaste chantier de consultation de nos concitoyens, sont ouverts depuis janvier à travers tout le pays, ces conclusions sont précieuses. Elles peuvent alimenter les réflexions sur la révision de la loi de bioéthique, prévue pour la fin de l'année.

Révolution des mentalités

Ainsi, le sondage nous apprend que près de 60% des Français se déclarent favorables à l'ouverture de la PMA aux femmes en couple homosexuel, tout comme aux femmes seules. Plus surprenant encore, 55% d'entre eux sont aussi favorables à la gestation pour autrui. Une révolution des mentalités, au pays des réticences éthiques et de la crainte de toute marchandisation de la procréation.

Et plus d'un tiers (32%) se dit en faveur de la GPA, que le couple soit hétéro ou homo. "Ce chiffre a été augmenté de 16 points depuis février 2013, note Erwan Lestrohan." Il reste relativement restreint car il correspond, en fait, à la masse incompressible des Français plus les progressistes, portée par les jeunes et les plus à gauche. " 15% de nos compatriotes préféreraient, eux, réserver la GPA aux couples uniques hétéros ayant un problème médical qui a porté la femme de porter un bébé.

Ces résultats peuvent surprendre, alors que le souvenir des foules en loden de la Manif pour tous battant le pavé contre le mariage homo fin 2012, reste dans les mémoires. C'est que, comme l'estime le sociologue Alain Mergier, et contrairement à ce que ces militants sont venus à croire, "ces gens qui prenaient violemment la parole étaient en fait minoritaires. il existe, en France, une majorité silencieuse plutôt favorable à ces évolutions ".

La PMA pour toutes les conduira-t-elle forcément à la GPA?

Le sondage montre que plus de 70% des Français se posent aujourd'hui qu'un couple homosexuel peut élever un enfant dans de bonnes conditions. Mais, pour un couple hétéro, le chiffre monte à 98%, preuve que, si les mentalités bougent et si les "nouvelles familles" sont acceptées, il reste quelques bémols.

Erwan Lestrohan poursuit:

"Une grande majorité reconnaît le droit à la paternité pour tous mais, pour autant, le droit à l'enfant ne prévaut pas, selon eux, sur les droits de l'enfant. les conséquences, pour un enfant, d'être élevé dans une famille homoparentale ou monoparentale, sans père. "

Ils n'en croient pas moins la France frileuse, en matière de règles bioéthiques: 67% la jugent en retard.

Dans le laboratoire de la clinique IVI, à Barcelone (Espagne), spécialisée dans la PMA. (Cyril Marcilhacy / ITEM)

Alain Mergier commente:

"Ils ressentent un décalage entre ce que dit la loi et ce qu'ils vivent, nous sommes dans une révolution sexuelle radicale, qui dissocie avec l'amour, la sexualité et la procréation. Les couples n'étant plus la condition sine qua non à la procréation, pourquoi continuer à interdire ces techniques? pensé-ils. "

Ils ont ajouté que les petits Français ne sont pas déjà des Européens, ils ne sont pas des Européens, ni des Européens, ni des Libéraux en matière de PMA.

Dilemme éthique

Les personnes interrogées déclarent aussi très partantes pour que les femmes se congèlent leurs ovocytes, afin de préserver leur fertilité. 62% d'entre elles disent "oui" à cette technique interdite en France, sauf motif médical (en cas de traitement par un chimiste susceptible d'altérer la fertilité) ou en contrepartie d'un don. En juin 2017, l'Académie de médecine s'est elle-même déclarée favorable à cette cryogénisation, alors que le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s'est dit plus "prudent" . Les Françaises ne sont jamais plus fertiles qu'à 21 ans. Ou, ils ont aimé leur premier enfant autour de 30 ans et leur fertilité à la baisse à 35 ans, pour s'effondrer à 40.

Le psychanalyste Serge Hefez fiche de l'auteur:

"Si l'on prend en compte l'allongement des études et la difficulté de l'insertion sur le marché du travail, les femmes ont une fenêtre entre 31 et 36 ans pour leurs enfants. , y compris est devenu compliqué. "

La congélation, pratiquée jeune, pourrait donner quelques années de plus aux femmes désireuses d'être des mères, sans avoir un besoin de recourir à un ovocytes.

PMA pour toutes: y aura t-il assez de sperme?

Voiture qui dit PMA dit souvent don. Pour certains couples hétéros, pour les couples de femmes, ou pour une femme seule, le don de gamètes (ovocytes et spermatozoïdes). Il est actuellement gratuit et anonyme. Dans notre sondage, les Français se révèlent extrêmement partagés sur ce dernier point: ils sont 50% à vouloir garder ce principe d'anonymat; 48% à vouloir le levier, à condition que le donneur soit d'accord, et à la majorité de l'enfant né de ce don.

Alain Mergier analyse:

"Les chiffres traduisent un dilemme éthique dans notre société où prime l'individu, la notion de respect de la personne est très importante: les sondés ici entre le respect du donneur, le respect du désir de l'enfant des parents qui a eu recours au don, et le respect de la personne née de ce don, qui est le droit de savoir qui elle est, d'où elle vient, ils sont indécis. "

La gratuité reste, elle, pour 87% des Français, un impératif.

Tous ces sujets sont discutés actuellement dans le cadre des états généraux de la bioéthique. Leurs conclusions poussent-elles le président Macron à respecter la légalisation de la PMA pour toutes les femmes, que leur situation de couple et leur orientation sexuelle? Le CCNE est déjà déclaré favorable en juin.

Les Français se révèlent pour, il est temps d'avancer et d'ouvrir enfin un débat serein sur la gestation pour autrui, la congélation des ovocytes, et le droit aux origines pour les enfants nés d'un don.

Cécile Deffontaines, avec Elodie Lepage
(Infographies: Mehdi Benyezzar)

(1) Enquête réalisée auprès d'un échantillon de 1019 Français interrogés par internet du 26 au 27 février 2018.

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