Procès Tarnac : “Monsieur Coupat est un excellent conteur”

Procès Tarnac : “Monsieur Coupat est un excellent conteur”


Il fallait voir Julien Coupat, doigt levé, livre en main, presque en Sorbonne, donner à la présidente Corinne Goetzmann un cours d'histoire critique de la garde à vue. Réponse de l'élève, qui rappellera patiemment tout au long de ce deuxième jour d'audience qu'elle est, en fait, pas une:

"On ne va pas faire l'histoire du droit pénal, même si c'est un débat passionnant."

Plus tard, ce sera à elle de reprendre les prévenus qui font toujours sur le registre de l'impertinence et les "constructions débiles" des "flics". "Les policiers", elle corrige.

Comme le premier jour du procès de "l'affaire Tarnac" au Tribunal de grande instance de Paris, le public qui n'a pas pu entrer dans la salle faute de placez le signe ce mercredi par de sons "sur veut rentrer ", des cris et des applaudissements qui font sourire les huit prévenus qui ont décidé, eux, qu'ils ne laissent rien passer.

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Parmi eux, Julien Coupat, présenté en 2008 par la rhétorique policière comme le «chef de groupe», cellule des terroristes en puissance. Sous les boiseries, entouré de ses camarades, il surjoue à peine l'insolence, se sert du livre, le sirote, feuillette son,

"Une façon de poser les questions …"

La juge Corinne Goetzmann l'interrogée sur la ferme du Goutailloux, à Tarnac. Qu'était-elle exactement, cette ferme? La "base logistique" d'une bande "anarcho-autonomes", pour reprendre les termes de la SDAT après demande, en 2008, l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le "groupe de Julien Coupat"? L'anodin lieu de vie d'une communauté "post-hippie" rural, pour rétention de ceux de Mathieu Burnel, un des prévenus poursuivis pour refuser de l'achat ADN, lors d'une garde à vue?

Coupat, qui ne cache pas sa mésestime de l'institution judiciaire, n'a pas plus de respect pour sa production littéraire: "Des gens ont des désirs communs, de l'amitié, pour certains déjà des activités agricoles (. ..), et ils décident de vivre ensemble et de prendre un bâtiment. Ca ne me semble pas tout à fait fou ni suspect. " Il poursuit:

"Par contre, il y a une façon de poser les questions, de façon insistante, qui témoigne du récit qu'on cherche à passer sur une activité aussi anodine que de prendre une ferme ensemble."

La présidente demande des réponses concrètes. L'intéressé, lunettes de soleil, col roulé, voix calme et forte, esquive. Et conseiller:

"Je ne vais pas me défendre d'un récit que je juge délirant d'un bout à l'autre. regard. "

Il se lance dans un cours sur la procédure pénale en France: «Elle n'a pas changé depuis le XVe siècle, ce qui est la révolution, c'est écrit et non contradictoire. Refus, done, d'entrer dans ce "récit" entièrement "constitué par la partie adverse".

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"Mauvaise pièce de théâtre"

Prenons cette photo du Goutailloux prix par les enquêteurs et versée au dossier, par exemple. Elle amuse bien le public. Elle est surexposée, on ne distingue pas grand chose d'autre que des branchages, sur une mauvaise photo de vacances. Benjamin Rosoux, poursuivi pour le refus de l'ADN ADN, y voit "une forme de mise en scène":

"Sur une impression d'être dans la jungle, alors il y a une route qui passe juste au-dessous de la ferme. par la SDAT, argue-t-il.

"Je refuse de me soumettre à la question", répondra-t-il plus tard à la présidente, qui ironisera sur le fait que "personne va le torturer à la barre". Le remuant Mathieu Burnel, qui est là depuis le début des débats d'une connaissance très précise du dossier et d'une aisance orale qui se borne à l'impertinence joyeuse, abonde: "On va pas jouer ce rituel, cette mauvaise pièce de théâtre " S'ensuit une critique des conditions de garde à vue des prévenus, qui ont lieu, se font, signent des procès verbaux "sous la contrainte".

"On est convaincu que le tribunal n'est pas toujours partisan et on n'est pas tout à fait dans le même état d'esprit qu'on était au cours de l'instruction", Jérémie Assous, avocat de 7 des prévenus.

"Plus malin que les policiers"

Lors de la prochaine interrogation sur le passage de la frontière américano-canadienne, avec Yldune Lévy, également poursuivie pour le sabotage de la ligne TGV à Dhuisy, le registre est le même. Il ironise sur la liste des cours retrouvés dans son sac: "Il faut toute la capacité de lecture paranoïaque des renseignements pour voir là un kit de sabotage." Sur les techniques de surveillance détaillées par la présidente, menées par des "amateurs brevetés" déguisés en "inspecteurs gadget".

Le Procureur Olivier Christen, sous-là sur la défensive, se contente de protestations discrètes et d'haussements de sourcils lors des prévenus et de la défense, ne tient plus. Il se lève et prend la parole:

«Monsieur Coupat est un excellent conteur, je crois que M. Coupat n'a jamais été repéré de surveillance. "

Et de conclure: "Face à cette salle complètement acquise, j'aurais du mal à me faire entendre."

Agathe Ranc, au Palais de justice

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