Qui sont ces anonymes qui aident les esclaves modernes à s’en sortir ?

Qui sont ces anonymes qui aident les esclaves modernes à s’en sortir ?


"L'enfer", pour Fatou (un pseudo), un départ quand une cousine éloignée l'a fait venir du Mali en France, lui faisant miroiter "une vie meilleure".

Une fois installée dans son appartement de banlieue parisienne, cette dernière l'a réduite en esclave domestique: réveillée à l'aube pour préparer les petits-déjeuners, Fatou, 13 ans, se procurer et chercher les enfants à l'école , laver le sol, faire les cours ou encore préparer un dîner pour neuf personnes.

La jeune fille avait le droit aux repos et à deux douches par semaine. Elle dormait dans la salle à manger, sur le matelas en mousse posé sur le sol. Après une procédure interminable, la femme qui a exploité Fatou a été récemment condamnée devant le tribunal de Nanterre.

Son histoire est typique d'un crime encore très peu connu en France. Invisible ou presque, l'esclavage moderne se déroule à huis clos. Ce sont en majorité des femmes qui sont victimes, originaires d'Afrique du Nord ou de l'Ouest principalement.

«Ce qui est très frappant, c'est que l'esclavage domestique touche tous les milieux, le nabab, aux grands ensembles défavorisés, tout comme dans les campagnes», complète Sylvie O'Dy, vice-présidente du Comité contre l'esclavage moderne ( CCEM ), qui existe depuis 1994.

Privée de ses papiers, isolée, Fatou, 31 ans, un réussi à s'extraire de l'emprise de sa cousine éloignée fin 2005, après plusieurs années de servitude, grâce à l'aide directe et indirecte de deux personnes.

D'abord un voisin de l'immeuble à la police. Cela n'a rien donné, mais la cousine à la suite autorisé la jeune fille à se rendre à un cours d'alphabétisation. C'est là que rencontre jeune, un jeune Congolais qui aide à quitter l'appartement et à rencontrer le Comité.

La maîtresse d'école

Plusieurs centaines de signalements ont lieu chaque année jusqu'au CCEM (351 étudiés en 2016). "Il y a beaucoup de temps entre nous et les victimes", opine Sylvie O'Dy.

Les urgences ou un médecin qui appelle à une personne ou à une patiente, la police, un assistant social, d'autres associations …

La vice-présidente du CCEM se souvient d'une maîtresse d'école qui a remarqué que la même jeune fille aménageait et finissait par trouver des enfants à l'école. Elle-même n'était pas scolarisée. "Un des membres du Comité est allé à l'école pour rencontrer la jeune femme."

Ou d'une Philippine au service d'une famille de golfe, qui s'installe peu à Paris:

"Elle a voulu s'enfuir: elle a profité d'un week-end pendant lequel ils étaient partis pour s'échapper. 'Elle avait fait une fracture du bassin en sautant C'est l'assistante sociale de l'hôpital qui nous appelle. "

S ur les 35 nouvelles personnes prises en charge par le Comité l'année dernière, 22 ont été mises en contact avec un professionnel, comme cette assistante sociale. 7 sont elles lieux via un tiers.

Le voisin

Parmi les particuliers qui signalent l'alerte, il y a un voisin qui remarque une jeune fille sur un balcon de l'immeuble, un autre qui trouve étrange une jeune femme qui ne l'est pas Le signalement peut également venir d'un gardien d'immeuble ou d'un passant. Sylvie O'Dy:

"Je me souviens d'une très jeune fille qui a eu un jardin, sous le grand ensemble, une autre jeune fille de l'immeuble qui avait été proposé à la piscine. La jeune voisine était allée frapper à la porte de l'appartement.
La patronne à l'acte. Puis est tombée à bras raccourcis sur la jeune fille. Elle lui a brûlé les deux principales sur une plaque électrique et mise à l'extérieur. Alors l'adolescente, qui avait nulle part où aller, s'est rendue chez celle qui avait étéée au jardin. Les voisins l'ont pris en charge. "

En 2014, Le Figaro avait publié le témoignage d'Henriette exploitée à son arrivée en France. Quand j'essayais de me rebeller, Aminata [son exploiteuse, NDLR] moi dit que si je parlais, personne ne me croirait jamais, que je serais renvoyé au Togo avec les menottes aux mains, comme une criminelle. " C'est une voisine qui a été prévenue la police:

"Elle me demande souvent" Commentaire est-ce possible à votre âge, sur ne vous voit sortir que pour emmener et aller chercher les enfants à l'école? J'ai tout avoué à cette dame. "

Quand un voisin appelle pour faire partie d'un soupçon, le CCEM leur répond que cela ne suffit pas. «Il faut qu'ils déposent plus d'éléments, un lien de confiance s'établisse avec la personne», explique l'une des juristes de l'association. Aider quelqu'un malgré lui est compliqué et possible contre-productif …

"J'essaie d'entrer en contact avec elle."

Si le signalement est sérieux et étayé, le Comité essaie de rencontrer la personne. "Si elle est si possible, si elle est dans une situation d'enfermement, sur un commentaire sur un organisateur une rencontre, un départ. ", résume Sylvie O'Dy.

Le compatriote

Le comité a également plusieurs fois reçu des signaux de membres du personnel d'hôtels. En 2013, une personne a été sauvée in extremis par des gendarmes à l'aéroport du Bourget.

C 'est à l'occasion d'un séjour en France dans un palais parisien un témoin comprenant que la jeune femme était retenue contre son gré. Privée de ses papiers, elle travaillait 24 h / 24 pour une famille saoudienne, sans être payée et avait été tentée en vain de s'échapper avec d'autres jeunes femmes …

Début janvier dernier, tribunal de Nanterre a condamné un couple de Garches (Hauts-de-Seine ) à trois ans d'emprisonnement avec sursis et 10 000 euros d'amende pour "traite d'être humain".

Le couple, qui gagnait confortablement sa vie, était revenu en France après avoir travaillé à Dubaï, en amenant dans leurs bagages une employée de maison indonésienne. "Je croyais que c'était pour trois mois", a expliqué Aih, à la barre.

Pour 250 euros par mois, elle était corvéable à merci et privée de congés. Aït dormait sur un lit de matelas qu'elle dépliait au pied d'un enfant de la famille. Ses documents ont été retrouvés dans le sac de la patronne.

Dans un carré où elle sortait les enfants, Aih rencontre un jour une compatriote. Elles échangent, se confient. Coïncidence extraordinaire: cette femme a vécu la même chose. Pour lui venir en aide, elle a contacté avec elle l'association, qui est hébergée et accompagnée juridiquement.

Les signes que les voisins, les passants, une maîtresse d'école, sont «le contraire de l'indifférence», poursuit Sylvie O'Dy.

"Ce sont des gens qui ont déjà vu quelque chose de tout à fait normal et qui ont tout compris, et qui sont connus et appelés. malheur des gens. »

La grande question

«Le plus compliqué à comprendre, c'est pourquoi la personne victime d'exploitation ne s'enfuit pas, pourquoi elle ne demande pas d'aide», explique Annabel Canzian, juriste au sein du Comité. "C'est la grande question …", qui peut susciter l'incompréhension.

Parce que les situations d'esclavage domestique impliquent le maintien de l'autre dans la peur, l'isolement social, le physique, ce sont les situations d'empathie qui font qu'il est difficile pour les victimes de s ' en extraire seules. " Je me souviens bien d'un cas où l'exploiteuse avait fait croire à la victime qu'il y avait une caméra qui le filmait en permanence", abonde Sylvie O'Dy.

"L'explosion est un mécanisme psychologiquement très fort, de peur et de fatigue physique.Ils dorment peu, sont mal nourris, sont faibles …"

Celles et ceux qui sont arrivés en France avec leurs exploiteurs ne parlent pas forcément la langue et n'ont pas forcément des repères dans le pays.

"Elles ne savent pas dans quelle ville elles sont", précise l'une des juristes du Comité.

Les défaillances dans la prise en charge et l'hébergement n'arrangent rien. «Certaines se retrouvent dans une situation d'exploitation car elles sont dans l'errance.», Manon Testemale , juriste du CCEM.

Dans certaines situations, les personnes ne sont pas présentes à quel point ce qu'elles vivent n'est pas normal ou ne connaît pas leurs droits. Les juristes citent le cas d'une employée de maison payée une misère pour ce qu'elle a fait. Un autre employé lui a montré l'équivalent dans les billets de la somme qui a besoin d'un travail …

Pour toutes ces raisons, il est difficile pour l'association de toucher directement les victimes d'esclavage domestique, souvent invisibles. L'association à une mission de sensibilisation des professionnels de premier contact et du grand public.

"Si o n ne peut pas toucher les victimes directement, il faut toucher les gens autour", conclut Sylvie O'Dy.

 Emilie Brouze "class =" img-profil "/> </figure>
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