Droit de grève : décidement la droite n’a rien compris

Droit de grève : décidement la droite n’a rien compris



La droite s'attaque au droit de la grève par pur calcul politique et ne prend pas la peine de répondre à vrai problème qui tue le pays à petits feux.

Par Olivier Maurice.

Jean-Charles Taugourdeau, député LR du Maine-et-Loire, lieutenant de Laurent Wauquiez et candidat malheureux au parlement de l'assemblée nationale le 11 avril 2018 projet de loi visant à encadrer le droit de grève .

Non seulement on peut s'interroger sur la pertinence de déposer un projet de loi qui, s'il est adopté, ne manque pas de jeter une bonne partie de la population dans la rue, mais surtout sur peut poser la question du but recherché par la droite en déposant une proposition qui n'a absolument aucune chance d'être constituée alors que le gouvernement fait face à sa première contestation sociale et s'apprête à passer en apnée le mois de mai qui marquera le 50 anniversaire des galipettes estudiantines de 68 et qu'il ne risque rien d'envenimer la situation alors que le chef de l'État vient de mouiller la chemise pour essayer de calmer la contestation grandissante.

Quelques perles de totalitarisme

En y regardant plus en détail, il s'avère que non contenu d'être un épouvantail dont le titre est destiné à embrasser les réseaux sociaux (ce que la gauchosphère n'a pas d'ores et déjà attendu de faire) et de faire le buzz, le texte renferme certaines perles de totalitarisme en herbe qui ne méritent même pas d'être relevées (la gauche, la gauche de la gauche et la droite de la gauche de ne pas faire le faire pour le s «Eriger en héros défenseurs des libertés et des droits acquis», qui sont à la fois ridicules légalement, et ouvertement provocatrices.

«any participation to a critical policy is constitutive of an use of the licenciement» semblant oublier que les grèves politiques sont interdites en France et ne constituent pas de soi produire en dehors de circonstances exceptionnelles, les syndicats ayant acquis un savoir-faire exceptionnel dans l'art de noyer le poisson et de passer des mouvements sociaux à des milliards de lieues des revendications professionnelles légitimes pour des révoltes d'esclaves surexploités.

Jeter de l'huile sur le feu et provoquer des empochages généraux pour contester la fraîcheur de la marée semble bien être un sport national: cela évite sans doute de s'attaquer aux vrais problèmes.

La grève: un droit libéral

Avant d'aller plus loin, je vais en profiter pour casser les nombreux mythes gauchistes qui encombrent les manuels scolaires et les discussions de bistrots: le droit de grève n'est pas toujours un acquis social obtenu de haute lutte par le peuple »pour lequel« il ne faut pas oublier que nos ancêtres se battus et sont morts: dans le maquis, en 36, dans les fosses de Germinal … »etc …

Loi sur les droits de l'homme en France, adoptée par la loi sur les droits de l'homme et les droits de l'homme (19459031) loi Ollivier de 1864 suivie de la loi loi Waldeck-Rousseau de 1884 ) et de l'initiative pouvant être attribuée à Frédéric Bastiat .

Si le droit de grève découle logiquement du droit d'opposition à l'oppression, il contredit surtout la vision totale de la démocratie populaire que défendait Issac le Chapelier député du Tiers État qui en 1791 interdit toute organisation ouvrière au nom de cette même démocratie: « Il n'y a pas de pouvoirs que ceux constitués par la volonté du peuple exprimé par les il n'y a pas d'autorités que celles-ci sont déléguées par lui; Il ne peut y avoir d'action que celle de ses mandataires revêtus de fonctions publiques. »

Pour les socialistes, la grève n'a pas de raison d'être: il ne peut y avoir que la loi, l'ordre et la dictature du parti au pouvoir. C'est d'ailleurs ce que redit en substance Monsieur Taugourdeau dans son projet de loi.

Les syndicats qui ne représentent rien, mais qui sont tout

Comme souvent en France, le système ne fonctionne pas grâce aux multiples lois que les politiques s'évertuent à empiler les unes sur les autres, mais tire son essence du réseau inextricable d'arrosage public d'argent et de compromis.

La France est le pays le moins syndicalisé d'Europe : avec 8% de syndicalisation, on est très loin de 25% anglais et encore plus de 68% suédois.

Voir les syndicats français regroupent 3 fois moins de salaires en Angleterre et collectent 5 fois par mois que leurs homologues d'outre-manche, ils sont champions dans l'art du financement et du réseautage.

On estime à 30 Md € l'argent public qui a atterrit dans les poches des organisations syndicales. Ce qui est le cas dans le budget de la défense et celui de la recherche et de l'enseignement supérieur.

Quasiment ensemble des rouages ​​de la vie économique et de la vie sociale française contrôlée par les organismes paritaires: CNAP-CRAM, CNAF-CAF, CNAP-CAF de recouvrement (URSSAF), l'assurance chômage (Pôle emploi), les caisses complémentaires de retraite (AGIRC-ARRCO), les institutions de prévoyance, la formation professionnelle, les prud'hommes … sans compter les comités d'entreprises et de mal de comités Théodule aux missions des plus obscures.

Postures et Yaka Fokon

De qui se moque-t-on en prévoyant un projet de loi à une page destinée à encadrer le droit de grève et en prétendant s'attaquer au mammouth au moment même où celui-ci bombe le torse?

Qui a jamais pu croire que la dépolitisation d'un système qui a fait le 1% de privilégiés qui a été gâché depuis 70 ans en occupant tous les postes-clé des organismes paritaires pourrait se produire sans aucune casse?

[1] en Angleterre dans les années 80 où le système était somme toute moins délétère en France pour se douter que tout cela ne va pas forcément très bien se passer.

Qu'est-ce que cela signifie de s'attaquer à une liberté par le jeu de positions et de politiciens politiques, de manipuler une partie de l'opinion énervée (à titre juste) par le bazar généré par les grèves des transports pour faire le coq et jouer les dictateurs d'opérette

Ce n'est pas du tout que l'on assiste aux responsables politiques, ce pour quoi sur les paye.

Ce type de manœuvre électoraliste ridicule est tout ce que les gens détestent de la politique dans ce pays: des coups de menton et une absence totale de vision, de plan, d'honnêteté, de détermination et bien évidemment de résultats.

Est-ce qu'un jour les «gens d'en haut» vont l'entendre et le comprendre, avant de se décrédibiliser totalement par ces jeux tout juste dignes de la commedia dell'arte?



Source link

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *