La convergence des luttes n’aura pas lieu

La convergence des luttes n’aura pas lieu



Il n'existe plus d'idéologie révolutionnaire aujourd'hui et la convergence des luttes est très illusoire.

Par Patrick Aulnas.

La convergence des luttes! Voilà une expression à la mode dans les milieux de gauche. On rêve à mai 1968 à la grève générale, à la chute du gouvernement ou même à la démission du président de la République. Rien de tout cela n'est vraiment sérieux. Seuls de petits cercles de militants police grand bruit, mais ils ne sont pas relayés. Les médias amplifient les petites contestations catégorielles en se jetant, comme à leur habitude, sur tout ce qui bouge. Mais le calme de la société n'est jamais évoqué. Pourtant, sous les vaguelettes contestataires, les Français restent de marbre.

Il n'y a pas de mai 2018 voiture la situation n'a strictement aucun rapport avec celle de mai 1968. Voici quelques rappels.

La ​​société de 1968: le monde d'hier

La France du début du XXI e siècle est une des sociétés libres de l'histoire de l'humanité du point de vue sociétal. Contraception, interruption volontaire de grossesse, mariage homosexuel, procréation médicalement assistée ont permis de ranger les interdictions d'antan au magasin d'accessoires surannés

L'arrière-plan sociétal était profondément différent en mai 1968. Une bourgeoisie traditionnelle tenait encore fermement les rênes d'une morale jugée archaïque par toute la jeunesse. La loi Neuwirth autorisant la contraception orale (la pilule) et l'information contraceptive adoptée d'être adoptée en décembre 1967.

Les débats au Parlement ont été extrêmement violents. L'Église catholique et l'ordre des médecins du lobbying contre la loi Neuwirth auprès des pouvoirs publics. Les parlementaires conservateurs à la que les gens d'un monde voué à disparaître. Formatés par une morale multiséculaire qu'ils considèrent comme éternelle, ils ont tenté en vain de pérenniser par la violence légale.

En 1968, la contraception orale et toute l'information sur les moyens contraceptifs étaient encore interdites. Un autre monde!

En 1968, le marxisme structurait la pensée de gauche

Il n'existe plus d'idéologie révolutionnaire crédible aujourd'hui. Les quelques trotskystes qui survivent encore à l'extrême-gauche ne sont que des nostalgiques des luttes d'un passé révolu. La doxa de gauche se fonde sur une vague idée de marche vers l'égalité par la contrainte réglementaire et l'augmentation sans limite des prélèvements obligatoires. Le marxisme est discrédité économiquement depuis la chute de l'URSS qui était une démonstration historique dans le temps réel de l'inefficacité de ses préceptes.

En 1968, au contraire, le marxisme structurait la pensée à gauche et conservait un immense prestige auprès des intellectuels les plus prestigieux, par exemple Jean-Paul Sartre . Communistes et socialistes interprétaient la doctrine différemment sur le plan de l'action politique. Mais tous deux rêvaient d'une société sans classes devant advenir dans un avenir indéterminé. L'idéal marxiste induisait des programmes politiques avec les mêmes éléments: nationalisations, fiscalité fortement redistributive, droit social très contraignant.

Tout cela a volé en éclats. Plus question de grands programmes de nationalisations. La redistribution par la fiscalité atteint ses limites et n'est plus qu'un hochet pour bébé électeur. Quant au droit social, François Hollande lui-même à peine desserré les contraintes avec quelques dissensions dans sa majorité

Les discours lyriques de Mélenchon ne pèsent pas lourd face à ces réalités: pure agitation politique permettant d'empêcher la dérive d'un électorat qui suit la mondialisation. De ce point de vue, Mélenchon un fils utile. Il représente le passé et trompe sans vergogne ses électeurs sur l'avenir du monde, mais il permet de canaliser le mécontentement, ce qui est indispensable pour la stabilité socio-politique. Les Insoumis, comme la CGT, constituante des structures du cantonnement de la colère.

La ​​guerre froide et l'influence soviétique sur les élections en France

Le contexte géopolitique mondial du début du XXI e siècle n'a rien de commun avec celui de 1968. Un monde multipolaire à l'affrontement de deux blocs. Si les États-Unis restent la première armée militaire, la Russie conserve une armée de premier ordre. L'Europe, en s'unissant, un acquis économique important et la Chine émergent rapidement sur le plan militaire qu'économique.

En 1968, l'URSS représente le communisme et les États-Unis le capitalisme. Les deux puissances parvenaient à éviter un conflit armé directement, mais s'affrontaient pacifiquement dans tous les domaines. C'était la guerre froide.

La dictature soviétique ne permettait aucune liberté d'expression et l'opinion publique russe avait donc voix au chapitre. Du côté occidental au contraire, la liberté permettait aux partisans communistes de soutenir l'URSS, de déformer la réalité déjà bien connue de ce pays et de faire croire aux militants que l'éden n'était pas loin.

La contrepartie de la propagande prosoviétique des partis communistes occidentaux était un soutien logistique et financier important. La Russie intervient déjà dans les élections occidentales de manière occulte et probablement en fonction des moyens plus actuels et plus actuels.

C'est l'influence islamique radicale qui a remplacé l'influence russe, aujourd'hui très faible sur notre société. Aussi, l'extrême-gauche est-elle volontiers avec cette mouvance profuse dans la jeunesse musulmane. Le parallèle avec l'emprise marxiste sur la jeunesse universitaire de 1968 ne serait pas pertinent. Les soixante-huitards sont devenus pour la plupart des bourgeois bon chic, bon genre. On voit mal les petits délinquants de l'islamisme radical suivre la même voie. Ils n'ont aucun avenir, même pas celui-là.



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