Un homme greffé du visage une seconde fois, après le rejet de sa première greffe

Un homme greffé du visage une seconde fois, après le rejet de sa première greffe


Dans sa vie, Jérôme Hamon à trois visages: premier homme au monde à avoir subi deux greffes de la face, il a accepté "immédiatement" sa nouvelle apparence, sa nouvelle "identité".

Toujours hospitalisé trois mois après son opération à Paris, il est apparu avec un visage encore lisse et immobile, qui n'a pas épousé les traits de son crâne. Cela devrait venir à peu près, soit que le suivi soit bien suivi par le traitement immunodépresseur en raison d'un nouveau rejet

"Je me sens très bien", a dit le greffé, âgé de 43 ans, trois mois après son opération dans la nuit du 15 au 16 janvier, lors d'une rencontre avec les médias la semaine dernière.

"J'ai hâte d'être libéré de tout ça", ajoute-t-il, fatigué par le lourd traitement qu'il doit subir, et s'exprimant avec difficulté.

Cette annonce est inédite à mettre au crédit de l'équipe du Pr Laurent Lantieri, à l'hôpital européen Georges-Pompidou, de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Ce chirurgien plastique avait déjà réalisé, sur le même patient, une première greffe complète du visage, en 2010 à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, près de Paris.

Jérôme Hamon est atteint de neurofibromatose de type 1 (maladie de von Recklinghausen), une maladie génétique qui a déformé son visage.

"Sans visage"

La première greffe a été un succès, comme il a été raconté dans un livre publié en avril 2015, "T'as vu le Monsieur?"

Hélas, la même année, à l'occasion d'un rhume banal, il est traité par un antibiotique incompatible avec son traitement immunodépresseur. En 2016, il commence à montrer des signes de rejet chronique, et le visage se dégrade.

À l'été 2017 il est hospitalisé, et en novembre, son visage greffé, qui présente des zones de nécrose, doit être retiré.

Il reste deux mois "sans visage" en réanimation à Pompidou, le temps que l'Agence de la biomédecine signale un donneur compatible. Des moments difficiles à vivre, avec un faciès d'écorché vif.

Mais à cas exceptionnel, patient exceptionnel. "Toute l'équipe en réanimation a été époustouflée par le courage de Jérôme, sa volonté, sa force de caractère dans une situation tragique, parce qu'il est dans l'attente, et que jamais il s'est déplaint. plutôt que de bonne humeur ", raconte à la presse Bernard Cholley, anesthésiste-réanimateur.

Technique révolutionnaire

Le donneur de visage sera un jeune homme de 22 ans, décédé à plusieurs centaines de kilomètres de Paris. Le Pr Lantieri l'apprend un dimanche soir, le 14 janvier, ce qui déclenche une grosse logistique.

Il faut d'abord prélever ce visage dans la journée du lundi.

Le soir il faut le transporter le plus rapidement possible, par la route, vers Georges-Pompidou.

Avec l'accord de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), une technique révolutionnaire a été employée pour la conservation du greffon: 'hémoglobine de ver marin pour retenir l'oxygène.

Jérôme Hamon est entré au bloc opératoire le lundi 15 janvier, à la mi-journée. "Vers midi, l'équipe a préparé la préparation au niveau du receveur: préparer les vaisseaux, préparer les nerfs, pour qu'on puisse faire cette transplantation", raconte le Pr Lantieri

Ensuite, ce sera comme de poser délicatement un masque, en s'appuyant sur tout ce qui fait l'anatomie complexe de la tête. Très vite, l'équipe du greffon montre des signes de la vie encourageants en soi colorant.

"C'est bon, c'est moi"

Le patient ressortira du bloc le mardi en fin de matinée, au terme d'une opération hors normes. Elle fait l'objet d'une fuite dans la presse quelques jours plus tard.

"L'opération répond à une question qui était de l'ordre de la recherche: est-ce que peut-on refaire une greffe de visage? Oui, sur peut retransplanter, et voilà ce qui obtient", un expliqué le Pr Lantieri.

Pour éviter un rejet, l'opération a exigé de "nettoyer le sang d'anticorps", par une plasmaphérèse, et de "bloquer la production de ces anticorps" par traitement médicamenteux pendentif "les trois mois qui ont précédé la transplantation ", un détaillé Éric Thervet, néphrologue.

"La première greffe, j'ai pris immédiatement le greffon, j'ai regardé un nouveau visage et maintenant c'est pareil", dit aujourd'hui Jérôme Hamon. "Si je n'avais pas accepté ce nouveau visage, ça aurait été un drame … Effectivement, c'est une question d'identité. (…) Mais là, c'est bon, c'est moi.".

Il y a eu 40 greffes du visage dans le monde depuis la première, celle de la Française Isabelle Dinoire en 2005.

(AFP)

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