Charles Maurras, antisémite forcené (2/2) : les appels à la violence et aux meurtres

Charles Maurras, antisémite forcené (2/2) : les appels à la violence et aux meurtres


                    

Charles Maurras parus dans l'Action Française (AF), généralement caché ou très peu mis en avant par ses admirateurs.

  1. Contre le capitaine Alfred Dreyfus
  2. Contre Abraham Schrameck
  3. Contre 140 parlementaires "assassins"
  4. Contre Léon Blum
  5. Contre les résistants
  6. Contre les démocrates Chrétiens
  7. Contre la famille Fornier, Robert Worms (et "la juiverie" …)
  8. La ​​présentation faite par le biographe Olivier Dard (2/2)
  9. Pour approfondir

I. Contre le capitaine Alfred Dreyfus

Voici la vision de Maurras sur Dreyfus – et son programme pour lui:

II. Contre Abraham Schrameck

Abraham Schrameck était ministre de l'Intérieur en 1925.

Le 9 juin 1925, dans L'Action française, Maurras écrivit une lettre ouverte à Abraham Schrameck, qui vient d'interdire le port d'armes; le menaça de faire "son fils a chanté de chien":

III. Contre 140 parlementaires "assassins"

En 1935, l'Italie menace de relancer une guerre coloniale contre l'Éthiopie .

La Société des Nations (SDN, ancêtre of the ONU) travaille pendant les mois pour que la diplomatie éloigne le risque de guerre. Elle échoue, et la guerre éclate le 3 octobre.

En septembre, un grand Manifeste est publié contre toute agression italienne en Éthiopie:

Ou 140 députés français ont signé ce manifeste, qui défend les principes de la Société des Nations.

Le 22 septembre 1935, l'Action française se déchaîne contre eux, les agents d'assassins:

Le manifeste est pour Charles Maurras "une provocation à la guerre, pour interdire à un peuple de poursuivre une expédition coloniale, comme tout le monde en fait, comme nous avons fait nous-mêmes". Liste des 140 signataires, traité de "factieux", "d'assassins", "d'assassins de la Paix, d'assassins de la France":

Et Maurras demande que les lecteurs gardent la liste, pour que les personnes qui "déclarent la guerre" soient assassinées en cas de déclenchement de la guerre:

Cette litanie va se poursuivre pendant les semaines.

Le 13 octobre, Maurras va employeur une expression qui fera flores: "le couteau de cuisine":

Petit florilège (clairement non exhaustif):

L'article du 13 octobre a suscité une indignation que la loi sur la presse est changée pour lutter contre les appels de Maurras. Le 10 janvier 1936 est créé le délit de «provocation non suivie d'effet» aux coups, blessures, violences ou voies de fait envers les personnes (cette loi étant souvent dite » Loi Maurras "):

Dès le 13 janvier, Maurras republie son article, ce qui se déclenche ainsi que les poursuites contre lui:

Le 21 mars Il est condamné à 4 mois de prison – il fera appel:

IV. Contre Léon Blum

C'est surtout contre Léon Blum que la mère de Maurras va se déchaîner.

4-1 / Blum: "un homme à fusiller dans le dos"

Le 9 avril 1935, Maurras explique que Blum mérite la mort:

4-2 / ​​13 février 1936: la tentative de lynchage contre Blum

Le 13 février 1936, les militants de l'Action française s'embrassent très violemment à Blum près de l'Assemblée nationale ( description détaillée ):

L'agression de Léon Blum le 13 février 1936

Léon Blum le 13 février 1936

Sur la rappellera enfin que, plus tard, le ministre de l'Intérieur Roger Salengro se suicidera face aux attaques diffamatoires de la presse extrême-droite ( source ) :

4-3 / La victoire du Front Populaire

Le 3 mai 1936, jour du 2e tour des législatives de 1936, l'Action Française appelle à l'électeur contre Moscou, Londres et Berlin (sic.):

Perdu – le 4 mai:

4-4 / Maurras en Mai

Après la victoire du Front populaire, Maurras se déchaîne durant le mois de mai:

Maurras ressort son "couteau de cuisine":

Le 14 mai, le "couteau de cuisine" est destiné à Léon Blum, futur "premier abattu":

Le lendemain, il renouvelle son appel au futur meurtre pour "abattre le Blum":

Léon Blum porte alors plainte contre Maurras pour ces deux articles – ce dont l'AF rend compte le 17 mai:

Ceci est le président, qui vient à peine de condamner Maurras:

Le 24 mai, Il est condamné à 8 mois de prison:

Mais dans l'intervalle, Maurras redouble de violence contre «ce vieux chameau sémitique de Blum», dressé par ses «soins, au fouet – en attendant le couteau de cuisine»:

Le 18 mai, le gouvernement interdit une réunion de l'Action Française:

Du coup, le 19 mai, comme "Léon Blum trahit", il est qualifié cette fois de "chamelle" – ce qui fait partie d'une campagne de l'extrême-droite l'accusateur d'homosexualité:

Il poursuit:

Encore le 20 mai:

Encore le 21 mai, Maurras réitère son "À bas les juifs":

Le 22 mai, c'est la dénonciation du "parti juif":

Notera la prescience de Maurras à propos des Allemands et des Italiens qui sont jetés dans les bras des fascistes ("meilleurs administrateurs" que les démocrates) par "l'instinct vital" pour "ne pas céder aux forces de mort" sic.). Il poursuit sur "les douze tribus" pour lesquels oeuvre "l'antique chamelle":

Sautons au 25 mai, juste après la condamnation de Maurras, qui poursuit: "Israël vit en Blum", "la vieille chamelle":

Le 26 mai, Blum est "un vieil étranger face à chameau, si ce n'est pas de chamelle":

Le 27, Blum, ce "rabbin" est un "vieux chameau féroce":

Le 28 Mai, Blum, qui annonce "le règne juif" est une "vente et féroce chamelle":

Le 4 juin est formé le Gouvernement Blum . Le lendemain, l'Action Française titre: "La France sous le juif"

Maurras, de nouveau, attaque "ce misérable chameau ou cette absurde chamelle":

Le 8 juin, la "chamelle" devient … "parfumée":

etc., etc.

Notons le 2 juillet que le chameau est aussi pour un "germano-juif" (alors que ses racines sont alsaciennes mais tout est bon pour Maurras …)

Nous vous épargnons la litanie des attaques, quasi quotidiennes.

Le 29 septembre 1938, au moment de la crise de Munich, l'Action française de Maurras n'oublie pas ses objectifs juifs: "Il faut que nos premières balles soient pour Mandel, Blum et Reynaud":

V. Contre les Résistants

Le 31 août 1943, Maurras s'interroge sur l'opportunité de procéder à des «exécutions sommaires» d'otages communistes qui s'opposent à la terreur à la terreur:

Une semaine plus tard, il a fait l'idée de «traiter un certain nombre de communistes prisonniers comme otages et exécuter avec retarder»:

Rebelote 3 semaines après, le 27 septembre, pour "passer par les armes les plus hauts gradés" parmi les "chefs du mouvement communiste" gardés en otage:

Le 3 octobre, il s'alarme … que l'occasion (de l'exécuter) passe, en raison d'une "dangereuse mansuétude" et de "l'impunité des communistes" …

Le 11 octobre 1943, Charles Maurras définit "les modes d'une répression efficace", dénonçant "d'affreuses faiblesses", face à des assassins qui "sont les premiers à [en] rire": "sitôt pris, sitôt pendu ", Proclamation de la" loi martiale "," cours martiales "pour" dans les 48 heures, les criminels [soient] interrogés, jugés et exécutés "

Le 11 novembre 1943, il dénonce le nouveau communiste "qui s'exerce librement par ici" [sic.]et appelle à ce que les militants soient "pincés" puis "réduits à l'impossibilité de nuire":

Maurras continue le 3 janvier 1944, plaçant le nombre d'exécutions capitales "demeure à peu près stationnaire". Il ajoute son fameux " Nous répétons qu'il doit y avoir à Toulouse comme à Grenoble des chefs de communistes et de gaullistes connus. Ne peut-elles pas tomber? [….] L'important est […] d'exécuter [de mener] des sanctions frappées un peu haut ":

S'estimant encore trop peu écouté, malgré sa proximité avec le maréchal Pétain,

En février / mars 1944 a lieu la bataille du maquis des Glières où une centaine de jeunes Résistants seront tués. Maurras commente ainsi:

Pour Maurras, ces "déments", ces "criminels" […] ont fait de la nuit dans leur cerveau de façon à laisser entrer le coeur dans leur coeur "se retourner sur eux en demandant" le bienfait du châtiment et l 'honneur de l'expiation' …

Il relance régulièrement son idée d'exécutions d'otages, comme le 25 avril 1944:

Le précis du matin qu'il doit mener des rétorsions énergiques contre les résistants, qui ne sont que des partisans armés, qui n'a rien de régulier et qu'une armée française a le droit de fusiller à toute capture ":

Il explicite clairement le 24 mai 1944 son programme contre les Gaullistes:

" [Il faut prendre] Des otages parmi les parents et les proches des bourreaux d'Alger. Bourreaux juifs d'abord parce qu'ils sont les plus influents. Et puis bourreaux français ou soi-disant tels. Les tribus Meyer, les clans Mendès-France ou Jacob ne sont pas tous outre-mer. On the right of the right of the children to all of the parents to all their parents and allies, and we want to have their suffisantes suffisantes, he eh bien! que libre cours soit donné à la loi du talion. "[Charles Maurras, L’Action Française, 24 mai 1944]

René Blum le frère cadet de Léon Blum. Journaliste de formation, directeur du théâtre de Monte-Carlo dans les années 1920, où il débute, entre autres, Michel Simon et Louis Jouvet. Il fonde une troupe permanente, les Ballets russes de Monte-Carlo . Sa troupe devient l'une des plus célèbres du monde et se produit régulièrement en Europe et aux États-Unis.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il se répliqua à Hendaye en juin 1940. Puis il annonce qu'il rentre à Paris au lieu de rejoindre New York où l'attend sa troupe: pour lui, comme pour son frère, quitter la France paraîtrait être une désertion: «- Mais tu te jettes dans la gueule du loup! lui dit Marcel Pagnol. Et si les Allemands te tuent? – Ce serait absurde, répond-il, voiture Goethe et Wagner perdront un bon serviteur! »

René Blum est arrêté à son domicile parisien le 12 décembre 1941, dans une rafle dite «des notables» en même temps que 742 notables et d'intellectuels d'origine juive. Déporté le 23 septembre 1942 au camp d'Auschwitz, son nom est marqué d'une croix rouge sur la liste des déportés, et un télégramme à l'avenant des autorités du camp de sa présence dans le convoi.

Dès sa descente du train à Birkenau, au moment où allait la sélection, un gradé SS à hurlé: «Où est le Juif René Blum? »Et qu'il a été emmené par des SS en voiture vers une destination inconnue. Samuel Jankowski, qui était employé en 1942 à incinérer de nuit les cadavres à quatre crématoires numéro 1, a indiqué qu'il avait entendu les membres de l'équipe de jour raconter la mort atroce de René Blum: les SS ont acquis en voiture dans la cour du quatre crématoire et, après l'avoir déshabillé, l'avoir mis sur la plaque-forme du four et brûlé vif avec les cadavres. (source: ici et )

René Blum

VI. Contre les Démocrates Chrétiens

Dans l'action française, Maurras a combattu le courant concurrent des démocrates chrétiens et leur journal L'Aube. Comme le rappelle Raphaël Vantard:

"L'opposition entre l'Aube et l'Action Française remonte aux années 1930 en raison des divergences idéologiques et politiques profondes. À l'approche humaniste du courant démocrate chrétien caractérisant l'Aube, l'Action Française développe les thèses du nationalisme, s'intègre à l'éditorialiste du journal. Les affrontements à la plupart des temps entre virulents entre deux courants se réclamant des valeurs chrétiennes que la justice était contrainte de jouer les arbitres. Ainsi que il est mentionné à plusieurs reprises dans les journaux lyonnais, Francisque Gay, le fondateur de l'Aube et Charles Maurras se sont retrouvés à dix-sept reprises devant les tribunaux. […] Marie Louise Baron dans La Voix du Peuple traduit donc l'attitude du directeur de l'Action française: «Maurras se tasse comme si il est prisonnier». »

Maurras va profiter de l'occupation pour régler ses comptes avec ses ennemis:

"Aux cotés des métèques, des francs-maçons, des communistes et des protestants, les hommes politiques, les journalistes, les éditorialistes appartenant à la mouvance chrétienne démocrate deviennent une cible de prédilection du chef de l'Action Française. Cette fronde s'explique en partie par leur rupture avec le régime de Vichy qui prétendait remettre les valeurs chrétiennes au centre de la société. Cette opposition est vécue comme une trahison par Charles Maurras qui a lieu dans la conspiration gaulliste, marchant la main dans la main avec les assassins communistes ». Cette fronde aboutit à des dénonciations virulentes dans les pages de l'Action Française de figures de résistance chrétiennes telles Francisque Gay et Georges Bidault ou Auguste Champetier de Ribes (futur procureur général de France au Tribunal de Nuremberg) du journal L'Aube, et l'écrivain Paul Claudel .

C'est le 26 février 1943 que les attaques les plus fortes de Maurras commencent, contre "ceux qui doivent se cacher", "malfaisants factieux" et que "convoyer par les voies les plus rapides, jusqu'au poteau ":

Le 20 juillet 1943, il se plaint que Champetier de Ribes ne soit pas "arrêté", ce qui lui laisse "toute liberté de nouer les complots qu'il lui plaît":

Le 29 septembre, l'alerte sur ces amis de "leurs chers Anglais" qui mènent "de véritables conspirations" et "marchent main dans la main avec les communistes" (sic.):

Comme l'avocat général précise au procès Maurras, Paul Claudel échappe à peu à la Gestapo à cause de Maurras:

Le 23 mars 1944, il indique "qu'on a trouvé leur principal dans tous les complots contre l'unité et contre le Maréchal. La dissidence est en grande partie leur oeuvre ":

«Purs intellectuel d'un gai, d'un bidault ou d'un champêtre de Ribes ":" Ces malfaiteurs publics se cachent encore, et il le faut bien. Nous n'ignorons pas où ils sont et sont bien sûr les fouailler «dans leurs latrines».

Il n'était pas le seul, voiture, dans la foulée de la publication de l'article, la Gestapo débarqua à la rédaction de l'Aube:

"Comme dans le cas d'autres affaires de dénonciations nominales, ce qui retient principalement l'attention des enquêteurs et des journalistes, réside dans le lien entre ces articles et une intervention de la Gestapo. C'est cette liaison qui permet d'inculper clairement Maurras pour «intelligence avec l'ennemi». Pour les journaux, comme pour l'accusation, c'est donc un article de Maurras de 1944 qui est déterminant. «Le 23 mars 1944, MM. Bidault, Champetier de Ribes et Gay, la Gestapo commence une perquisition de 5 jours dans les bureaux parisiens de l'Aube. Une douzaine de personnes sont interdites, ne sont pas un agent de liaison de M Bidault, alors président du CNR »

Ce qui permet aux enquêteurs et aux journalistes d'établir un lien entre l'article et l'intervention allemande dans le témoignage d'une employée de l'Aube [qui] a vu, pendentif la perquisition, un numéro de l'AF entre les mains d'un policier ». L'acte d'accusation retient également ce témoignage comme déterminant: «Au cours de cette perquisition, une employée de M Les réserves en français ont été conservées. "( source )

VII. Contre la famille Fornier, Robert Worms (et "la juiverie" …)

Maurras s'en prend aussi à des buts bien moins connus. Par exemple le 16 octobre 1943 il dénonce une famille (il ne nomme pas nécessairement), comme l'avocat général au procès Maurras:

Nous avons terminé cette étude par cet exemple effarant. Le 2 février 1944, Maurras dénonce les "menaces juives":

Entre la dénonciation de "la pieuvre juive" et celle de "hordes juives", il demande donc "des nouvelles d'un certain Roger Worms, millionnaire et Front populaire", dont "la spécialité" "consistait à réclamer que l'on bourrât tous les villages français insuffisamment peuplés avec la fine fleur des ghettos du centre européen ". Il poursuit: «On serait curieux de savoir si la famille noble est dans un camp de concentration ou en Angleterre, ou en Amérique, ou en Afrique – ou si par hasard elle a gardé le droit d'épanouir ses beaux repos de prospérité dans quelque La Côte d'Azur? Dans la plupart des cas, ce qui est hors d'atteinte et de portée, sauf en un seul, celui que nous mentionnons en dernier lieu : 1945-1949] [traduction française] [traduction française] scandale et une tolérance à la mort. ] "À la loi du" talion ".

Roger Worms (résistant communiste, futur fondateur de L'Observateur, connu sous son pseudonyme de résistant Robert Stéphane), Pierre Worms, sera assassiné sur la Côte d'Azur 4 jours plus tard par les miliciens, le jour des 10 ans du 6 février 1934 (date avérée par le dossier d'instruction cité, BB / 18/7113, 8 BL 441 R, Charles Maurras «Collaborateur»)

Ce qui est incroyable c'est que lors du procès de Maurras en janvier 1945, Roger Worms, empêché, ne peut assister, un télégramme du parquet de Draguignan apprend à la Cour que l'assassinat de Pierre Worms a eu lieu avant que l'article de Maurras ne soit écrit; Maurras est acquitté de ce chef d'accusation.

Mais après vérification dans les jours qui suivront le procès, sur apprendra que le télégramme était un faux. Protection officielle? Intervention d'amis secrets? Sur ne saura jamais …

Mais ce qui est sûr c'est que Gallimard fait dans la fausse information …

(Source: L'Action Française, disponible sur Gallica )

VIII. La présentation faite par le biographe Olivier Dard (2/2)

Rappelons qu'Olivier Dard est le biographe, de Maurras, fort controversé, mais apprécié de l'extrême-droite. Nous avons déjà pointé sa complaisance envers Maurras dans ce billet et celui-ci.

Charles Maurras – Le maître et l'action

7-1 / Sur Abraham Schrameck

Rappelons le ton de la lettre de Maurras:

Olivier Dard – service minimum, en citant pas la hargne antisémite:

… et en minorant le propos.

7-2 / Sur Blum et le couteau de cuisine

Voilà tout ce qui se trouve dans la biographie de Maurras d'Olivier Dard à propos du "couteau de cuisine":

A priori, une seule référence dans la biographie

Et sur l'attentat de Blum

Olivier Dard réussit à qualifier de "mépriser" une tentative de lynchage claire dirigée contre Léon Blum …

Les ignobles attaques antisémites contre Blum, ses appels au meurtre? Résumés ainsi:

Il est dommage qu'Olivier Dard n'a pas précisé que son sujet d'étude a donné un nom à une loi donnée le Droit de la presse pour pouvoir sanctionner ses appels aux meurtres:

7-3 / Sur les résistants

Sur la prise d'otage des proches des résistants? Rien a priori:

Sur Champetier de Ribes:

Au moins son article ignoble contre les Résistants du maquis des Glières – c'est une des plus longues citations de l'avocat général au procès Maurras? :

Bref, à chacun de faire son avis …

En revanche sur le concept compliqué sous sa plume la notion que tente de faire l'historiographie contemporaine: les "vichysto-résistants", concept fumeux sur le plan même que les Londono-Résistants …

7-4 / Sur Roger Worms

Olivier Dard parle bien de Robert Worms:

Ainsi, Olivier Dard:

  • Robert Wroms et le capitaine Robert Stéphane sont la même personne …
  • confond Robert Worms avec son père assassiné, Pierre Worms;
  • cité le télégramme qui indique que la mort de [Pierre] Worms est intervenue avant la publication de l'article de Maurras – mais ne pas dans le corps de livre que c'est faux!

Il finit par indiquer en note que Roger Worms contestait la date de l'assassinat (en minorant, là encore la gravité du sujet) – ce qui éclairera un peu les lecteurs courageux de cette 763 e note …

Épilogue

Le 19 avril 2018, Olivier Dard a encore fait son "extrême violence" contre Maurras dans le Figaro :

Eh oui, une influence sur les "élites intellectuelles"!

Le numéro spécial "Les Juifs" de Je suis partout du 18 avril 1938

Olivier Dard ajoute dans le Monde le même jour:

Eh oui, Maurras n’a pas été remplacé – et c’est tant mieux…

On a d’ailleurs appris qu’Olivier Dard avait de claires visées politiques :

Nous laisserons le mot de la fin à l’Historien Pierre Nora :

Bref comme le souligne fort justement Le Monde pour alerter… :

Pour approfondir

Pour les passionnés, je vous renvoie vers ce second article de synthèse de Laurent Joly : (2/2) D’une guerre l’autre. L’Action française et les Juifs, de l’Union sacrée à la Révolution nationale (1914-1944) :

“À la fin des années 1930, L’AF renoue avec le ton de l’avant-guerre, preuve que les haines anciennes n’ont pas disparu et sont toujours susceptibles d’être réveillées, avant de soutenir, entre 1940 et 1944, la politique antijuive du régime de Vichy. Ce soutien, toujours extrémiste et insatisfait, fait voler en éclat la légende d’un antisémitisme maurrassien « assez raisonnable et modéré ». C’est que l’avènement de l’État français constitue une revanche sur les quarante années de République dreyfusienne, et l’AF a du mal à se « garder d’une certaine délectation »  C’est cela la « divine surprise ». « C’est la revanche de Dreyfus ! », l’autre mot célèbre de Maurras, prononcé lors de son procès de 1945 à l’énoncé du verdict le condamnant à la détention à vie et à la dégradation nationale, est également à prendre au sens propre. 1940 était la revanche contre Dreyfus ; 1945 est la revanche de Dreyfus.

Ce qui frappe, au bout du compte, dans l’antisémitisme maurrassien, c’est la ténacité des positions de départ, que l’ouverture aux Juifs patriotes et autres tentatives de modération n’ont jamais pu ébranler. Tel était au demeurant le rôle de L’Action française, des articles de Daudet et des leaders de Maurras : entretenir auprès de leurs partisans un sentiment d’urgence, donner aux lecteurs des raisons quotidiennes de croire et de s’indigner, mobiliser les militants autour de scandales et d’ennemis méprisables, d’où le choix de la violence rhétorique contre des adversaires boucs émissaires par excellence, tels que Schrameck ou Blum. Mais comme l’indignation et l’invective ne s’accompagnaient que trop rarement d’actes, nombre de disciples de la pensée maurrassienne finiront par opter pour des engagements plus radicaux – ainsi, Coston, Darquier de Pellepoix, Rebatet ou Darnand.

Il n’en demeure pas moins que, durant l’entre-deux-guerres, la prose maurrassienne a habitué les lecteurs de L’AF à un antisémitisme d’autant plus légitimé qu’il se présentait sous des dehors rationnels, avec ses exceptions pour les « Juifs bien nés » et ses considérants politiques. Dans l’opinion d’extrême droite et dans de larges franges de la droite conservatrice, les articles de Maurras ont imposé comme une évidence la nécessité de « régler la question juive » d’un point de vue politique : soit dans le cadre plus étendu du problème des « métèques », soit par une dénaturalisation des Juifs français, soit, enfin, par un « statut » particulier définissant des limitations et interdictions professionnelles. Ces trois options, théorisées dans les pages de L’Action française durant près de trois décennies, sont celles qui, dès l’été 1940, retiendront l’attention du gouvernement de Vichy.”

Olivier Berruyer

                                    



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