“Under the Silver Lake” : trop pop pour la Croisette

“Under the Silver Lake” : trop pop pour la Croisette


Et soudain, la compétition fit pop! Hormis Quentin Tarantino avec sa palme pour "Pulp Fiction", la plupart des cinéastes qui ont amené la culture pop en compète ont fait pschitt: de "Boulevard de la mort", du même Tarantino, à l'hallali "Southland Tales" de Richard Kelly en 2006, Everest indépassable de la scission entre le public cannois et les disciples pop-corn de Baudrillard. Ca recommence cette année avec le néo-noir "Sous le lac d'argent" de David Robert Mitchell, cinéaste discret mais brillantissime révélé à la Semaine de la critique avec "Le mythe de la nuit américaine" et, surtout, "Il suit".

Le détective privé, c'est Sam (Andrew Garfield), un hipster glandeur de Silver Lake, quartier ultra-branché de Los Angeles mitoyen à Hollywood, qui sera expulsé de chez lui s'il n'a pas payé son fils loyer d'ici quatre jours. La femme fatale, c'est Sarah (Riley Keough), sa voisine blonde, une aspirante actrice (comme toutes les voisines à L.A.), avec laquelle il ne faut pas qu'elle disparaisse mystérieusement. Alors Sam, persuadé qu'un complot cache derrière tout ça, enquête. Il cherche des signes, tout le temps et partout: dans les soirées branchées, un fanzine, des paroles de chansons, des jeux vidéo, une boîte de cornflakes … Ou des signes extérieurs de la culture pop, à Hollywood, il y a tellement que des signes intérieurs de folie, de frustrations et de solitude.

Un statut de classique dans quelques années

La culture pop, David Robert Mitchell lui redonne un sens, rappelle ce qui existe: le rapport intime que chacun entretient avec elle et qui peut prendre des visites obsessionnels, masturbatoires mêmes. Le film, lucide, en prend acte avec humour et juste ce qu'il faut de distance, sans s'y complaire, n'en déplaise à ceux qui n'ont vu que ça: de la branlette branchouille.

Il y aurait beaucoup à écrire sur cette errance parmi l'histoire, les fantômes et les fantasmes liés à L.A., la cité du cinéma et de Charles Manson, de Marilyn et d'Harvey Weinstein. L'empire du mâle regarde ("toutes ces femmes fleurissent à la chaleur du regard des hommes de la ville", entend-on dans le film). D'apparence cool mais profondément mélancolique, acide et angoissé, à mi-chemin entre «Inherent Vice» de Thomas Pynchon et un épisode de Scooby-Doo, «Under The Silver Lake» a été publié par une grande partie du public et de la la critique. Sur le reconnaître, il est un quart d'heure trop long. Quelques coupes par-ci d'ici sa sortie, le 8 août prochain, et les parions avec le temps, il a gagné le statut de classique, à ranger aux côtés de "Fenêtre sur la cour", "Body Double", "le Privé" et "Lost Highway", dont il serait le cousin ligne claire, fun et planant.

Après "Le Lac d'Argent", Vanessa Paradis, deuxième long-métrage du français Yann Gonzalez, lui aussi à la Semaine de la Critique. Beaucoup plus abouti et ouvert que son premier film, «les Rencontres d'après-minuit», ce digest inspiré de giallo, de la comédie libertaire et de romantisme à la Marcel Carné (avec un aparté drame provincial, sur les terres de Téchiné), dans le milieu du porno gay des années 1970, va bousculer plus encore les habitudes de la sélection. Fera-t-il pop ou pschitt? Sur y revient très vite.

 Nicolas Schaller "class =" img-profil "/> </figure>
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