Oxfam et les dividendes du CAC 40: l’injonction nationale des multiculturalistes

Oxfam et les dividendes du CAC 40: l’injonction nationale des multiculturalistes



OXFAM a publié cette semaine un « rapport » sur les dividendes du CAC 40 qui a fait le buzz. Intitulé de la façon très nuancée: «CAC 40 – des profits sans partage», et sous-titré de façon tout aussi nuancée: «comment les grandes entreprises françaises alimentent la spirale des inégalités», il est permis de dénoncer une nouvelle fois les bénéfices ( éhontés, bien entendu), des grandes entreprises françaises. Ce brûlot à charge méritait qu'on y revienne, tant qu'il constitue une vision complètement à la plaque du capitalisme français.

Le propos d'OXFAM était simple, et permettait d'ailleurs de se dispenser de la lecture du document, tant qu'il était, comme une homélie un dimanche de Pâques, pour nourrir la foi des convoitises beaucoup plus que convertir les prosélytes: les grandes entreprises distribuent trop de dividendes aux très riches, en spoliant les salariés misérables qui créent la richesse. Il était une époque où ce poncif était l'apanage des partis politiques, Parti communiste en tête. Il est amusant de voir que le démenti imposé à ces forces agonisantes par les défaites électorales transfère maintenant à des organismes non gouvernementaux la charge de garder le temple post-marxiste.

On trouve une accumulation de données dans ce document, dont le seul est de nourrir les certitudes déjà acquises. Les lecteurs qui s'y réfèrent et ne manquent pas de perdre en un seul document, OXFAM a rencontré le même pied dans la même perspective et les chiffres de natures différentes, sans d'ailleurs forcément prendre le temps de les étayer.

Par exemple, le rapport cité les 60 à 80 milliards d'évasion fiscale, chiffre qui tourne dans la boucle sans que personne ne soit capable de rendre ce montant, dont le changement change souvent. Tantôt, ce sont des impôts qui ne sont pas payés en France par les entreprises françaises, tant qu'ils sont placés dans le paradis fiscaux sans que ne soit pas si ils sont des cotisations ou non à l'État.

Mais le propos ici n'est pas de montrer les erreurs de sens de ce rapport. Il est plutôt de saisir l'injonction paradoxale d'une revendication in fine profondément nationaliste contenue dans le document lui-même, alors qu'il est une organisation qui a défendu par ailleurs le multiculturalisme et l'ouverture des frontières à tous crins.

OXFAM et l'occultation de la solidarité nationale

Premier point: OXFAM ne cherche pas à mesurer les recettes. Des milliers de dividendes versés sur un total d'environ 100 milliards de bénéfices. En lisant le rapport, sur l'impression que les actionnaires du CAC 40 ne paient pas d'impôt et qu'ils soutiennent les folles à la collectivité sans toute contrepartie.

Ou le raisonnement ne tient pas exactement la route. D'abord parce que le CAC 40, comme le rappelle furtivement le rapport, ne distribue pas tous ses bénéfices, mais seulement la moitié. Ensuite, parce que les dividendes versés sont soumis à des impôts importants qui permettent de financer des dépenses publiques. On a aimé que les OXFAM s'appesantisse sur ce sujet et dise commente la CSG sur les revenus du capital (en 17,2% en 2018), en particulier, alimentait les caisses de la sécurité sociale.

Emmanuel Macron, sur tombe (mais c'est une cote très mal taillée) sur une somme théorique de 15 milliards qui reviennent dans les politiques publiques après versement des dividendes. C'est là que se trouve une étude qui ne peut être poussée que par le fait de contribuer efficacement à l'assurabilité social français ces coquettes distributions.

Et sur ces points, nous restons sans réponse … et OXFAM n'explique pas clairement aux lecteurs cette particularité qui veut que l'assurance maladie soit aujourd'hui en partie financée par des contributions sur des dividendes de géants français qui ont produit de la richesse à l'étranger, et qui a rapatrié en France.

Nous y reviendrons.

Le rôle lui aussi occulté de l'État dans ces distributions

OXFAM à l'honnêteté de rappeler (page 41) le rapport de la Cour des comptes sur l'État, qui souligne, bon et mal, le Trésor Public ramasse 3 milliards de dividendes grâce à ses participations dans différentes entreprises. OXFAM mentionne même opportun que trois des cinq entreprises inversant le dividende sur les participations de l'État: Engie, Orange et Veolia.

This particularité very française vaut à OXFAM une superbe injonction paradoxale dont les rédacteurs ne paraissent pas avoir saisi l'ironie. D'une part (page 41), ils écrivent:

L'appétit de l'État pour les dividendes a été trouvé comme la tendance significative de l'analyse de ses participations dans le CAC 40.

Mais (page 53), allumé: «L'État: premier perdant», à propos des paradis fiscaux

Encore, sur peine à voir, au-delà des incantations morales, la vision stratégique qu'OXFAM dégage concrètement. Il est évident que la stratégie de dividende portée par Bercy dans les grandes entreprises dont l'État est actionnaire ne diffère pas de celles des Family Office de type Arnault, Bettencourt ou Pinault. Tout le monde court, pour la plus grande satisfaction des contribuables français, derrière les profits à cour terme.

En réalité, le contribuable français qui se cache derrière l'expression pudique «d'État» est à la fois juge et partie dans cette affaire. En tant que contribuable, il adorerait que les grandes entreprises paient plus d'impôt, mais en tant qu'actionnaire il se félicite de recevoir beaucoup de dividendes. On a aimé OXFAM s'intéresse à un peu à ce dilemme et dénonce l'immoralité d'une partie non négligeable des recettes publiques des numéros du CAC 40.

Si vous êtes à la recherche d'un impôt sur le revenu et de la cotisation sur ceux-ci, et que les dividendes sont perçus par l'État actionnaire, sur 5% des recettes de l'État. Ce n'est pas de même si si mal …

L'étrange revendication nationale d'OXFAM

Revenons-en maintenant aux racines du mal dénoncé par OXFAM, à savoir le taux de distribution des dividendes dans les grandes entreprises françaises, comparé à leurs voisines mondiales. Comme l'écrit le rapport page 25, le phénomène qui touche le CAC 40 est assez simple à comprendre:

This entry is established to internationalisation of the entreprises of the CAC 40 any retrait progressif banks and as insurance French and as State of, and the weak of the actionnariat individual France.

Le rapport explique avec une simple raison confondante les raisons pour les actionnaires du CAC 40, qui ne sont pas l'État, ont faim et soif. Ce sont souvent des clients qui ont besoin de rentabilité et exigent donc des revenus. Ce poids de l'actionnariat étranger a été retiré de la banque de l'actionnariat individuel et du retrait progressif des banques et des assurances françaises.

En creux, sur comprend qu'OXFAM a compris! Le CAC 40 un besoin de capital étranger le capital français, au sens large, est famélique. Sous la plume d'une organisation non gouvernementale cette revendication aux frontières de la préférence nationale.

Disons même que la déduction qu'on peut tirer de ce constat fait mauvais genre dans une instance qui cesse de maudire les frontières et la préférence nationale. French translation for benefits to the foreign exchange for benefits to the foreign exchange to benefits to the foreign changes to the foreign exchange for OXFAM inverse. Il faut hyper-réglementer le capital français pour le rendre moral.

Qu'importe ici qu'OXFAM propose de réduire le mal par le mal, en affaiblissant encore l'attractivité du capital français, et par le biais de l'attractivité du capital français en renforçant l'intérêt de l'évasion fiscale (par le durcissement de l'impôt fiscal français). Il ne s'agit pas de traiter le problème à la racine, mais de donner une bonne conscience en dénonçant l'immoralité de tout ce qui ne va pas. Les revenus du capital, résumons la société française à un vaste groupe de salariés, et tout ira mieux dans le meilleur des mondes suradministrés.

L'immoralité des pistes proposées par OXFAM: le cas TOTAL

Venons-en ici à l'examen de ce qui reste le problème de fond: serait-il morales de suivre les pistes de réglementation proposées par OXFAM, et qui se retrouvera dans le rapport à la page 57?

J'extrais de cet ensemble pétri de bons sentiments une phrase emblématique:

Le versement des dividendes est facultatif et il n'y a pas de raison de se perdre dans les priorités de l'entreprise: la rémunération de ses employés, le développement de son activité, l'investissement et le respect de sa responsabilité sociale et environnementale.

On ne relèvera pas ici les sous-jacents idéologiques de cette affirmation brute de décoffrage. Il est en revanche tout à fait intéressant d'en faire un cas pratique. TOTAL étant épinglée comme l'entreprise qui distribue le plus de dividendes, on reprendra donc pied à pied le raisonnement d'OXFAM pour comprendre.

Ainsi, le but de TOTAL serait de rémunérer ses employés, de développer son activité, d'investir et de respecter l'environnement. Cette phrase seule montre la fragilité de la conception de l'entreprise développée par OXFAM.

Pour deux raisons au moins.

TOTAL, une entreprise morale?

D'une part, les mauvais esprits avertont avec une certaine force que la responsabilité sociale et environnementale de TOTAL ressemblent beaucoup au suicide. Demander à une société d'exploitation pétrolière de respecter l'environnement, c'est un peu comme demander à un bourreau d'électeur l'abolition de la peine de mort. Du coup, ce que pose OXFAM, c'est la question même (posée par ailleurs par la loi PACTE) de l'internalisation de la morale dans la constitution de l'entreprise. La vocation de l'entreprise est-elle de faire du profit, ou d'être «socialement responsable»?

Depuis longtemps, l'Occident fait le pari de la pérennité collective collective du vice individuel de ses acteurs. C'est l'objet même de la Fable des Abeilles de Mandeville. En proposant de procéder autrement, en enjoignant aux acteurs économiques de ne plus obéir à un vice, mais de se conformer à la vertu, le modèle qui est proposé est profondément remanié, jusqu'à l'absurde. Car l'impératif catégorique qui est proposé à certaines entreprises oblige certaines d'entre eux à être à leur activité, par que, par leur nature même, elles sont immorales.

TOTAL, une entreprise colonialiste?

D'autre part, si l'on suit le raisonnement d'OXFAM, Total pose évidemment un vrai problème, car cette entreprise à deux métiers distincts. L'un consiste à raffiner le pétrole et à vendre l'essence ainsi fabriquée, ce qui justifie qu'environ les tiers de l'entreprise employé en France ou dans les pays où l'essence raffinée par Total est vendue. L'autre consiste à extraire le pétrole un peu partout dans le monde. C'est un qui compte une grande partie des 100.000 salariés du groupe répartis sur les sites d'extraction ou d'exploration.

Pourquoi Total est-elle la 4è place mondiale sur ce marché alors qu'il n'y a pas de pétrole en France? Parce qu'historiquement les entités qui ont fini par fusionner dans le groupe Total (on se souviendra d'Elf et de la Belgique Fina) ont investi dans les capitaux qu'il a dû pour exploiter les champs pétrolifères, la dépense coûteuse en investissement et peu coûteuse en main -d'oeuvre. Si les géants mondiaux du pétrole sont essentiellement occidentaux, c'est parce que le capital pour développer ces activités et les marchés de débouché pour les produits ont été trouvés en Occident.

On peut trouver cela immoral, dans la mesure où l'accumulation occidentale du capital a permis à l'Occident de gérer (en partie) les réserves mondiales de pétrole. Il s'agit là d'une forme de colonialisme économique.

Que propose OXFAM pour remplacer ce système?

D'abord de distribuer aux salariés de l'entreprise le fruit des capitaux qu'ils n'ont pas permis d'assurer leur activité. Et c'est ainsi qu'une illustration parfaite de l'utilité réelle du capital par rapport au travail. Si les salariés de Total entrepreneurs eux-mêmes financer le développement de leur entreprise sans l'intervention des «capitalistes», l'entreprise disparaîtrait. Au demeurant, il immoral d'assurer aux salariés des revenus tirés d'un investissement apporté par d'autres.

Ensuite, OXFAM considère que le versement de dividendes est facultatif. Mais alors? l'argent du pétrole que nous extrayons et que nous vendons aux automobilistes majeurs européens, il va où? Il n'est plus rapatrié en France, pour financer notre protection sociale? Il ne sert plus à payer les soins aux victimes du diesel dans nos villes?

L'ambiguïté capitale et nationale d'OXFAM

Et voilà donc l'injonction paradoxale d'OXFAM qui se dévoile peu à peu. Le capitalisme est un système tordu, efficace, qui permet de fabriquer la prospérité collective à partir des vices individuels. De riches exploitants exploitent l'argent pour le supplément de pétrole très polluant, et pour la vente à des gens qui rêvent majoritairement d'acheter une voiture pour aller en vacances quand ils le veulent.

Les automobilistes qui polluent dans le droit de penser beaucoup de gros capitaux à cigare qui prennent des dividendes chez Total. Il n'en demeure pas moins qu'eux sont heureux de polluer l'atmosphère quand ils partent en vacances, et ils sont aussi heureux d'avoir des hôpitaux modernes pour les soigner quand ils ont un accident sur la route. Et qu'importe que ces hôpitaux soient financés avec les profits tirés d'une activité polluante.

Tous ces acteurs de la vie quotidienne (chacun essayant de donner des gages de la vertu en exhibant de façon répugnante une multitude de pensées bienveillantes pour le reste de l'humanité) s'entendent pour organiser une société, pour faire nation , comme disent les intellectuels. Faut-il s'en mordre les doigts?

Selon OXFAM, oui, bien sûr. Il y a beaucoup de choses que l'on peut dire que le CO2 sur l'autoroute du Soleil pendant les mois d'été en soi disant que la station essence qui le ravitaille appartient à une compagnie morale. Maintenant, si on ouvre les yeux, on sait que le prix de la moralité annonce la mort rapide de l'entreprise. Celle-ci n'aura plus les moyens de financer ses investissements, les retraités américains qui ont investi (à travers les 5% de BlackRock) dans Total être condamnés à la pauvreté, et l'état ne percevra plus des impôts sur les dividendes versés.

Bref, il existe un écosystème totalement immoral du capitalisme mondialisé, dont les Français sont positifs, et probablement beaucoup plus qu'ils ne le pensent. On peut bien entendu, pour faire bonne conscience, tout faire pour l'occulter et proposer des solutions françaises qui amèneront notre propre suicide. C'est là le fait de cette logique d'enfant gâtée dominante dans le monde de la bienveillance où OXFAM se tortille.

Si le suicide permet d'améliorer le monde, on pourrait peut-être se laisser séduire par ces solutions. Le problème est que la France peut faire toutes les règles nationales qu'elle veut, elle n'empêchera pas le monde de tourner.


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