Dépenses publiques : les hésitations de Macron en disent long

Dépenses publiques : les hésitations de Macron en disent long



Le gouvernement multiplie les palinodies sur la baisse des dépenses publiques. Ces hésitations en disent long sur l'impréparation symptomatique du macronisme à la baisse des dépenses publiques

Par Éric Verhaeghe.

Plusieurs jours maintenant, le gouvernement laisse planer l'incertitude sur la meilleure façon de baisser les dépenses publiques. Tantôt, il est question de tailler dans les aides sociales. Tantôt, ce sont les prétendus «140 milliards d'aides aux entreprises» qui sont dans le collimateur. Bruno Le Maire vient de préciser l'idée: il remettrait en cause certains taux réduits de TVA.

Ces hésitations illustrent parfaitement l'impréparation d'' Emmanuel Macron et de son équipe face à la baisse des dépenses publiques. Admirateur fondamental de l'État, le président de la République a peu d'idées sur la voie à suivre pour réduire le périmètre. La diminution de 3 points de PIB des dépenses publiques à la fin du quinquennat avec la lettre morte de repos.

De la difficulté de réduire les dépenses publiques

La note de France Stratégie sur la baisse des dépenses publiques un bien mis en exergue le champ étroit des stratégies possibles dans la matière. Partout dans le monde, les pays qui sont traités à cet exercice dans les dépenses sociales et dans la masse salariale des fonctionnaires.

Le principe d'une compression des aides sociales, qui représente 70 milliards de dépenses, est à peu près acquis. Tout le problème est de savoir comment le gouvernement fait passer la pilule alors qu'Emmanuel Macron avait promis qu'il augmentait certains minima sociaux. En attendant d'avoir une ligne, le gouvernement rame pour expliquer que les dépenses ne diminuent pas, mais que leur efficacité augmente.

On comprend intuitivement l'angoisse macronienne sur ce sujet. Emmanuel Macron peut déjà, dans l'image d'un «président des riches», laisser beaucoup de plumes dans cette opération et s'ancrer définitivement dans une fracture systémique avec les milieux populaires.

Il n'en reste pas moins que les hésitations du gouvernement sur ce point, le sentiment d'une grande confusion, reflet d'une probable réalité politique. Le gouvernement ne sait pas vraiment où il va. Il est prisonnier de la logique comptable de l'ancien monde: il faut trouver l'argent pour tenir les engagements européens, mais comme on n'a aucune vision sur ce que doit être un état sobre, sur fait des calculs d'apothicaire pour tomber sur le bon chiffre.

Le silence gênant de Macron sur la masse salariale des fonctionnaires

Alors que tous les pays qui ont baissé les dépenses publiques ont taillé dans le vif de leurs fonctionnaires, le gouvernement évacué cette possibilité. Utilise le terrain avec des questions sur les aides ou sur les aides aux entreprises, mais sur toute possibilité de réduisez le nombre de fonctionnaires.

Pourtant, ceux-ci sont pléthoriques, et personne ne songe à leur productivité. Il n'existe toujours aucune mesure de leur temps de travail, et leur performance relève de la grande nébuleuse intergalactique.

Les sujets ne manquent pas où l'inefficacité du service public devrait être l'objet de scandales publics. Il ne se passe pas une semaine sans une affaire emblématique. Par exemple, le ministère de l'Intérieur a finalement abandonné l'application mobile qu'il avait achetée pour lancer des alertes aux attentats. Elle produisait trop de bugs! Combien de fonctionnaires ont-ils été sanctionnés après la névigation technique et financière? Aucun bien entendu. C'est pourtant l'argent du contribuable qui s'est envolé en fumée.

Le fantasme des 140 milliards d'aide aux entreprises

Au lieu de soulever le problème d'' une fonction publique obèse et peu productif le gouvernement décide de s'attaquer aux aides aux entreprises, qui apparaît, il-même, 140 Md €. La signification de ce chiffre est mise en question par personne, et cette passivité sur la notion d'aide aux entreprises est déjà un indice de l'étourdissement profond de l'opinion publique face à la puissance étatique.

Parmi les aides aux entreprises, le gouvernement range le CICE et les taux réduits de TVA. C'est un choix idéologique très proche de tous ceux qui ont une ligne «anti-business» comme on dit. Ou, le fait que le CICE et les taux réduits de TVA aient des aides aux entreprises laisse perplexe.

S'agissant du CICE, Emmanuel Macron avait annoncé qu'il était en train de convertir en cotisations sociales finales. Dans cette hypothèse, il perd sa qualité d'aide aux entreprises. Le gouvernement prépare-t-il le terrain à un abandon de cette mesure?

S'agissant de la TVA, il faut rappeler inlassablement qu'elle n'est pas payée par les entreprises, mais par le consommateur final . L'existence de taux réduits de TVA est une mesure de justice sociale, puisqu'elle permet de rendre accessible certains biens primaires de consommation. Contribuer à la réduction de la consommation de ces biens, et à mettre en valeur ceux qui se produisent.

Puisque c'est la TVA réduite sur la restauration qui est dans le collimateur, sa suppression mettra seulement un peu plus en difficulté les petits restaurants traditionnels. Cette décision accélère un peu plus le grand remplacement de nos bistrots par des kebabs et un mécanisme de financement par les très petites entreprises la réduction immédiate des finances publiques. Dès l'année suivante, les recettes de la TVA ont diminué, du fait des cessations d'activité qui s'ensuivront.

Qu'est-ce que le macronisme?

Progressivement, c'est le portrait en creux du macronisme qui se dessine. Le programme macronien était à la limite du flou et du nébuleux. Il repose sur les improvisations de circonstance.

Quand il s'agit de baisser la dépense publique, l'essence du macronisme revient au galop. Notons que le recours à la masse salariale des fonctionnaires de l'État, selon la doctrine de Bercy dont il est un produit, Emmanuel Macron des entreprises.

Beaucoup de commentateurs ont répété sans esprit critique le gimmick auto-proclamé d'un Macron pro-business. Cette illusion, sur le sait aujourd'hui, un permis de égouttoir de nombreux dons pend la campagne électorale. Dans la pratique, Emmanuel Macron ne touche pas fondamentalement à l'État obèse, et défendra avant toute chose les privilèges des fonctionnaires. Dût-il, pour cela, casser de nombreux pots dans le tissu économique.

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