Téléconsultation remboursée : “Je n’avais pas vu de médecin depuis cinq ans”

Téléconsultation remboursée : “Je n’avais pas vu de médecin depuis cinq ans”


Il y en a pour qui c'est une première et ceux qui peu à l'habitude. Cet après-midi de septembre, Didier, le patron du café "L’amitié", à la Selle-sur-le-Bied, petit village du Loiret, vient "téléconsulter" pour la deuxième fois. " Installe-toi pendant que je me connecte" lui dit Audrey Guillot, l’infirmière libérale. Notre homme, à l’allure décontractée, sur la table d’auscultation.

A sa droite, l’infirmière; face à eux, deux écrans de calcul, le logiciel qui permet d’exploiter le logiciel, l’autre sur le thème de la publicité sur le visage du docteur Pierre Dubois, et le confort installé dans son cabinet. " Bonjour, bonjour! ", lance le médecin. " Bonjour docteur ", répond Didier, d'une voix tendue.

Après quelques années, le médecin vient aux choses sérieuses: " Bon, j'ai regardé les résultats de votre analyse de sang. Le cholestérol, c'est pas si mal. Après, il va quand même falloir freiner sur les gâteaux et les plats en sauce. Pourquoi ce n'est pas pour vous ennuyer, mais vous avez des antécédents de diabète dans la famille, il faut faire attention. "

Soulagement du patient, qui craignait le pire.

"Maintenant, vous allez vous allonger et Audrey va prendre votre tension."

IRL ( dans la vie réelle ). Bras droit, bras gauche… L’infirmière annonce les résultats. " C’est beaucoup", estime le médecin. " Un peu plus que la dernière fois. On va donc faire ce qui était dit, vous allez commencer à traiter contre l'hypertension ." Cette fois, le quinquagénaire accuse le coup. " Ne t’inquiète pas" la rassure Audrey Guillot, qui connaît la date de naissance. " Ca ne veut pas dire que tu as un problème cardiaque."

Le docteur Dubois le rassérène à son tour, et lui propose de revoir dans un mois, pour vérifier son support et son traitement. S’ensuit une discussion sur l’intérêt de fumer, et les trucs pour y parvenir. " En reparle la prochaine fois" à la demande du docteur avant de rédiger l’ordonnance que Le patient règle alors par carte bleue. La consultation a duré vingt bonnes minutes.

Comme dans la vraie vie

Passe-toi comme ça dans le cabinet de téléconsultation de la maison paramédicale de ce village de 1.000 âmes, à 20 kilomètres de Montargis. En expérimentation depuis juillet, la téléconsultation est en passe d’entrer dans les mœurs. Tout doucement, mais sûrement… Il faut dire que les habitants ne vont pas vraiment le choix. Depuis que le médecin a mis en place un ensemble de bagages pour les sept ans, c’est la croix et la bannière pour faire soi-même, comme dans de nombreux déserts médicaux. Les plus proches generalists sont à Ferrières-en-Gâtinais ou Courtenay, deux bourgs à respectivement 7 et 12 kilomètres, et sont débordés.

Didier raconte:

"Je n'avais pas vu de médecin depuis cinq ans. La dernière fois, c'était aux urgences de Montargis. J'y étais allé pour une simple science parce que je ne trouvais pas de docteur. Alors cette téléconsultation, c'est formidable! Je pensais que ce serait froid, mais ce n'est pas le cas qui t'as l'infirmière. Et avec le médecin, par écran interposé, se fait très naturellement. "

Tellement naturellement, ils peuvent changer les appareils du comptoir de son bar. " Les clients sont intrigués, ils veulent savoir comment ça se passe. Je ne veux pas hésiter si besoin."

En inaugurant une maison paramédicale en 2015, sur la place principale du village, la mairie de faire une visite à un généraliste sur ses terres. En vain. Ne sont pas installées "que" deux infirmières, une naturopathe et une ostéopathe. Un défaut, et dans la perspective du remboursement alors imminent de la téléconsultation par l'assurance maladie, elle a accepté de tester le dispositif de télémédecine mis au point par la société Healphi.

Tarik Mouamenia et Jean-Sébastien Gras

Ses fondateurs, deux jeunes ingénieurs, Tarik Mouamenia et Jean-Sébastien Gras, ont voulu éviter l’écueil de la déshumanisation, la critique principale contre la télémédecine. Ils ont donc tendance à utiliser le concept, également en développement, de la cabine semblable à un Photomaton dans lequel le patient est seul face au médecin derrière Tarik Mouamenia:

"Nous voulions une infirmière ou une infirmière qui présentait des gestes médicaux et que les patients se trouvaient dans leur pays".

Une infirmière qui doit suivre une "formation maison" pour bien maîtriser ces gestes.

Du bon dépannage

Une presse quadragénaire, Myriam, arrive pour un problème d’oreille. Elle s’occupe de la table d’auscultation et expose la situation à l’infirmière et au médecin. Comment diable vont-ils unaminer? Après quelques questions sur la localisation précise de la douleur, le docteur demande à la santé de l'oreille de la jeune femme. D’abord à l’oeil nu. Le guide Audrey Guillot pour elle regarde bien partout, devant, derrière. " Est-ce que vous voyez des rougeurs?" "Non" . Alors il demande sa poursuite avec l’otoscope… connecté!

Voiture dans le cabinet, l'infirmière dispose de tous les instruments basiques (stéthoscope, tensiomètre…), et ceux-ci sont branchés à l'ordinateur pour que le médecin puisse, même à distance, examinateur le patient comme dans la "vraie vie". La prise en charge se fait donc de l’objet et de la place de la patiente, comme lors d’une consultation classique. Sauf que l’intérieur de l’organe apparaît sur l’écran! Depuis Tours, le docteur Dubois et voit comme ça était là. Verdict: une otite externe, à traiter avec des gouttes.

A la sortie, la patiente estime que l'expérience " tout à fait correcte". "Je travaille dans le village", poursuit Myriam. «Je savais que mon médecin traitant, à Montargis, ne pouvait pas me voir ce soir, c’est c’est l’occasion d’essayer.»

"Je suis bien situé entre deux rendez-vous, c’est pratique, et pour les petits problèmes du quotidien, "

Selon le docteur Dubois, le dispositif est assez bien conçu pour prendre en charge l'infection, la rhumatologie et le cardio-vasculaire, soit environ 80% des motifs de consultation chez un généraliste. C’est parfait aussi pour les renouvellements d’ordonnance, les fréquences dans le cas des affections de longue durée (ALD), qui sont aussi, parfois, les urgences. "En revanche, reconnais le docteur Dubois, je ne peux pas prendre en charge une personne qui veut, par exemple, des douleurs au ventre hors épidémie de gastro. Nous faisons du dépannage, du bon dépannage, pas de la substitution aux vrais cabinets de généraliste. "

Pour l 'heure, les téléconsultations ont lieu le mardi de 9 à 11 heures et le jeudi de 17 heures à 19 heures. Un troisième créneau devrait ouvrir le mois prochain, pour répondre à une demande.

Reste une question: deux soignants au lieu de, c'est ce que ça coûte le double au patient? Non. La consultation est normalement facturée 25 euros. L’infirmière, pour l’instant, est payée par l’Agence régionale de santé (ARS). Elle sera directement rémunérée directement par la Sécurité sociale, à savoir les fondateurs d'Healphy. Au risque de plomber encore plus les comptes? Et n le assurer Tarik Mamounia:

"Cela reviendra toujours moins cher qu'une consultation aux urgences, qui coûte environ 200 euros, et ce dispositif permet de retrouver les personnes ayant perdu leur habitude de faire régulièrement. Ou c'est la meilleure façon d ' évite le développement de pathologies sérieuses pouvant être assorties à un coût plus élevé en soins à la collectivité. "

Mission accomplie avec Didier, qui envisage de déjà prendre le docteur Dubois comme médecin traitant.

Elodie Lepage

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